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Table-Ronde avec Besjana Guri & Olsi Nika : un partage d’expériences inspirant entre la Vjosa albanaise et la Camargue

Ce lundi 12 octobre nous avons eu l’honneur d’accueillir Besjana Guri et Olsi Nika, deux défenseurs de l’environnement en Albanie, lauréats du Prix Goldman 2025 – l’équivalent du Prix Nobel de l’environnement. Organisée par l’association SISMAE, leur tournée française a débuté par une escale camarguaise à la Tour du Valat.

Après les avoir reçus au domaine de la Tour, la table ronde [1] a permis de croiser les regards entre nos territoires – la Vjosa en Albanie et la Camargue – pour décrypter les défis de conservation de ces deux deltas en présence du public arlésien. Nos invités albanais ont pu échanger avec Marion Vittecoq [2], directrice de recherche à la Tour du Valat, et Jean-Luc Moya, membre du collectif THT 13/30, le tout modéré par Jean Jalbert [3]. Lorena Segura Champagnon [4] est également intervenue pour présenter les deux Alertes Rouges déclenchées en Albanie et en Camargue par l’Alliance Méditerranéenne pour les Zones Humides, et a souligné l’importance de la coopération internationale pour apporter soutien et visibilité internationale à des pressions locales.

Les échanges ont mis en lumière les intérêts écologiques et socio-économiques qui touchent à la préservation de la Vjosa et des zones humides camarguaises, deux deltas témoignant d’une richesse écologique et culturelle.

   

Le succès de la campagne Save the Blue Heart of Europe, qui a permis d’ériger la Vjosa et ses affluents en parc national, repose sur la complémentarité des acteurs mobilisés :

Les menaces de développement d’infrastructures en Albanie ont été mis en perspective avec nos enjeux locaux liés à la multiplication de projets comme la ligne THT. La campagne Save the Blue Heart of Europe s’est ainsi dressée contre la planification d’une quarantaine de barrages hydroélectriques le long de la Vjosa et de ses affluents. Quant à la Révolution des Flamants Roses, ce qui avait commencé comme une contestation isolée en février dernier contre les projets d’aéroport dans la lagune de Narta et de station balnéaire de luxe sur l’île de Sazan, a pris de l’ampleur pour gagner la capitale. Davantage qu’une manifestation pour la protection de l’environnement, c’est une mobilisation pour la démocratie qui se poursuit encore aujourd’hui. Comme l’a expliqué Besjana Guri, la Révolution des Flamants Roses est aussi l’opportunité pour les jeunes albanais de se réapproprier un pouvoir d’agir et de reprendre espoir dans leur futur et un idéal démocratique.

Si le succès de telles mobilisations peut être finalement atteint, comme ce fut le cas pour la protection de la dernière rivière sauvage d’Europe, c’est à l’issue d’un combat de longue haleine qui s’est étalé sur une dizaine d’années. Mais là où la lutte contre les projets d’infrastructures en Albanie s’est soldée par l’élaboration d’un statut de protection en parc national, en Camargue, la dynamique est inverse. Les multiples labels de protection sont déjà présents, ; mais force est de constater que cette protection n’est pas suffisante. Claude Lefort remarquait que la démocratie est un processus permanent, une conquête de chaque instant, qui dépend de la participation active des citoyens. La préservation de nos écosystèmes répond à la même logique : elle est un combat jamais assuré ni achevé.

 

Des millions d’oiseaux braconnés chaque année en Méditerranée : les experts sonnent l’alerte

Publié par marquis le Actualités,Positions,Presse | Pas de commentaire

À l’occasion de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs, la Tour du Valat [5], EuroNatur [6] et BirdLife International [7], trois ONG expertes sur la conservation des oiseaux, alertent sur l’ampleur du braconnage d’oiseaux migrateurs en Méditerranée. Les trois organisations appellent les États à accélérer la mise en œuvre de leurs engagements visant à réduire de moitié ces pratiques d’ici 2030.

●     Chaque année, des millions d’oiseaux sont encore décimés par le braconnage en Méditerranée : à ce rythme, les Etats n’atteindront pas les engagements internationaux fixés dans le Plan Stratégique de Rome.

●     Dans la plupart des pays concernés, les associations de conservation de la nature sont actives dans la lutte contre le braconnage mais manquent de moyens.

●     Les solutions existent déjà. Il revient désormais aux États de les déployer à grande échelle, notamment à travers la mise en œuvre de Plans Nationaux d’Action.

Nés dans un sous-bois au nord de l’Allemagne, pesant à peine quelques dizaines de grammes, de jeunes Chardonnerets élégants s’apprêtent à entamer un voyage de plusieurs milliers de kilomètres pour aller passer l’hiver dans le sud de la Méditerranée. Leur parcours est semé d’embûches : les sites de halte migratoire se raréfient sous l’effet de l’urbanisation et des feux de forêt amplifiés par le changement climatique, leur laissant moins de refuges pour se reposer et les exposant davantage à la fatigue et aux prédateurs. Mais c’est un autre danger qui mettra fin au périple de nombre de ces oiseaux : capturés pour leur chant et leur plumage flamboyant, ceux qui survivront au trafic seront revendus illégalement, avant de finir leurs jours dans une cage, à la fenêtre d’un appartement de Marseille ou d’une autre ville du pourtour méditerranéen. Son histoire n’est pas isolée.

Oiseau mort pris dans un filet © Khaled Etayeb

“Chaque année, entre 11 et 36 millions d’oiseaux migrateurs sont tués ou capturés illégalement en Méditerranée.” déclare Barend Van Gemerden, Responsable “Voies migratoires internationales de l’avifaune” à BirdLife International.

“C’est pourquoi les pays de la région se sont engagés à réduire ces pratiques d’au moins 50 % d’ici 2030, dans le cadre du Plan stratégique de Rome de la Convention sur la conservation des espèces migratrices et de la Convention de Berne. Il est désormais temps de transformer cet engagement en actions concrètes.” 

Les ONG tirent la sonnette d’alarme face au retard accumulé en Méditerranée

Les progrès restent largement insuffisants. Le rapport sur le braconnage des oiseaux (IKB-3.0), publié par BirdLife International et EuroNatur, dresse un état des lieux alarmant.

“À mi-parcours de la mise en œuvre du Plan stratégique de Rome, 83 % des 46 pays évalués n’ont pas mis en place les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs fixés” déclare Dr. Justine Vansynghel, Chargée de projet oiseaux migrateurs chez EuroNatur. “Cet écart est particulièrement préoccupant et montre l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir si les États veulent réellement honorer leurs engagements.”

De son côté, le Réseau Oiseaux d’Eau Méditerranée (ROEM), après 4 années de suivi dans 8 pays du bassin méditerranéen, confirme la persistance et la diversité des menaces qui pèsent sur les oiseaux migrateurs : tirs non réglementés, piégeage, pollution au plomb, etc.

Cartouches usagées retrouvées sur site en Libye © Khaled Etayeb

Adapter les solutions au contexte local

Les relevés de ROEM révèlent des situations contrastées selon les territoires. Pour être efficaces, les réponses doivent être adaptées aux réalités de chaque pays.

“C’est la première fois que nous produisons des données harmonisées sur ce sujet”, souligne Laura Dami, coordinatrice du réseau ROEM. “À l’échelle méditerranéenne, ces données mettent en évidence le chemin qu’il reste à parcourir, mais cela permet aux organisations locales de produire des recommandations spécifiques pour leur pays afin de respecter leurs engagements internationaux.”

Il y a en effet de l’espoir : dans la plupart des pays concernés, les partenaires de BirdLife, d’EuroNatur et de ROEM sont actifs dans la lutte contre le braconnage. Les organisations de ROEM développent des recommandations pour chacun des 8 pays ayant participé aux suivis. Trois leviers d’action se dégagent : combler les failles juridiques, garantir des financements durables pour renforcer le suivi scientifique et la sensibilisation ; et renforcer la collaboration entre autorités publiques, chasseurs et organisations de conservation. Ces mesures sont indispensables pour transformer les engagements en résultats sur le terrain.

Les organisations appellent les gouvernements à intensifier la lutte contre le braconnage d’oiseaux, conformément aux obligations internationales de leurs pays et à coopérer avec l’ensemble des parties prenantes concernées pour accélérer l’élaboration, le financement et la mise en œuvre de Plans Nationaux d’Action. Les oiseaux migrateurs traversant plusieurs pays au cours de leur cycle de vie, leur protection dépend d’une action coordonnée : l’efficacité des progrès réalisés dans un pays dépendra de ceux mis en place sur l’ensemble des voies de migration.


A propos du ROEM

Créé en 2012, le Réseau Oiseaux d’Eau Méditerranée (ROEM) rassemble différents partenaires (ONG locales et internationales, universités, administrations, etc.) impliqués dans les suivis et la protection des oiseaux d’eau et des zones humides dans la région méditerranéenne, dans le but de renforcer les suivis des oiseaux d’eau et la conservation des zones humides. Il s’est d’abord développé avec cinq pays d’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte), en partenariat avec la Tour du Valat et l’Office Français de la Biodiversité (OFB), afin d’améliorer la quantité et la qualité de ces suivis. Depuis 2017, le Réseau Oiseaux d’Eau Méditerranée (ROEM) s’est élargi à d’autres pays méditerranéens pour favoriser les échanges et les collaborations scientifico-techniques. Parmi ces pays, les collaborations les plus importantes sont notamment avec : l’Albanie, l’Espagne, la France, l’Italie, la Grèce, la Serbie, la Macédoine du Nord, le Monténégro, le Portugal et la Turquie.

