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La Tour du Valat portera la voix des zones humides méditerranéennes à la COP 15 de la Convention sur la diversité biologique

La Tour du Valat sera présente à la COP 15 de la Convention sur la diversité biologique pour soutenir l’adoption d’un cadre mondial pour la biodiversité post-2020 ambitieux, permettant enfin d’enrayer la perte de biodiversité.

La 15e Conférence des Parties (COP15) à la Convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations Unies rassemblera sous présidence chinoise les gouvernements du monde entier du 7 au 19 décembre 2022, à Montréal, Canada, siège du secrétariat de la CDB. À cette occasion, le Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020, document de référence pour la conservation de la biodiversité au niveau mondial, devrait être adopté.

A l’occasion de la COP14 Ramsar sur les zones humides (5-13 novembre), de la COP27 sur le climat (6-18 novembre), de la COP19 sur le commerce des espèces (14-25 novembre) et enfin de la COP15 sur la biodiversité, l’Association Ramsar France, le Comité français de l’UICN et la Tour du Valat ont publié l’appel « Les zones humides sont notre « assurance-vie » face aux crises combinées du climat et de la biodiversité » [1], afin de donner une nouvelle impulsion à la protection des zones humides, grandes pourvoyeuses de solutions fondées sur la nature pour relever les grands défis sociétaux auxquels nous sommes confrontés, dont  le changement climatique.


Participation de la Tour du Valat à la COP 15

Conférence « Zones humides, biodiversité et lutte contre les changements climatiques : perspectives méditerranéennes » – Raphaël Billé, directeur du programme de la Tour du Valat – Mercredi 14 décembre à 15h35 – Zone d’action publique de la COP15 [2] – Grand Quai du Port de Montréal

Délégation de jeunes francophones, Réseau Mondial des Jeunes pour la Biodiversité (GYBN) – Columba Martínez-Espinosa, Ingénieure de recherche à la Tour du Valat :

8-18 décembre : Pavillon des jeunes [3]

10 décembre : Grande marche pour le vivant

Influenza aviaire- Mortalités massives observées chez les fous de Bassan de la réserve des Sept-îles – Questions à Pascal Provost

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Pascal Provost ©Rodolphe Marics

Pascal Provost, conservateur de la réserve naturelle nationale des Sept-Iles [4] (Bretagne) depuis 10 ans répond aux questions de la Tour du Valat concernant les mortalités massives observées chez les fous de Bassan de la réserve, cet été 2022, du fait de la circulation d’une nouvelle souche hautement pathogène d’influenza aviaire H5N1.

 

 

 

 

1. Pouvez-vous nous donner un aperçu de la situation à laquelle vous avez fait face cet été du fait de la circulation d’un virus d’influenza aviaire hautement pathogène chez les fous de Bassan ?

La colonie de fous de Bassan de la réserve des Sept-Iles est le seul lieu de nidification de l’espèce en France et la colonie la plus méridionale. Elle compte 18 967 couples (SAO) en 2021 qui élèvent chacun un unique jeune chaque année. Ils sont très fidèles à leur partenaire et à leur site de reproduction sur lequel ils reviennent habituellement dès la fin du mois de janvier, la ponte ayant lieu en avril/mai et l’élevage des jeunes s’étalant de juin à septembre.

Nous observions déjà une stagnation des effectifs de la colonie depuis une dizaine d’années, avec un début de déclin en 2021. Plusieurs travaux scientifiques menés sur le long terme en lien étroit avec le CEFE-CNRS mettent en évidence plusieurs facteurs de pression sur la colonie (baisse des ressources en maquereau, baisse des taux de survie des adultes, changement climatique…). Ainsi, nous sommes passés en moyenne d’un succès reproducteur de plus de 80 % dans les années 90 à un succès de 40% en moyenne depuis une décennie.

Si en 2018, le succès le plus bas jamais enregistré était de 19%, le taux d’échec de plus de 90% observé cette année est largement supérieur à toutes les estimations récentes. Les premiers signaux d’alarme ont été pour nous l’observation d’adultes puis de poussins morts sur les nids dès début juillet. En collaboration avec le réseau SAGIR et la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations), nous avons eu dès le 11 juillet la confirmation de la présence d’un virus influenza H5N1 hautement pathogène dans la colonie. Cette souche s’avère selon les analyses en cours, être spécifique aux fous de Bassan et également observée dans d’autres colonies jusqu’en Amérique du Nord.

