Après 18 mois d’une collaboration intense entre gestionnaires d’espaces naturels de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et structures animatrices, le projet Natur’Adapt Sud s’est clôturé en février 2026. Ce projet ambitieux laisse derrière lui des outils concrets et une dynamique régionale renforcée pour faire face aux défis climatiques.
Lancé en juillet 2024 et coordonné par la Tour du Valat en collaboration avec le Conservatoire d’espaces naturels de PACA, le projet Natur’Adapt Sud a mobilisé 13 réserves naturelles (7 nationales et 6 régionales) de Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’objectif était clair : anticiper le changement climatique pour adapter nos modes de gestion dans les espaces protégés.
Un bilan chiffré qui témoigne de l’ampleur du travail
L’aboutissement du projet se traduit par une montée en compétence des équipes et la production de documents de stratégiques :
- 13 diagnostics de vulnérabilité et d’opportunité au changement climatique, permettant une analyse précise des impacts du changement climatique sur les habitats et les espèces de chaque réserve
- 13 plans d’adaptation réalisés (un pour chaque réserve), définissant la stratégie d’adaptation et les mesures envisagées à plus ou moins long terme
- 28 professionnels formés aux enjeux climatiques via le parcours de formation Natur’Adapt (COOC), renforçant l’expertise interne des structures gestionnaires.
- Plus de 150 réunions de travail et d’accompagnement personnalisé avec les gestionnaires
- Une concertation élargie : près de 100 acteurs du territoire (agriculteurs, pêcheurs, scientifiques, élus, acteurs du tourisme et de la lutte contre les incendies) ont été associés aux réflexions.
La force de l’animation territoriale et de la mise en réseau
Au-delà de la production technique, Natur’Adapt Sud a structuré un réseau régional d’échange de pratiques inédit. Comme l’ont souligné les participants lors de la clôture : « Se réunir donne de la force ». Cette dynamique collective a permis de dégager des constats partagés qui interrogent les fondements mêmes de la protection de la nature :
- L’adoption des « lunettes changement climatique » : Si la gestion adaptative était déjà pratiquée sur certains sites, les gestionnaires intègrent désormais une vision plus fonctionnelle et dynamique de la nature, marquant un tournant par rapport à une conservation « fixiste » qui chercherait à maintenir des états de référence passés.
- L’acceptation des changements : Un consensus fort a émergé sur la nécessité d’accepter les mutations irréversibles des écosystèmes, interrogeant les limites de l’interventionnisme (restauration, migration assistée).
- L’évolution des cadres réglementaires : Les échanges ont souligné un décalage entre les missions de conservation actuelles et les évolutions à venir de la gestion du patrimoine naturel dans le contexte du changement climatique.
- Le changement climatique comme levier territorial : La thématique est identifiée comme une opportunité pour renforcer le dialogue avec les acteurs locaux (agriculteurs, pêcheurs, élus).
- Un changement d’échelle : La démarche Natur’Adapt renforce le constat que des réflexions à des échelles spatiales et temporelles plus larges sont indispensables pour accompagner les évolutions à venir.
Et pour la Tour du Valat ?

Pour la Tour du Valat, les analyses réalisées ont confirmé la vulnérabilité de milieux emblématiques tels que les mares temporaires. La stratégie d’adaptation issue du projet s’articule désormais autour du renforcement de la résilience écologique et d’une gestion hydraulique adaptative, visant à anticiper et accompagner les évolutions des cortèges d’espèces comme les anatidés hivernants.
Perspectives : de la planification à l’action
La fin du projet marque le début de la phase de mise en œuvre. Les plans d’adaptation seront progressivement intégrés dans les plans de gestion officiels des réserves.
L’enjeu majeur réside désormais dans la pérennisation de cette animation régionale. Le maintien d’un réseau fonctionnel et le financement des mesures concrètes seront déterminants pour transformer ces stratégies d’adaptation en résultats de conservation durables face au changement climatique.
Les diagnostics de vulnérabilité et les plans d’adaptation des réserves, réalisés dans le cadre du projet, seront bientôt accessibles en ligne sur la page dédiée.
Responsable du projet : Noémie Nojaroff
Partenaires techniques du projet :
- Conservatoire d’Espaces Naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN PACA)
- Réserves Naturelles de France (RNF)
- Communauté de communes Alpes d’Azur (CCAA)
Partenaires financiers du projet :
- DREAL PACA (Fonds Vert 2024)
- Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur