Après huit années de travaux pour améliorer la conservation des habitats marins, dont les lagunes côtières, le projet européen Life Marha (2018-2025), mené par l’Office français de la biodiversité avec 13 partenaires scientifiques et gestionnaires, s’est achevé. A ce titre, le Pôle-relais lagunes méditerranéennes, porté par la Tour du Valat, a accompagné l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion des sites Natura 2000 dans l’évaluation de l’état de conservation de l’Habitat d’Intérêt Communautaire prioritaire 1150* « Lagunes côtières ».
Les principaux résultats ont été présentés le 1er avril 2025 à Marseille, lors de la conférence de clôture.

Comprendre pour agir
Les lagunes méditerranéennes présentent une grande diversité : certaines sont permanentes, d’autres temporaires, salées ou peu salées. Cette complexité rend leur suivi difficile. Le Pôle-relais lagunes méditerranéennes, coordonné par la Tour du Valat en partenariat avec le Conservatoire d’espaces naturels d’Occitanie et l’Office de l’Environnement de la Corse, a accompagné les gestionnaires Natura 2000 dans l’évaluation de ces milieux à l’aide d’une méthode nationale fondée sur 12 indicateurs.
Résultats :
- Plus de 500 participants mobilisés au travers de 15 formations et 17 ateliers de mise en œuvre de l’évaluation ;
- La première cartographie de l’habitat 1150* « Lagunes côtières », et selon une méthode homogène couvrant près de 86 000 ha à l’échelle de la façade méditerranéenne française avec 3281 lagunes identifiées dont 92 % d’entre elles sont permanentes (46 205 ha en région Paca, 36 080 ha en Occitanie et 3 281 ha en Corse)
- Une cartographie de la surface des herbiers de 8 sites Natura 2000 réalisée par machine learning.

Les résultats d’évaluation à l’échelle du site Natura 2000 sont contrastés avec de nombreux indicateurs montrant un état altéré ou dégradé. Cependant, un résultat positif majeur concerne l’indicateur relatif à la surface de l’habitat. Les travaux de la Tour du Valat basés sur la télédétection ont montré que la surface de l’habitat est restée stable.
Des données pour mieux gérer
Si certains indicateurs révèlent encore des zones fragiles (pollution, impact climatique…), les évaluations permettent désormais de :
- Prioriser les actions de gestion,
- Adapter les mesures en fonction des pressions observées,
- Renforcer la connaissance sur des lagunes jusque-là peu étudiées comme les lagunes côtières de petite taille non prises en compte par la DCE.
Toutes les données ont été centralisées dans la base de l’OFB et sont accessibles via une cartographie interactive, offrant un outil précieux pour les gestionnaires et chercheurs.
Perspectives
80 % des gestionnaires se disent prêts à renouveler l’évaluation, mais un soutien technique et financier reste nécessaire. La méthode nationale doit être adaptée à la diversité des typologies lagunaires et une actualisation des documents d’objectifs Natura 2000 avec l’intégration de fiches actions spécifiques à l’HIC 1150* sont recommandées. La cartographie doit continuer à évoluer et s’enrichir pour répondre aux besoins croissants des gestionnaires.
Ces éléments seront cruciaux pour maintenir l’élan des gestionnaires et atteindre les objectifs à long terme car évaluer l’état de ces écosystèmes est un défi majeur, essentiel pour assurer une gestion durable de ces milieux fragiles, véritables sentinelles du changement climatique.