 

Premier adulte mort sur son nid sur l’île Rouzic depuis le direct caméra. L’Influenza aviaire est suspectée suite aux constats au Canada, Écosse et Norvège les semaines précédentes (Juillet 2022). ©Pascal Provost

2. Comment avez-vous suivi la situation et quels sont les premiers bilans ?

Notre responsabilité dans la conservation d’un tel patrimoine naturel est immense. Habitués au terrain difficile et à œuvrer de concert avec le monde de la recherche, et grâce au soutien financier de notre DREAL, nous avons mis en place plusieurs protocoles durant 4 longs mois, pour 1-évaluer les effets de l’épidémie, tout particulièrement sur la colonie de fous de Bassan et 2-tenter de comprendre les origines d’une épizootie unique depuis l’installation de la colonie sur l’île Rouzic en 1939.

Ainsi, nous avons décidé de maintenir les suivis scientifiques que nous avions prévus sur la saison de reproduction et d’y ajouter des sessions de prélèvements biologiques. Nos collaborations scientifiques et techniques de longue date avec des équipes de recherche telles que celles du CEFE (CNRS/université de Montpellier) et du LIENS (CNRS, Université de La Rochelle), de l’OFB (SD22) et de nouveaux liens avec des vétérinaires et épidémiologistes nous ont été précieux pour nous aider dans cette situation. Durant toute la saison de reproduction, plusieurs missions sur l’île, en mer et en aérien ont eu lieu pour réaliser des suivis photographiques et des prélèvements (31 individus analysés, 15 équipés de GPS-GSM).

Nous avons ainsi pu documenter la baisse importante de la densité de la colonie au fur et à mesure que nous observions des mortalités sur site. En parallèle, des centaines de particuliers signalaient la présence de fous morts ou mourants en mer, sur le rivage mais aussi à terre, ce qui est tout à fait inhabituel pour une telle espèce pélagique. En parallèle du dispositif SAGIR piloté par l’OFB avec l’aide des collectivités et associations, nous sommes en train de faire le bilan de cette saison dramatique mais il est clair que des milliers de poussins et d’adultes sont morts. Ces observations font écho à celles rapportées ailleurs, notamment en Ecosse sur l’île de Bass-Rock.

Aperçu de l’effet de l’épidémie de grippe aviaire sur un secteur fortement touché de la colonie de fou de Bassan, île Rouzic ©Armel Deniau

3. Comment envisagez-vous l’avenir de la colonie ?

Beaucoup de questions se posent. Combien d’adultes vont revenir s’installer l’hiver prochain ? Comment la colonie va-t-elle se structurer spatialement ? Avec un ou plusieurs noyaux ? Nos dispositifs de suivis resteront-ils pertinents ou faudra-t-il les adapter ? Nous nous posons notamment la question de la capacité de persistance du virus sur l’île en l’absence des fous. Pourrait-elle être suffisante pour que des individus revenant dès fin janvier puissent s’infecter ? Ou bien n’y a-t-il pas d’inquiétude à avoir sur ce point ? Les adultes qui reviendront auront-ils développé une immunité suffisante pour ne pas être aussi durement frappés par une éventuelle seconde année de circulation locale d’un virus H5N1 hautement pathogène ? Passé l’émotion que peut susciter une telle perte massive, nous poursuivons sans relâche, notre travail d’évaluation par une approche rigoureuse et scientifique. En mémoire à nos prédécesseurs et aux pionniers du début du XXème siècle qui ont œuvré à la protection de l’archipel des Sept-Iles, nous nous efforcerons de faire la lumière sur l’origine de cette épizootie, c’est dans cette esprit qu’est né ce film de 3 minutes : https://www.youtube.com/watch?v=zptYpb1Eyos [5]

C’est avec responsabilité et par une approche scientifique et pragmatique et à une échelle internationale que nous pourrons mieux analyser et mieux nous préparer face à cette récente pression qui peut mettre à mal des décennies de conservation. Elle doit réveiller les consciences et rappeler l’importance du patrimoine naturel et des aires protégées dans nos sociétés. Des millions de touristes ont visité la colonie de fous de Bassan de l’île Rouzic, un véritable fleuron national de notre biodiversité qui a contribué à forger l’identité de notre territoire de la côte de Granit Rose.