Site internet du ROEM [8]

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A propos de la Tour du Valat

La Tour du Valat est un institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes, basé en Camargue (France), sous le statut de fondation privée reconnue d’utilité publique. Fondée en 1954 par Luc Hoffmann, la Tour du Valat a depuis lors développé son activité de recherche avec un souci constant : mieux comprendre ces milieux – les zones humides sont l’écosystème le plus prodigue et le plus menacé de la planète – pour mieux les gérer. Convaincue que les zones humides méditerranéennes ne pourront être préservées que si activités humaines et protection du patrimoine naturel vont de pair, la Tour du Valat développe depuis de nombreuses années des programmes de recherche et de gestion intégrée qui favorisent les échanges entre usagers et scientifiques, mobilise une communauté d’acteurs et promeut les bénéfices des zones humides auprès des décideurs.

Site internet de la Tour du Valat [5]

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A propos d’EuroNatur

EuroNatur est une fondation dédiée à la conservation de la nature, basée à Radolfzell, en Allemagne. Les actions d’EuroNatur en faveur d’une Europe dotée de rivières qui s’écoulent librement, de forêts anciennes et d’une grande diversité de paysages culturels sont naturellement transfrontalières ; elles visent à renforcer les organisations locales de conservation de la nature et favorisent la création de réseaux internationaux entre elles. Avec son réseau de partenaires à l’échelle européenne, EuroNatur élabore des solutions permettant aux populations de vivre en harmonie avec la nature. La protection des oiseaux migrateurs d’Europe et la lutte contre leur braconnage figurent parmi les enjeux auxquels EuroNatur s’attache depuis sa création.

Site internet d’EuroNatur [6]

Victoire au Parlement : les plombs de chasse désormais interdits dans toute l’Union Européenne

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Les grenailles de plomb, source principale de pollution au plomb venant des munitions, seront bientôt interdites en Europe, suite au vote du Parlement de ce jeudi ce 8 octobre. Une victoire saluée par la Tour du Valat, qui mène des recherches sur l’impact du plomb dans les zones humides depuis 45 ans.

Canard chipeau dans les marais du Verdier © C. Beillieu

C’est une nouvelle réjouissante pour les 135 millions d’oiseaux exposés au risque de contamination au plomb par les munitions de chasse : ce jeudi 8 octobre, le Parlement Européen a adopté la proposition de la Commission pour interdire la vente et l’utilisation des grenailles de plomb pour les chasseurs et tireurs sportifs, incluant une période transitoire de sept ans. Les grenailles de plomb constituent la source principale de pollution au plomb venant de munitions, empoisonnant oiseaux et consommateurs de gibier. Leur restriction permettra ainsi de réduire les émissions de plomb de 558 000 tonnes sur 20 ans.   

Depuis 45 ans, la Tour du Valat mène des recherches sur les contaminations au plomb dans les zones humides, notamment sous l’approche « Une seule santé ». Une [9]étude [9] publiée par nos chercheurs en 2025 [9] a démontré que, vingt ans après l’interdiction en France de la chasse aux grenailles de plomb dans les zones humides (loi nationale précédent le règlement européen de 2023), les oiseaux d’eau sont toujours contaminés. Un oiseau sur huit analysés était affecté par des billes de plomb, un taux resté le même avant et après l’interdiction, tandis que 50% des douilles retrouvées avaient contenu de la grenaille de plomb. Ces résultats questionnent les limites et l’effectivité de la loi en vigueur jusqu’à présent, qui ne concernait alors que les zones humides. 

La nouvelle réglementation européenne a été favorisée par la mobilisation d’ONG avec lesquelles la Tour du Valat coopère, telles que BirdLife, Wildfowl & Wetlands Trust, et Wetlands International Europe. La Tour du Valat mis à contribution ses recherches scientifiques pour soutenir cette campagne et a été cosignataire d’une [10]lettre ouverte cosignée par plus de 100 scientifiques du monde entier, [10] en faveur du remplacement des munitions au plomb par des alternatives non toxiques 

Il s’agit donc d’une victoire, malgré les nombreux compromis réalisés depuis le projet de régulation initial de février 2025. Seules les grenailles de plomb sont concernées : les balles au plomb demeurent exclues des restrictions. Or, celles-ci demeurent nocives pour les prédateurs et oiseaux de proie plus élevés dans la chaîne alimentaire : ils s’empoisonnent en se nourrissant des restes des petits animaux abattus par les balles de plomb. 

