Le 30 janvier aux Saintes-Maries-de-la-Mer, la Tour du Valat et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse ont renouvelé leur partenariat pour la connaissance, la gestion et la protection des milieux humides.
Cette signature s’inscrivait dans le cadre du lancement de la Journée mondiale des zones humides 2026 en Camargue, marquée également par le renouvellement de l’accord-cadre entre l’Agence de l’eau et le Conservatoire du Littoral, témoignant ainsi de l’engagement collectif en faveur de la préservation des zones humides.

10 ans de collaboration au service de la connaissance des zones humides
Ce troisième accord-cadre entre l’Agence de l’Eau et la Tour du Valat vient couronner dix années d’une collaboration fructueuse dédiée à la connaissance, à la gestion innovante et à la restauration des zones humides.
En appui au 12ème programme d’intervention de l’agence, ce partenariat s’articule autour de trois axes complémentaires :
- Améliorer la connaissance du fonctionnement des milieux humides méditerranéens, de leurs fonctions et leurs services, pour préciser leur état, leur vulnérabilité aux effets des modifications du climat, et ainsi proposer des méthodes prospectives et stratégiques pour contribuer à l’atteinte des objectifs du SDAGE ;
- Améliorer la connaissance des lagunes et de leurs zones humides périphériques, suivre leur état et leur fonctionnement pour l’atteinte du bon état de ces masses d’eau et des milieux humides péri-lagunaires ;
- Promouvoir et valoriser une gestion adaptative et innovante ainsi que la restauration des milieux humides, dans le cadre notamment du changement climatique.
Ces travaux viendront nourrir les politiques publiques (Directive cadre sur l’eau, 4e Plan national milieux humides, 12e programme de l’agence…) tout en offrant un appui opérationnel aux gestionnaires du bassin Rhône-Méditerranée.
Dans le même temps, un accord-cadre de partenariat a été signé entre l’Agence de l’eau et le Conservatoire du littoral, représenté par Hélène Syndique, directrice-adjointe, portant en particulier sur l’acquisition et la gestion des zones humides.
Ces signatures viennent acter la poursuite d’une action durable et engagée en faveur des zones humides, ces milieux essentiels tant à la biodiversité, qu’à nos sociétés humaines et leur adaptation au changement climatique.
Des zones humides au cœur des enjeux environnementaux
“Il est particulièrement cohérent de signer ces deux accords-cadres dédiés aux zones humides ici, en Camargue, à l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides, c’est-à-dire la date anniversaire de la Convention sur les zones humides d’importance internationale, signée le 2 février 1971 à Ramsar, sur les bords de la mer Caspienne.
Mais ce mouvement international pour les zones humides a vu le jour ici, 9 ans plus tôt, en 1962, sous la forme d’une idée utopique qui a façonné le multilatéralisme environnemental. À l’heure où la coopération internationale est attaquée, démantelée, il est salutaire de se remémorer l’engagement de nos aînés, particulièrement de Luc Hoffmann, et d’être nous-mêmes les porteurs des utopies de demain” a déclaré Jean Jalbert, directeur général de la Tour du Valat.
Alors que le SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) Rhône Méditerranée et Corse souligne le rôle déterminant des zones humides pour la qualité des eaux, le Plan d’adaptation au changement climatique fixe un objectif ambitieux : préserver et restaurer 20 000 hectares de milieux humides.
Par la signature de ces accords-cadres, la Tour du Valat, le Conservatoire du Littoral et l’Agence de l’Eau réaffirment leur engagement en faveur de ces espaces sensibles, véritables zones tampons et interface entre terre, mer et lacs.
En effet, les zones humides fournissent une multitude de services écosystémiques : préservation de la biodiversité, filtration et stockage de l’eau, épanchement des crues, adaptation au changement climatique… Malheureusement, ces milieux indispensables à nos sociétés sont parmi les plus dégradés, à l’échelle de la planète comme du bassin méditerranéen, où l’on estime qu’environ 56% des zones humides historiques ont disparu au cours du siècle dernier (MWO-3, 2025).