 

 

Influenza aviaire : quels enjeux pour la santé humaine, les élevages et la faune sauvage ?

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Influenza aviaire de quoi parle-t-on ?

Goéland leucophée © Irène Badone

Les virus de l’influenza aviaire (VIA ; aussi appelés virus des grippes aviaires) circulent probablement depuis des millénaires au sein de leur réservoir que sont les oiseaux d’eau, en particulier les Anatidés (oies, canards, cygnes etc.) et les Laridés (mouettes, goélands, sternes etc.). Ils sont extrêmement diversifiés. En effet, on connait aujourd’hui chez les oiseaux 16 types d’hémagglutinine (H) et neuf types de neuraminidase (N), les deux protéines de surface qui servent à classifier les VIA en ce que l’on appelle des sous-types. Parmi ces sous-types, la plupart sont faiblement pathogènes (FPAIV), c’est-à-dire qu’ils causent pas ou peu de symptômes chez les individus qui les portent. En revanche, les sous-types H7 et H5 peuvent muter pour devenir hautement pathogènes (HPAIV). Leur virulence est alors forte et ils peuvent causer d’importants épisodes de mortalité en élevage comme en faune sauvage.

Carte montrant les foyers de 2004 et les nouvelles zones infectées en 2005 et 2006 extraite de l’article Gauthier Clerc M., Lebarbenchon Camille, Thomas F. (2007). Recent expansion of highly pathogenic avian influenza H5N1 : a critical review. Ibis, 149 (2), p. 202-214. ISSN 0019-1019. https://doi.org/10.1111/j.1474-919X.2007.00699.x [6]

Historiquement, les épisodes de transmission d’HPAIV ont commencé à créer des inquiétudes lorsqu’ils ont causé de fortes pertes dans les élevages de canards, puis de poulets au milieu des années 1990 en Asie du Sud-Est. Au sein de l’immense réservoir très favorable à leur maintien et à leur diffusion qu’étaient ces élevages, les souches H5N1 hautement pathogènes ont commencé à se diversifier et à se propager sur le continent asiatique. C’est au cours de l’hiver 2005-2006 que cette propagation a atteint l’Europe, en passant par les voies commerciales reliant l’Asie à l’Europe via la Russie (Gauthier-Clerc et al. 2007 [7]). S’en sont suivis de nombreux cas dans des élevages, qui ont ensuite atteint plusieurs pays africains, dont l’Egypte et le Nigeria, du fait notamment des importations de poussins destinés aux élevages industriels. En Europe, la propagation a continué vers l’Ouest, en partie relayée par des mouvements d’oiseaux sauvages hivernants poussés par une vague de froid de l’Est à l’Ouest de l’Europe.

Quelles modalités de diffusion au sein des populations humaines, des élevages et de la faune sauvage ?

Pendant toute cette période, les enjeux principaux associés à la circulation des HPAIV étaient économiques : (i) mortalités et abattages dans les élevages et (ii) coûts associés aux mesures de biosécurité à mettre en œuvre. De vives inquiétudes se sont également manifestées à l’arrivée des premières souches H5N1 HPAIV en Europe vis-à-vis de la santé publique. A l’échelle mondiale, quelques centaines de cas humains d’infection à H5N1 (861 reportés à l’OMS) dont 455 mortels ont été reportés de 2003 à 2019.

Néanmoins, fort heureusement, jusqu’à aujourd’hui, les souches H5N1 n’ont pas acquis la capacité à se transmettre de façon pérenne d’humain à humain. La grande majorité des cas humains a été associée à des transmissions d’oiseau d’élevage à humain et le nombre de cas a été très limité par rapport aux chiffres alarmants craints au début de la circulation du virus. De même, au tout début de cet épisode de circulation de 2005-2006, la forte mortalité observée sur les oies à tête barrée (Anser indicus) du lac Qinghai, en Chine, avait fait craindre de forts impacts sur la faune sauvage. Une partie de ces oies se sont révélées être semi-domestiques puisque nourries pour être vendues et les enjeux de conservation associés à la circulation des HPAIV sont longtemps restés faibles.

Quelle situation en France et quelle implication de la Tour du Valat dans les recherches sur la circulation de l’Influenza aviaire dans la faune sauvage de 2006 à 2020 ?