La Tour du Valat continue son engagement contre la contamination au plomb, notamment par la sensibilisation et la recherche d’alternatives innovantes pour les chasseurs. Depuis sept ans, nous expérimentons, au sein du domaine de la Tour du Valat, des battues au sanglier basées sur l’utilisation de balles sans plomb par des chasseurs volontaires, allant donc au-delà des restrictions de la nouvelle loi. Transmettre est également au cœur du travail de l’institut : une semaine de formation “Chasse et zones humides”, menée en partenariat avec l’OFB, vient de s’achever. Le sujet du plomb y a été largement abordé. Les ateliers ont visé à améliorer la compréhension des enjeux et de la réglementation autour de la préservation et restauration des milieux humides, afin de faire évoluer les pratiques. 

Enfin, à l’occasion de la Conférence Annuelle Heinz Hafner qui se déroulera le 19 novembre prochain, nous accueillerons Debbie Pain, ancienne chercheuse à la Tour du Valat, professeure honoraire à l’Université de East Anglia et à Cambridge, pour une conférence intitulée « Is lead (ammunition) dead? A personal view of the long road to change ».

De quoi prolonger la réflexion sur le chemin qu’il reste à parcourir pour la fin de la contamination au plomb dans les espaces naturels.  


Référence de l’étude citée :

Béchet, A., Olivier, A., Cavallo, F., Sauvajon, L., Champagnon, J., du Rau, P. D., & Mondain-Monval, J.-Y. (2025). Persistent lead poisoning of waterfowl in the Camargue (southern France) 10 years after the ban on the use of lead ammunition in wetlands. Conservation Science and Practice, e70045. https://doi.org/10.1111/csp2.70045 [9] 

Retour sur la 6ème École d’été « Biodiversité et Vecteurs »

Publié par marquis le Actualités | Pas de commentaire

A la Tour du Valat, la 6ème édition de l’école « Biodiversité et Vecteurs » a exploré, durant 5 jours, les liens entre pollution et vecteurs d’agents infectieux impliqués dans la santé humaine, animale ou encore végétale.

École Biodiversité et vecteurs 2026 © Université de Montpellier

Organisée dans le cadre du Défi Clé « Risques infectieux et vecteurs en Occitanie [11] » (RIVOC), la 6ème édition de l’école d’été « Biodiversité et vecteurs » s’est tenue du 14 au 18 septembre 2026 à la Tour du Valat.  

L’objectif de cette formation, ouverte aux étudiants comme aux professionnels, était d’explorer les maladies vectorielles qui affectent les humains, les animaux et les plantes dans une perspective « One Health » , à travers divers modèles impliquant moustiques, tiques, mollusques, pucerons, et bien plus encore, et de réfléchir à des solutions de prévention et de contrôle. 

Cette année était consacrée au thème de la pollution et de ses impacts sur les vecteurs et les maladies qu’ils transmettent, en association avec le Défi Clé BiodivOc. Différentes sessions ont permis d’aborder les sujets de la pollution chimique mais aussi de la pollution lumineuse, ou encore de l’impact de la gestion des maladies vectorielles elle-même sur la pollution des milieux. 

Sortie sur le terrain © Université de Montpellier

Cette 6ème édition a rassemblé 17 personnes originaires de France, du Maroc, et de Côte d’Ivoire, principalement des étudiants mais aussi 2 professionnels, travaillant aussi bien en santé humaine, animale que végétale. 

L’école d’été « Biodiversité et vecteurs » est organisée à la Tour du Valat, en partenariat avec le Défi-clé RIVOC  [11]et l’Université de Montpellier [12]. 

Une belle saison de reproduction au sein de la Réserve naturelle régionale de la Tour du Valat

Publié par marquis le Actualités | Pas de commentaire

Retour en chiffres et en images sur une belle saison de reproduction pour les oiseaux nichant sur la Réserve Naturelle Régionale de la Tour du Valat.  

Grand poussin de glaréole à collier © Damien COHEZ

En plus des nombreuses couvées de Foulque macroule, Canard colvert, Grèbe huppé et castagneux, Canard chipeau, Nette rousse, Echasse blanche, Poule et Râle d’eau, et bien d’autres, on peut noter : 

Enfin, des colonies d’Ardéidés divers et variés se sont établies dans les tamaris et les roselières, dont 2 colonies mixtes rassemblant des Hérons pourprés, des Hérons cendrés, des Crabiers Chevelus, des Grandes aigrettes, des Ibis falcinelles, des Hérons garde-bœuf, des Bihoreaux gris et des Aigrettes garzettes. 

