L’Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes (OZHM), fonctionnant sous l’égide de la Tour du Valat et de l’Initiative pour les zones humides méditerranéennes, MedWet, a publié en octobre 2018 le nouveau rapport Les zones humides méditerranéennes – Enjeux et perspectives 2 : solutions pour des zones humides méditerranéennes durables (MWO-2).

Le MWO-2 actualise la situation des zones humides méditerranéennes depuis 2012, année de publication du rapport MWO-1, a été la première évaluation régionale fondée sur des indicateurs de l’état des zones humides et des problèmes auxquels elles font face.

Ce rapport MWO-2 comprenant 16 fiches d’indicateurs, fournit un appui régional aux résultats du premier rapport de la Convention de Ramsar intitulé ‘’Perspectives mondiales pour les zones humides (GWO) : État mondial des zones humides et de leurs services à l’humanité’’, publié à l’occasion de la 13ème Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention (COP13, Dubaï, octobre 2018).

Le MWO-2 est basé sur l’analyse de 16 indicateurs liés relatifs à la biodiversité des zones humides, aux services écosystémiques qu’elles fournissent, aux menaces qui pèsent sur elles et aux mesures prises par la société pour les conserver et les gérer de manière durable.

Le rapport présente la situation socioéconomique et les tendances dans les pays méditerranéens, ainsi que les avantages et les valeurs des zones humides méditerranéennes. Il inclut également des messages clés à l’intention des décideurs.

Le MWO-2 souligne les conséquences de l’augmentation démographique rapide de la population humaine et son bien-être de la perte des avantages des zones humides. En même temps, il présente les réponses positives pour les zones humides peuvent bénéficier aux générations futures et à la biodiversité.

Les éléments présentés dans le rapport MWO-2 démontrent que les zones humides de la région méditerranéenne continuent d’être menacées et détruites par des activités humaines non durables.

Parmi les principales conclusions au niveau global :

  • 48 % des zones humides méditerranéennes ont disparu depuis 1970, contre 35 % à l’échelle mondiale
  • La population du bassin méditerranéen a augmenté d’un tiers depuis 1990, et de 42 % sur les zones littorales
  • L’ « empreinte écologique » des populations du bassin méditerranéen est, dans l’ensemble, presque deux fois plus élevée qu’à l’échelle moyenne mondiale
  • 23 % des zones humides du bassin méditerranéen sont d’origine artificielle (rizières, barrages, salins, etc) contre 12 % à l’échelle mondiale

Plus précisément, les conclusions suivantes peuvent être tirées au niveau de certains groupes d’indicateurs  :

Eau

  • 1/3 des pays méditerranéens subissent un stress hydrique très important, particulièrement grave au Proche Orient et dans le Nord-est de l’Afrique (indicateur 3)
  • La plupart des cours d’eau ont subi une très forte réduction de leur débit (de – 25 à – 75 %) (indicateur 3)
  • L’agriculture est le principal responsable de l’augmentation des prélèvements d’eau dans bassin méditerranéen avec 2/3 du total (indicateur 9)
  • La capacité de régulation des crues par les zones humides a diminué de 20 % dans certains pays du bassin méditerranéen (indicateur 12).

Changement climatique

  • 95 % des sites accueillant plus de 50 000 oiseaux d’eau sont côtiers et menacés de submersion suite à la hausse du niveau marin,
  • La péninsule ibérique, le Maghreb, les Balkans et le Proche-Orient sont les régions qui risquent de perdre le plus grand nombre d’espèces des zones humides du fait du changement climatique (indicateur 11).

Biodiversité

  • 36 % des espèces inféodées aux zones humides méditerranéennes sont maintenant menacées d’extinction. Leur déclin s’accélère, leurs populations ayant été presque divisées par deux depuis 1990 (indicateur 2),
  • l’abondance des mammifères, amphibiens, reptiles et poissons a diminué d’environ 35 % depuis 1990 (indicateur 1).

La perte et la dégradation continuelles des zones humides ont des impacts directs sur le bien-être humain et privent les générations futures des avantages multiples qu’elles peuvent fournir.

Des solutions existent cependant, en œuvrant à la fédération d’une communauté d’acteurs autour de la cause des zones humides méditerranéennes.

Elles consistent notamment à faire de ces dernières des solutions fondées sur la nature, dont les bénéfices de la mise en place peuvent être largement positives sur la durée en termes notamment de bien-être social, culturel et économique pour les populations, d’amortisseurs de la crise climatique, ou de production agricole.

Vous pouvez télécharger le rapport (version complète ou uniquement les fiches indicateurs et leurs annexes) ci-dessous.

Contact : Ilse Geijzendorffer, chef du département Observatoire des zones humides méditerranéennes (voir le CV)