Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHFV) est un virus transmis principalement par les tiques, affectant hommes et animaux et pouvant provoquer chez l’homme une fièvre hémorragique grave.
Face à la circulation croissante de ce virus en Europe du Sud, le projet ARCHE vise évaluer la situation épidémiologique, afin de comprendre la probabilité d’endémicité et les facteurs d’émergence du CCHFV dans la population humaine.

Tique sur Bourscarle de Cetti. © Quentin David

Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHFV) est transmis principalement par des tiques du genre Hyalomma infestant de nombreux animaux sauvages et domestiques, et parfois les humains. La maladie passe inaperçue chez les hôtes animaux mais peut provoquer dans certains cas chez l’humain une fièvre hémorragique grave.

Actuellement le virus circule en Afrique, en Asie et en Europe de l’Est. Depuis 2016, l’Espagne est confrontée à quelques cas humains, dont certains mortels, qui ont montré que le CCHFV circulait à bas bruit en Europe de l’ouest. En France, le CCHFV a été détecté à l’automne 2023 chez des tiques Hyalomma marginatum mais aussi Rhipicephalus bursa collectées sur des bovins élevés dans les Pyrénées Orientales et en Corse, confirmant pour la première fois la circulation de ce virus sur le territoire.

Dans ce contexte, l’évaluation de la situation épidémiologique est urgente, afin d’identifier les processus d’endémicité du CCHFV à l’interface animaux/tiques et les facteurs d’émergence de la maladie en population humaine, pour une meilleure prévention et/ou contrôle.

Objectifs du projet

Pose de piège photo pour déterminer quels mammifères sont présents sur le site de suivi.

Grâce à une approche multidisciplinaire « Une seule santé », le projet ARCHE vise à comprendre les déterminants de l’émergence du CCHFV dans différentes régions du sud de la France où des animaux séropositifs (possédant des anticorps contre le CCHFV) ont été détectés.

Le projet est conçu à travers six work packages complémentaires intégrés et implique 11 équipes de chercheurs reconnues internationalement et disposant de l’expertise interdisciplinaire requise.

Les différentes parties permettront :

  1. D’identifier les multiples facteurs favorisant à la fois l’émergence et les risques de transmission,
  2. D’améliorer les méthodes de détection du CCHFV et d’estimer la circulation de ce virus et d’autres orthonairovirus,
  3. De modéliser la dynamique de transmission du CCHFV,
  4. De co-construire et de diffuser des actions préventives grâce à des approches socio-écologiques et de sciences participatives.

Dans ce projet global, les volets de recherche co-portés par la Tour du Valat auront pour objectif de caractériser, dans trois zones de circulation virale et une zone propice à l’introduction de tiques vectrices par des oiseaux migrateurs, les communautés d’hôtes sauvages et domestiques à disposition des tiques vectrices, et les interactions mammifères-tiques et oiseaux-tiques, ainsi que d’étudier leurs dynamiques temporelles et les impacts potentiels de ces dernières sur la circulation du CCHFV.

Actions & méthodologie

Un premier volet des actions consiste à décrire dans les sites d’étude les communautés d’hôtes vertébrés disponibles pour les tiques en utilisant des suivis par pièges photographiques pour les mammifères (en lien avec le réseau européen EnetWild) et des suivis par transects ou points d’écoute selon la saison pour les oiseaux.

En parallèle au sein des sites d’études la communauté de tiques est étudiée à la fois par collecte standardisée au drapeau et collecte sur les animaux domestiques et les animaux chassés.

Enfin les transports de tiques par les oiseaux migrateurs sont évalués à travers des collectes standardisées au sein de plusieurs stations de baguage notamment à Biguglia (Corse), Porquerolles et en Camargue

Équipe

Partenaires

Partenaires scientifiques et techniques :

Partenaire financier :