La Tour du Valat a fait partie, dès 2006, des organismes de recherche qui ont contribué à mieux comprendre les dynamiques des VIA chez les oiseaux sauvages. Les travaux menés dans le cadre du doctorat de Camille Lebarbenchon [8] ont notamment permis de montrer qu’en Camargue les principales espèces impliquées dans la circulation des VIA étaient le canard colvert (Anas plathyrynchos) et la sarcelle d’hiver (Anas crecca). Les passereaux ou les ardéidés, tout comme les flamants roses, étaient quant à eux très rarement porteurs de ces virus. Parmi les 51 souches de VIA isolées en 2006-2007 en Camargue, aucune n’était hautement pathogène.

Prélèvements cloacaux sur canards tués à la chasse en Camargue @Michel Gauthier-Clerc

Par la suite, au cours du doctorat de Marion Vittecoq [9], la présence régulière mais chez une faible proportion d’individus de VIA faiblement pathogènes a été montrée chez les Laridés en Camargue notamment chez le goéland leucophée (Larus michahellis). Plus récemment, la circulation dans l’eau des VIA en Camargue a été modélisée. En effet, chez les oiseaux sauvages, l’eau joue un rôle majeur dans la transmission des VIA. Cette modélisation a mis en évidence la grande hétérogénéité des concentrations potentielles de VIA en fonction des différentes zones du delta. Les plus fortes concentrations sont attendues dans la partie centrale qui couple zones de faible profondeur et forte présence en hiver des oiseaux appartenant aux espèces considérées comme réservoirs des VIA (Vittecoq et al. 2017) [10]. Ces travaux ont été menés en vue d’optimiser à l’avenir la surveillance des VIA en amont et durant d’éventuelles crises.

Schéma de la modélisation de la présence des virus de l’influenza aviaire dans la partie centrale du delta du Rhône.

En France, après une période d’absence de détection d’HPAIV de 2008 à 2014, les crises touchant les élevages se sont succédées depuis 2015. Elles ont jusqu’en 2020 essentiellement touché les élevages de canards gras du Sud-Ouest. Ainsi en 2016-2017 ce sont 92 foyers qui ont été dénombrés en élevage, avec de lourdes pertes économiques associées. Ces crises étaient liées à la circulation de différentes souches H5 hautement pathogènes (H5N1, H5N2, H5N6, H5N8, H5N9). Ces dernières étaient également couramment retrouvées au sein de la faune sauvage en Europe de l’Ouest, notamment chez des rapaces et des Laridés. En Europe, en 2016-2017, 58 espèces d’oiseaux sauvages porteuses d’HPAIV avaient ainsi été dénombrées. Toutefois ces circulations n’avaient pas été associées à des mortalités massives en faune sauvage.

En France, il avait été montré en 2016-2017 que les souches H5N8 d’HPAIV étaient arrivées lors de la migration postnuptiale de fin d’automne des anatidés. Au cours de cette saison, un nombre limité (de l’ordre d’une dizaine) d’évènements de passage des oiseaux sauvages aux oiseaux domestiques a été suivi de l’explosion du nombre de foyers en élevage associée aux contacts existants au sein de la filière d’élevage. On assiste ainsi depuis plusieurs années à des échanges réguliers de souches HPAIV entre faune sauvage et faune domestique.

Cependant, jusqu’en 2020, les mortalités étaient essentiellement observées dans les élevages. Ceux-ci étaient considérés comme clairement plus favorables au maintien et à la dispersion de ces souches du fait des leurs interconnexions multiples, des fortes densités d’oiseaux présents et de leur forte homogénéité génétique. En 2015, une première alerte avait néanmoins été donnée par les fortes mortalités observées sur les colonies de pélicans frisés (Pelecanus crispus) en Bulgarie et en Roumanie dues à la circulation de souches H5N1 (Stoimenov, Goujgoulova & Hristov, 2015 [11]).

La faune sauvage touchée de plein fouet

Depuis 2021, on assiste à l’extension d’une nouvelle crise qui touche cette fois de plein fouet la faune sauvage. Cette crise est associée à la circulation de plusieurs souches H5N1 HPAIV à la fois en élevage et au sein de la faune sauvage. Du côté domestique, en plus des élevages de canards gras, on a observé cette année de nombreux foyers dans les élevages de poules pondeuses et de poulets de chair sur toute la façade Ouest en France, pour un total national de 1378 élevages commerciaux touchés entre août 2021 et juin 2022.

