La Tour du Valat mène des recherches sur les dynamiques des grippes aviaires au sein de la faune sauvage en France depuis la détection des premières souches de virus H5N1 en Europe en 2005. Nous avons ainsi pu contribuer à comprendre quelles espèces d’oiseaux sauvages sont touchées en Europe de l’Ouest et selon quelles dynamiques temporelles.

Les virus de l’Influenza aviaire existent depuis des millénaires. Ils circulent à l’origine au sein de leur réservoir représenté par les oiseaux d’eau sauvages, en particulier les Anatidés (canards, oies, cygnes etc.) et les Laridés (mouettes, goélands, sternes etc.). Cependant, depuis 2022, leurs dynamiques évoluent rapidement s’étendant à de nouvelles espèces et impliquant de nouveaux enjeux. Les enjeux liés aux élevages demeurent très prégnants. La circulation de différentes souches de virus H5N1 est depuis 2022 associée à des mortalités massives chez les oiseaux sauvages et les mammifères marins notamment en Europe et en Amérique du Nord. Au sein de ces deux groupes les espèces coloniales sont les plus touchées. Ces mortalités sont associées à l’observation de cas chez une large gamme d’espèces de mammifères et d’oiseaux souvent par ailleurs confrontées à d’autres menaces. La situation est donc critique du point de vue de la conservation.

Dans ce contexte nous participons depuis l’automne 2024 au projet européen « Sentinel Wild Birds ».

Objectifs du projet

Mettre en place un réseau de surveillance active (c’est-à-dire mise en œuvre indépendamment de l’observation de mortalité) de la circulation des virus des grippes aviaires chez les oiseaux sauvages dans une dizaine de zones clés en Europe, dont la Camargue.

En parallèle, à l’échelle nationale, le projet vise à développer un outil de prévision du risque de circulation des souches les plus virulentes (dites hautement pathogènes) à échelle fine aussi bien dans l’espace (quelques kilomètres) que dans le temps (2 semaines).

Ces deux objectifs permettront à terme de détecter plus précocement la circulation des virus des grippes aviaires chez les oiseaux sauvages, en dehors des épisodes de mortalité. Ils permettront ainsi d’anticiper les pics de risque et de mieux cibler les mesures de prévention, réduisant les impacts sur l’élevage avicole et la faune sauvage.

Actions & méthodologie

  • Collecte d’un écouvillon oro-pharyngé sur un adulte de goéland leucophée.

    En termes de surveillance, de septembre à janvier nous travaillons avec les chasseurs et gestionnaires de chasses pour effectuer des prélèvement chaque mois sur les canards chassés et rechercher les virus des grippes aviaires. De mars à juin nous prolongeons la surveillance en collectant des échantillons au sein des colonies de goélands leucophées, autre espèce sensible à ces virus.

  • La conception de l’outil de prédiction du risque met en jeu une modélisation spatiale et temporelle prenant en compte les cas de grippe aviaire déclarés en faune sauvage et en élevage en France et dans les pays limitrophes, des données de conditions environnementales et des données d’abondance des oiseaux en temps réel.

Résultats

Les résultats de nos recherches passées sur les grippes aviaires sont consultables via les liens indiqués ci-dessous.
Pour le projet actuel les résultats de surveillance en Camargue, mais aussi ailleurs en Europe, sont consultables sur le site du projet.
Quant à l’outil de prédiction du risque, il est en cours de développement.

Résultats de nos recherches passées sur les grippes aviaires : 

Équipe

Partenaires (requis)

Partenaires scientifiques et techniques :

Partenaires financiers :