Les vendanges au Mas du Petit Saint-Jean : retour sur la récolte 2026

Publié par gollivier le Actu projet,Actualités | Pas de commentaire

 

© Studio Cerise

Étalées sur plus d’un mois, du 18 août au 25 septembre, les vendanges se sont déroulées au fil de la maturité des raisins, mobilisant l’équipe de la ferme tout au long des mois d’août et de septembre.

La saison a commencé le 18 août avec la récolte du Merlot destiné à notre jus de raisin 100 % bio. Dès 7h00, une vingtaine de salarié·es, ancien·nes salarié·es, volontaires de la Tour du Valat et saisonniers ont prêté main-forte à l’équipe de la ferme. Ensemble, ils ont récolté 7 634 kg de raisin au cours de cette matinée collective, qui ont permis de produire 4 938 litres de jus de raisin, d’ores et déjà disponibles à la vente [21].

Les vendanges se sont ensuite poursuivies dans les différentes parcelles du Mas du Petit Saint-Jean. Au total, 11 autres matinées de vendanges auront mobilisé 47 personnes différentes.

Des vendanges manuelles et collectives

© Studio Cerise
© Studio Cerise

Au Mas du Petit Saint-Jean, les raisins sont récoltés à la main, une méthode adaptée à la taille de la production et au fonctionnement de la ferme. Cette récolte manuelle demande du temps et de l’attention, notamment pour le tri des grappes, mais elle constitue aussi un moment particulier dans la vie du Mas. Pendant quelques semaines, salarié·es, ancien·nes salarié·es, saisonniers et volontaires se retrouvent autour d’un même objectif.

Une fois récoltés, les raisins sont acheminés directement au chai du Mas du Petit Saint-Jean, où ils sont égrappés, puis pressés et mis en cuve. Ils donneront naissance, dans les prochains mois, aux nouvelles cuvées de la ferme agroécologique, produites à partir de raisins issus de l’agriculture biologique.

Des vignes qui accueillent aussi la biodiversité

© Studio Cerise

Au fil des vendanges, nous avons également découvert une quinzaine de nids de passereaux directement installés dans les ceps et dissimulés par le feuillage. Il s’agissait pour la plupart de nids de chardonnerets et de bruants zizi.

Une découverte qui rappelle que les vignes sont aussi des lieux de vie pour la faune sauvage, et notamment pour les oiseaux qui y trouvent refuge pour nicher.

🍷 En attendant les nouvelles cuvées 2026, les vins des précédents millésimes du Mas du Petit Saint-Jean sont toujours proposés à la vente. N’hésitez pas à les découvrir et à goûter aux productions de la ferme agroécologique.

>> Commander les vins de la Tour du Valat << [21]

Lancement de la campagne « La France des zones humides »

Publié par gollivier le Actualités,Evénements | Pas de commentaire

Nous sommes heureux de vous présenter la nouvelle initiative de Flamingo [22] (plateforme de financement participatif dédiée aux zones humides) : La France des zones humides, un court métrage pour sensibiliser à l’histoire et l’importance des zones humides, réalisé par Rudy Bueno et raconté par Camille Etienne !

Et si l’on vous disait que Paris, Lyon ou Nantes étaient autrefois de vastes zones humides ?
Difficile à imaginer… pourtant nos villes se sont bâties sur ces paysages. Et en un siècle, deux tiers de ces milieux ont disparu en France.
Or ces écosystèmes sont d’indispensables alliés : ils abritent une biodiversité exceptionnelle, stockent du carbone et retiennent l’eau lors des crues.

🎬 « La France des zones humides » est un court film qui propose de remonter le fil de cette histoire, avec pour ambition de toucher bien au-delà du cercle de personnes déjà sensibilisées à ces enjeux.
Prévu pour la Journée mondiale des zones humides 2027, à la veille de la présidentielle, il veut faire bouger les lignes.

Aux côtés d’une équipe incroyable, composée de Camille Etienne, Coline Balfroid et bien d’autres encore, nous traverserons la France pour découvrir comment les zones humides ont façonné nos territoires et pourquoi leur avenir nous concerne tous. Cette campagne de financement participatif est décisive : elle nous permettrait de collecter le budget nécessaire à la post production du film et à sa diffusion partout en France. Nous avons déjà sécurisé 70% des financements, nous avons besoin de vous pour réunir les 30% restants ❤️

Soutenir le film >> [23]

En France, combien de zones humides ?

Publié par nchokier le Actu projet | Pas de commentaire

Dans le cadre de l’Observatoire National de la Biodiversité (ONB), la Tour du Valat vient de publier un nouvel indicateur « Surfaces en milieux humides terrestres dans l’Hexagone » [24]* [25].