Le Pélican frisé (Pelecanus crispus) est un oiseau emblématique des zones humides de l’est du bassin méditerranéen. © T. Galewski

En 2022, au sein de la faune sauvage des mortalités inhabituelles ont été observées chez plusieurs espèces d’oiseaux marins et de rapaces incluant notamment les fous de bassan (Morus bassanus, voir l’entretien), les vautours fauves (Gyps fulvus), les sternes caugek (Thalasseus sandvicensis) ou encore les pélicans frisés (Pelecanus crispus, voir « aller plus loin » ci-dessous). Ces observations ont eu lieu en France mais aussi dans de nombreux autres pays européens ainsi qu’en Amérique du Nord. Ces mortalités sont imputables aux circulations simultanées de souches H5N1 hautement pathogènes en Europe et en Amérique du Nord. L’Afrique est aussi touchée avec des mortalités observées jusqu’en Afrique du Sud sur des manchots du Cap (Spheniscus demersus) (Dewar et al. 2022 [12]).

Que nous réserve l’avenir ?

D’un point de vue de conservation la situation actuelle de la circulation des virus HPAIV est tout à fait inédite. Comme l’explique dans l’entretien de ce dossier, Pascal Provost, conservateur de la réserve naturelle nationale des Sept-Iles en Bretagne, où des milliers de fous de Bassan sont morts cette année, l’heure est au bilan et à l’adaptation des suivis. De plus, de vives inquiétudes existent quant aux éventuels impacts sur des espèces qui n’ont pas encore été touchées telles que les albatros, qui pourraient être dans les prochains mois en contact avec d’autres oiseaux marins porteurs.

Des directives ont déjà été passées, notamment dans les équipes travaillant dans les terres australes et antarctiques françaises (TAAF), pour éviter que les suivis scientifiques ne participent à la contamination des populations étudiées (nettoyage du matériel et des tenues entre les colonies etc.). Par ailleurs le réseau SAGIR coordonné par l’Office Français de la Biodiversité (OFB), qui est en charge du suivi des mortalités inhabituelles au sein de la faune sauvage en France, reste le référent en cas de découverte d’oiseaux morts. En général on considère qu’à partir de 3 oiseaux retrouvés dans un contexte pouvant faire penser à une contamination par l’influenza aviaire, il convient de contacter le réseau (https://www.ofb.gouv.fr/le-reseau-sagir [13]).

Gestionnaires d’espaces naturels, scientifiques et acteurs de la santé humaine et vétérinaire sont ainsi appelés à poursuivre leurs travaux en commun dans les prochains mois afin de suivre et comprendre au mieux la situation et ses implications en termes de conservation à moyen et long terme, dans un contexte où les souches de HPAIV semblent devenir endémiques, avec un risque accru de crises récurrentes. Comme elle l’a fait depuis la détection des premiers cas de H5N1 HPAIV en France il y a plus de 15 ans, la Tour du Valat continuera à s’engager activement dans ces travaux à l’interface entre science et gestion.

 

Acronymes

  • VIA : virus de l’influenza aviaire
  • FPAIV : VIA faiblement pathogène
  • HPAIV : VIA hautement pathogène
  • H : hémagglutinine
  • N : neuraminidase
  • Le réseau SAGIR : en charge du suivi des mortalités inhabituelles au sein de la faune sauvage en France, coordonné par l’OFB

Contact : Marion Vittecoq [14] (e-mail [15]) , chargée de recherche, coordinatrice du thème Écologie de la Santé.

 

References

Dewar M.L., Wille M., Gamble A.,Vanstreels R.,Boulinier T., Smith A., Varsani A., Ratcliffe N., Black J. and Lynnes A. 2022 The Risk of Avian Influenza in the Southern Ocean : A practical guide. Ecoevorxiv

Gauthier-Clerc M., Lebarbenchon C., Thomas F. 2007. Recent expansion of highly pathogenic avian influenza H5N1: a critical review. International Journal of Avian Science 149(2) :202-214

Stoimenov G, Goujgoulova G, Hristov K (2020): Analysis of a highly pathogenic avian influenza (H5N1) virus causing the first outbreak in domestic poultry in Bulgaria in January 2015. Vet Med-Czech 65, 435–444.

