En dépit de la forte valeur biologique et économique qu’elles représentent, les zones humides méditerranéennes ont longtemps été considérées comme hostiles à l’Homme et ont par conséquent été « assainies », drainées et comblées au fil des siècles.

Leur superficie n’a cessé de régresser et leur état s’est profondément dégradé, notamment au cours de la seconde moitié du 20ème siècle durant laquelle elles ont souvent été converties en zones agricoles, urbaines ou industrielles, ou remplacées par des zones humides artificielles.

De nos jours, la plupart des zones humides méditerranéennes sont encore mises en péril par l’intensification de l’agriculture, forte consommatrice d’eau et d’espace et source de pollution organique, les aménagements hydrauliques, le changement climatique, et l’introduction de nouvelles espèces.

50 % des zones humides méditerranéennes ont ainsi disparu au cours du 20ème siècle, tandis que celles qui subsistent sont souvent dégradées ou artificialisées.

Pour ne citer que quelques exemples en Méditerranée :

  • 50 % des zones humides françaises ont disparu entre 1960 et 1990 ;
  • 73 % des marais du nord de la Grèce ont été drainés depuis 1973 ;
  • 60 % de la superficie initiale des zones humides d’Espagne ont disparu ;
  • 84 % des zones humides du bassin de la Medjerda, en Tunisie, ont disparu au cours du 20ème siècle.

Il a fallu attendre le constat d’une perte généralisée des fonctions naturelles des zones humides méditerranéennes pour que l’ensemble de leurs valeurs économiques, sociales, culturelles et environnementales commence enfin à être apprécié.

La Tour du Valat, avec d’autres organismes, a suscité de nombreuses initiatives en faveur de la conservation des zones humides incluant des traités internationaux, l’Initiative MedWet, un appui à des politiques nationales, la création de zones protégées, ainsi que des programmes de gestion et de restauration, de formation, d’éducation et de sensibilisation des populations.