 

Une première estimation nationale robuste de la surface des milieux humides

Il résulte d’un long travail financé par l’Office français de la biodiversité (OFB), entrepris dès 2019. Au lieu d’une compilation d’inventaires locaux ou régionaux de zones humides (avec des méthodes et des définitions plus ou moins compatibles, des dates différentes…), nous avons procédé par échantillonnage aléatoire d’un grand nombre de quadrats (env. 8 km²) répartis sur toute la métropole. Sur ceux-ci, l’analyse de données de télédétection a permis d’identifier les surfaces en milieux humides en 1990, 2005 et 2020, de façon rigoureusement homogène entre années et entre quadrats.

 

Un cinquième du territoire couvert par les milieux humides

Pour la 1e fois en métropole, on dispose donc de chiffres statistiquement robustes sur la surface actuelle en milieux humides, tant naturels qu’artificiels, et leurs tendances sur 1990-2020.

1/5e de l’hexagone est couvert de milieux humides en 2020, soit environ 11 millions d’hectares.

Plus précisément, en 2020, 17,2 % de l’Hexagone sont couverts de milieux humides naturels (+/- 2,6 %), et 3,2 % de milieux humides artificiels (+/- 0,9 %).  Ainsi, 20,4 % de l’Hexagone sont couverts de milieux humides (+/- 2,8 %) (Figure 1). En 2020, cela équivaut à 94 454 km² de surfaces de l’Hexagone couverts de milieux humides naturels (+/- 14 307 km²), et 17 585 km² de milieux humides artificiels (+/- 4 844 km²) – soit 112 039 km² au total.

Il faut souligner qu’avec la méthode choisie, aucune carte de localisation précise des milieux humides existant en 1990, 2005 ou 2020 ne peut être produite : avec un échantillonnage aléatoire, seule leur surface totale peut être calculée.

Figure 1

 

Une régression des milieux humides entre 1990 et 2020

Entre 1990 et 2020, l’Hexagone a perdu 4,5 % de ses milieux humides (-5 233 km²). Cette tendance globale résulte de la conjonction de deux évolutions :  perte de 5,7 % des milieux humides naturels existant en 1990, et gain de 2,9 % de milieux humides artificiels, ces 2 tendances n’étant cependant pas statistiquement significatives (Figure 2).

Figure 2

Sur ces 30 années, cela équivaut à une perte de 573 000 ha de milieux humides naturels et à un gain de 49 800 ha de milieux humides artificiels. La perte en milieux humides naturels représente l’équivalent de la surface d’un département français comme le Cantal ou l’Ardèche. Mais avec une dynamique telle que quantifiée, il faudrait soit un plus grand nombre de quadrats, soit 1-2 dates supplémentaires avec évolution persistante, pour obtenir des tendances statistiquement significatives.

 

Près de la moitié des milieux humides potentiels auraient disparu

Les tendances observées peuvent être comparées (Figure 3) à une référence-clé (carte de prélocalisation des milieux humides en France, Rapinel et al. 2023 [26]), qui établit que 33,3 % de l’Hexagone auraient le potentiel d’être couverts d’habitats humides en l’absence d’intervention humaine.  En 2020, la surface des milieux humides naturels restants de l’Hexagone, tels que nous les avons mesurés avec notre méthode, correspond à 52 % de la surface de ces milieux humides prélocalisés seuillés, ce qui suggère que près de la moitié de ces milieux (48 %) auraient été perdus depuis le début de l’impact majeur de l’Homme sur les paysages.

Figure 3

 

La notice méthodologique détaillée de cet indicateur est disponible sur demande.

 

Contact

Christian Perennou [27]

Chef de projet – Tour du Valat


* [28] Il est à noter que ce travail concerne exclusivement les milieux humides, ce qui en France correspond à la définition très large de la convention de Ramsar – alors   que la définition légale des « zones » humides est en France beaucoup plus restrictive. Il n’existe en revanche pas de chiffres similaires à ceux de notre indicateur pour les zones humides au sens de la loi, autour desquelles se focalisent beaucoup d’enjeux récents avec le monde agricole notamment. ⮕ En savoir plus [29]

 

Ligne THT Fos-sur-Mer – Jonquières-Saint-Vincent : vers l’enquête publique

Publié par gollivier le Actualités | Pas de commentaire

La Tour du Valat poursuit également sa mobilisation concernant le projet de ligne aérienne très haute tension entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent. 

Dans le cadre de la concertation sur la mise en compatibilité des documents d’urbanisme (MECDU), la Tour du Valat a transmis une contribution faisant part de son avis défavorable aux modifications envisagées. Celles-ci pourraient avoir des conséquences importantes sur les sols, l’eau, l’agriculture et la biodiversité, dans un territoire déjà soumis à de fortes pressions. 

