Le domaine de la Tour du Valat s’étend sur une surface totale de 2649 ha répartis en deux entités géographiques distinctes, localisées en Camargue :

  • Le domaine de la Tour du Valat proprement dit, à proximité du village du Sambuc (commune d’Arles, Bouches-du-Rhône), d’une surface totale de 2548 ha dont 1845 ha classés en Réserve naturelle régionale, 715 ha de parcelles agricoles et de bâtiments, les marais du Verdier (en savoir plus), le domaine de Petit Badon, et les dunes de la Commanderie ;
  • Le domaine du Petit Saint-Jean d’une superficie de 101 ha, localisé en Camargue gardoise à une trentaine de kilomètres plus à l’ouest, sur la commune de Saint-Laurent-d’Aigouze (en savoir plus et voir la carte en téléchargement).

LE DOMAINE DE LA TOUR DU VALAT

Le domaine de la Tour du Valat proprement dit s’étend sur 2548 ha, dont 1845 classés en Réserve naturelle régionale.

Y sont présents des habitats naturels caractéristiques de la Camargue, notamment des milieux rares et menacés tels que les marais temporaires et les montilles, mais aussi de grandes étendues de sansouires.

Paysage de sansouire typiquement camarguais sur le domaine de la Tour du Valat © A. Olivier / Tour du Valat

La faune et la flore adaptées à ces milieux particuliers y sont remarquables : entre autres 590 espèces de plantes (dont une vingtaine bénéficiant d’un statut de protection), plus de 300 espèces d’oiseaux (sur un total d’environ 450 espèces en France métropolitaine), et plus de 1600 espèces d’invertébrés.

Les principes de gestion du domaine consistent à :

  • Conserver ce patrimoine naturel exceptionnellement riche,
  • Favoriser la mise en œuvre de programmes de recherche en leur offrant un terrain d’expériences,
  • Maintenir des activités traditionnelles (élevage, chasse) compatibles avec les enjeux de conservation.

La conservation du patrimoine naturel

De nombreux suivis et inventaires du patrimoine naturel sont réalisés régulièrement : cartographie de la végétation, relevés floristiques, comptages d’oiseaux d’eau, dénombrement de mammifères… L’équipe du domaine veille au respect de la réglementation de la réserve naturelle et au bon état des infrastructures hydrauliques permettant la gestion de 640 hectares de marais, de manière à assurer des conditions optimales au maintien de la biodiversité.

Programme de suivi des tortues cistudes sur le domaine de la Tour du Valat, initié en 1997 © J.E Roché

La mise en œuvre de programmes de recherche

Les programmes ont pour vocation de mieux comprendre le fonctionnement des milieux et des espèces en relation avec les activités humaines. Le but est d’en tirer des enseignements afin de maintenir la biodiversité, optimiser les pratiques de gestion, lutter contre des espèces indésirables et restaurer des milieux dégradés. Les résultats sont valorisés dans l’assistance à la gestion d’autres sites, la rédaction de plans de gestion, la participation à des réseaux techniques et des dispositifs économiques (mesures agri- environnementales, etc).

Le maintien des activités traditionnelles

Traditionnellement, les pâturages de la Tour du Valat ont accueilli des chevaux, des moutons et des taureaux. En 1994, la Tour du Valat a créé son propre élevage extensif de bovins et chevaux de race Camargue, qui paissent sur 1200 hectares de milieux naturels. Cet élevage, qui compte aujourd’hui environ 350 « taureaux » et 20 chevaux, contribue aux programmes de recherche mis en œuvre par les équipes scientifiques, notamment par l’étude des impacts du pâturage.

L’élevage du domaine est autofinancé et respecte l’environnement ainsi que les cahiers des charges de l’agriculture biologique et de l’Appellation d’origine protégée (AOP) “Taureau de Camargue”. Quatre manadiers (éleveurs) font pâturer leurs troupeaux sur un millier d’hectares du domaine. En 2016, le cheptel pâturant sur le site s’élève à environ 450 bovins et 70 équins.

Des taureaux Camargue de la manade de la Tour du Valat © Tour du Valat

D’autres terres sont également utilisées pour des cultures biologiques dans un cycle cultural traditionnel en Camargue : riz, blé, foin.

La chasse est également une activité ancienne sur le domaine. Sa pratique est encadrée par un règlement innovant :

• Pour éviter le saturnisme (intoxication au plomb) chez les canards, susceptible d’avoir ensuite des répercussions sur l’ensemble de la chaîne alimentaire ainsi que chez les humains, les munitions traditionnelles au plomb sont interdites depuis 1994 au profit de munitions alternatives au tungstène ou à l’acier ; les carnets de chasse sont remplis avec précision (nombre de sorties et tableaux de chasse) de manière à fournir des données statistiques fiables exploitées dans le cadre d’études scientifiques ;

• Le groupe de chasse de la Tour du Valat regroupe une vingtaine d’employés et de retraités de la structure, qui pratiquent la chasse sur près de 25 % du site ;

• La Tour du Valat participe également activement à l’effort local de régulation de la population de sangliers en organisant des battues (où sont invités de nombreux chasseurs de la région), du tir de protection des cultures et de la chasse à l’arc sur les espaces les plus sensibles (cœur de la réserve naturelle régionale).

LA RÉSERVE NATURELLE RÉGIONALE

Parmi les 2547 ha du domaine de la Tour du Valat proprement dit, 1 071 ha ont bénéficié, de 1984 à 2008, d’un classement en Réserve naturelle volontaire.

Depuis juillet 2008, ce sont 1845 ha qui sont classés en Réserve naturelle régionale (voir le site des Réserves Naturelles de France) afin de préserver des milieux, une faune et une flore particulièrement riches, en évolution constante d’une année à l’autre en fonction notamment des conditions climatiques.

Glaréole à collier Glareola pratincola. Le domaine de la Tour du Valat accueille chaque année une part importante de la population française © Marc Thibault

La Tour du Valat a élaboré dès 1986 un des premiers plans de gestion pour une réserve naturelle en France. Il est depuis remis à jour tous les cinq ans, fixant les objectifs à atteindre et les moyens d’y parvenir.

La mise en place du plan de gestion 2016-2020 a de nouveau fait l’objet d’une innovation, avec l’application pour la première fois en France de la méthodologie des « Standards ouverts pour la conservation ». Sur la base de cet exemple, la méthodologie a ensuite été appliquée par d’autres réserves naturelles au niveau national.

Les grandes orientations de gestion distinguent ce qui ressort de la préservation du patrimoine naturel, en insistant sur la naturalité et la fonctionnalité des habitats caractéristiques de la Camargue, et ce qui ressort du développement d’activités compatibles avec la conservation de la nature, à savoir le rôle majeur du site pour la science (expérimentation de gestion, test de protocoles, etc), les activités agricoles et cynégétiques, et l’utilisation du domaine pour la démonstration des actions de la Tour du Valat (vitrine, transfert, accueil du public et de partenaires, etc).

L’expérience acquise en termes de plan de gestion est transférée à d’autres sites en Camargue et en Méditerranée.