Notre analyse repose notamment sur quatre constats : 

Pour la Tour du Valat, la transition énergétique et la décarbonation de l’industrie doivent aller de pair avec la transition écologique, en intégrant pleinement les enjeux de sobriété énergétique, foncière et hydrique, ainsi que l’approche « Une seule santé ». 

L’enquête publique est prévue à l’automne. La mobilisation se poursuit avec notamment un événement organisé le 19 septembre par le collectif Stop THT [30]. La Tour du Valat continuera à suivre le dossier et à porter ses arguments dans les prochaines étapes de la procédure. 

Contribution de la Tour du Valat sur la MECDU [31]

Combien y-a-t-il de Marmaronettes marbrées nicheuses au Maroc ?

Publié par estamm le Publications | Pas de commentaire

Une étude publiée en juillet dernier dans la revue Animal Conservation livre la toute première estimation à l’échelle du Maroc de la taille de la population nicheuse de Marmaronnette marbrée (Marmaronetta angustirostris), aussi appelé Sarcelle marbrée.  

Menée par une équipe associant la Tour du Valat, l’École Pratique des Hautes Études, GREPOM/BirdLife Maroc, la Faculté des Sciences Ben M’sik de Casablanca et BioSphère Environnement, cette recherche comble une lacune qui, jusqu’ici, rendait difficile toute évaluation fiable du statut de l’espèce dans le pays, et par conséquent toute planification efficace de sa conservation. 

Une espèce nomade et menacée 

La Sarcelle marbrée est classée menacée à l’échelle mondiale et vulnérable en Europe par l’UICN. Contrairement à la plupart des anatidés, elle ne suit pas de schéma migratoire classique : ses déplacements, souvent erratiques, suivent la disponibilité en eau des zones humides temporaires, ce qui la rend particulièrement difficile à suivre et à dénombrer. 

Marmaronette marbrée (Marmaronetta angustirostris) © Francis C. Franklin

Un protocole de terrain à grande échelle 

Lancé en 2023, ce suivi national repose sur un plan d’échantillonnage aléatoire à deux degrés : 35 unités primaires de 100 km² dans lesquelles sont imbriquées 187 unités d’échantillonnages secondaires de 0,25 km², couvrant l’ensemble du territoire marocain depuis l’embouchure de la Moulouya, au nord, jusqu’aux oueds sahariens, au sud. L’objectif : estimer la taille de la population reproductrice de la Sarcelle marbrée et identifier les principales caractéristiques de son habitat de reproduction. 

Une population nationale de Sarcelle marbrée estimée à 386 couvées  

À l’échelle des sites échantillonnés, couvrant 46,75 km² de zones humides, le meilleur modèle a estimé un total de 24 couvées, avec une probabilité de détection moyenne de 0,71, soulignant la nécessité de tenir compte de la détection imparfaite lors des relevés de terrain. Extrapolée à l’ensemble des zones humides marocaines (748 km²), cette estimation correspond à une population reproductrice nationale de 386 couvées. Les données de terrain ont été analysées à l’aide de modèles permettant de corriger les biais liés à la détectabilité imparfaite de l’espèce. Ces résultats constituent la première estimation robuste, à l’échelle du Maroc, de la taille de la population reproductrice de Sarcelle marbrée. 

La végétation émergente et le type de zone humide, notamment les mares, ressortent comme les principaux prédicteurs de l’abondance des couvées sur un site : une piste précieuse pour orienter les futures actions de conservation ciblées de ces habitats. 

Un nouveau protocole de suivi adaptable à d’autres contextes 

Au-delà de ce chiffre de référence, les auteurs proposent un protocole de suivi et de modélisation transposable à d’autres espèces et d’autres régions, pour améliorer durablement le suivi et la conservation d’espèces d’oiseaux d’eau menacés en Afrique du Nord.


Référence de la publication

📄 Bouchri, H., El Hamoumi, R., Musseau, R., Béchet, A. & Champagnon, J. (2026). Using Two-Stage Random Sampling and N-Mixture Models to Estimate the Breeding Population Size of a Threatened Nomadic Species in Morocco. Animal Conservation. https://doi.org/10.1111/acv.70087 [32] 

Restauration des zones humides côtières européennes : des bénéfices climatiques à géométrie variable 

Publié par estamm le Publications | Pas de commentaire

Une nouvelle étude publiée dans Ecological Engineering apporte un éclairage sur les effets de la restauration des zones humides côtières sur le climat, en particulier sur les flux de CO2 et de méthane (CH4) — deux gaz à effet de serre dont les échanges avec l’atmosphère jouent un rôle important dans la régulation du climat terrestre. 

Menée dans le cadre du projet européen RESTORE4Cs [33], auquel participe la Tour du Valat, elle a mobilisé une cinquantaine de chercheurs autour de six zones humides pilotes couvrant une grande diversité de contextes écologiques européens : Ria de Aveiro (Portugal), l’Estuaire de l’Escaut oriental (Pays-Bas), la Camargue (France), les Marais dels Moro (Espagne), le Delta du Danube (Roumanie) et la lagune de Courlande (Lituanie). 

Marjal dels Moros, un exemple emblématique de zone humide valencienne en Espagne © RESTORE4Cs

Sur quatre saisons, les équipes ont mesuré simultanément les flux de CO2 et de CH4 sur des sites préservés, dégradés et restaurés, à l’aide de chambres statiques. L’objectif : déterminer dans quelle mesure les actions de restauration, encouragées par les politiques européennes, se traduisent par un bénéfice climatique mesurable en équivalents CO2 (CO2-eq). 

Des résultats qui varient selon le type de gaz et le type de zone humide 

Les flux de CO2 dépendent avant tout du couvert végétal et du régime d’inondation à l’échelle du paysage, tandis que les émissions de CH4 répondent de façon sensible à des facteurs comme la qualité de l’eau, la salinité et la dynamique hydrologique.  

Parmi les actions étudiées, la restauration des herbiers marins par replantation montre le signal climatique positif le plus net, avec une atténuation significative du bilan en CO₂-éq., que l’on considère l’effet du méthane à court terme (20 ans) ou à plus long terme (100 ans). La diminution de l’eutrophisation des lagunes par l’amélioration du traitement des eaux montre elle aussi un effet positif, mais seulement à court terme (à l’horizon de 20 ans). D’autres actions de restauration, en revanche, font varier CO₂ et CH₄ en sens opposés, sans effet significatif sur le bilan global. 

Des stratégies de restauration à adapter à chaque contexte 

Ce travail apporte un éclairage utile aux gestionnaires de zones humides : les bénéfices climatiques d’une restauration ne sont ni automatiques ni uniformes. Ils dépendent du gaz considéré, du type de zone humide et de la mesure de restauration engagée. Un argument pour des stratégies de restauration adaptées à chaque contexte, et pour un suivi rigoureux de plusieurs gaz à effet de serre, en particulier le CO₂ et le CH₄, permettant de détecter et de quantifier avec précision les bénéfices climatiques potentiels. 

Un pélican blanc (Pelecanus onocrotalus) sur le site du Delta du Danube en Roumanie © RESTORE4Cs

Ces résultats s’inscrivent dans les travaux du projet européen RESTORE4Cs, qui développe des connaissances, des données et des outils d’aide à la décision pour accompagner la conservation et la restauration des zones humides côtières européennes. Ils alimentent notamment la European Coastal Wetlands Interactive Platform [34] et sa Decision-Support Toolbox [35], qui permettent d’explorer les résultats du projet et d’appuyer la priorisation des actions de restauration. 


Référence de la publication

📄 Cabrera-Brufau M. et al. 2026. Ecological Engineering 232:108080. doi.org/10.1016/j.ecoleng.2026.108080 [36] 

Loi d’urgence agricole : une régression préoccupante pour les zones humides

Publié par gollivier le Actualités | Pas de commentaire

Le processus parlementaire de la loi d’urgence agricole est désormais achevé. Si la proposition de redéfinition des zones humides n’a finalement pas été retenue, le texte adopté introduit néanmoins une évolution préoccupante : la possibilité de prendre en compte la fonctionnalité des zones humides dans la mise en œuvre des mesures de compensation. 

Cette disposition n’a pas été censurée par le Conseil constitutionnel. Pour les acteurs de terrain, elle constitue une régression environnementale majeure, en fragilisant le principe même de protection des zones humides.  

Cette évolution intervient dans un contexte particulièrement paradoxal : au 10 août, 92 départements étaient concernés par des restrictions d’usage de l’eau, dont 67 en situation de crise. Affaiblir les protections dont bénéficient les zones humides alors que la France connaît une tension croissante sur sa ressource en eau revient à compromettre des écosystèmes qui constituent précisément des alliés essentiels de la résilience des territoires. 

Face à cette situation, la Tour du Valat s’est mobilisée aux côtés d’autres acteurs de terrain. Un courrier de remerciement a été adressé aux parlementaires ayant contribué à empêcher la redéfinition des zones humides, et six rendez-vous institutionnels avec des parlementaires ont permis de porter directement les enjeux liés à leur protection et à la gestion durable de l’eau. 

Lire le communiqué de presse « Zones humides : les acteurs de terrain sont atterrés » [37]