Vittecoq M., Gauduin H., Oudart T., Bertrand O., Roche B., Guillemain M., Boutron O. 2017. Modeling the spread of avian influenza viruses in aquatic reservoirs: A novel hydrodynamic approach applied to the Rhône delta (southern France). Science of the Total Environment 595:787–800.

Mobilisation internationale pour sauver le lac Marmara en Turquie

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25 ONG internationales tirent la sonnette d’alarme pour éviter une catastrophe environnementale pour le lac Marmara en Turquie.

Plus de 98% de la zone humide du lac Marmara s’est asséchée au cours des 10 dernières années.

Lac Marmara asséché, Turquie © Doga's archive

25 ONG et institutions de recherche des membres de l’Alliance méditerranéenne pour les zones humides [16] et des partenaires de BirdLife International se sont réunis pour alerter le gouvernement turc et les autorités internationales compétentes sur la perte potentielle de ce havre de biodiversité d’une importance capitale pour le monde.

En 2017, le gouvernement turc a classé le lac Marmara comme zone humide d’importance nationale. Il est reconnu mondialement comme l’une des 305 zones clés pour la biodiversité (KBA) et des 184 zones importantes pour les oiseaux (IBA) en Turquie. En outre, le lac remplit également les critères pour devenir une zone humide d’importance internationale, également connue sous le nom de site Ramsar.

Lac Marmara, Turquie © Ismail Memiş

Aujourd’hui, il n’y a plus d’eau dans ce lac. La plupart des zones humides ont été converties en terres agricoles. Des espèces emblématiques telles que le pélican dalmate (Pelicanus crispus), espèce quasi menacée, et cinq espèces endémiques de poissons d’eau douce, entre autres, avaient l’habitude de se nourrir, de se reproduire et d’hiverner dans cette zone humide. Ils n’y ont plus leur place.

Les zones humides comme le lac de Marmara sont des zones qui peuvent contribuer à atténuer les effets du changement climatique, mais elles doivent être saines et fonctionnelles. Cet assèchement ne menace pas seulement l’habitat et la biodiversité, il affecte également les personnes. Les habitants des environs ne pourront plus y pêcher, ce qui augmente le risque de migration et de destruction des valeurs culturelles.

Les organisations signataires suggèrent la réévaluation de la restauration du lac de Marmara et la mise en œuvre de précautions de conservation appropriées, notamment :

 

Signé par :

Tour du Valat (France), Birdlife International Europe et Asie centrale, Société pour la protection de Prespa (Grèce), Société pour la protection de la nature au Liban, AOS – Société d’ornithologie albanaise, Fondation EuroNatur (Allemagne), Association nationale algérienne d’ornithologie ANAO Algérie, Institut méditerranéen pour la nature et l’anthropologie (MedINA) (Grèce), Association BIOM (Croatie), AAO – Association « Les Amis des Oiseaux » (Tunisie), Fondation pour la mer et la côte méditerranéennes (MEDSEA), CZIP – Centre pour la protection et la recherche des oiseaux (Monténégro), Réseau mondial des zones humides, Initiative PIM (France), GONHS – Société d’ornithologie et d’histoire naturelle de Gibraltar, OTOP – Société polonaise pour la protection des oiseaux, CSO – Société tchèque d’ornithologie, Birdlife Estonia, BirdLife Sverige (Suède), BirdLife Finland, Faroese Ornithological Society (Iles Féroé), NABU – Nature And Biodiversity Conservation Union (Allemagne), Lipu (Italie), Birdlife Denmark, Wetlands International European Association.

 

 

L’Alliance méditerranéenne pour les zones humides [17]est un consortium d’ONG et d’institutions de recherche qui a été officiellement créé en janvier 2017. Elle vise à rehausser collectivement le profil des zones humides dans la société méditerranéenne en général et, en particulier, dans les politiques nationales, régionales et internationales, par la promotion de leur utilisation durable, basée sur l’innovation et les meilleures pratiques fondées sur des preuves, en tant que catalyseur du changement.

Contact e-mail : [email protected] [18]

 

 

Synthèse Wetlands 2022 : Résultats du comptage annuel des oiseaux d’eau en France et webinaire grand public

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A l’occasion de la publication de la synthèse Wetlands 2022, un webinaire de présentation de ce suivi de l’état des populations d’oiseaux d’eau hivernantes a été organisé par LPO/BirdLife France. La Tour du Valat a été invitée à présenter plusieurs projets montrant l’utilité de ce dispositif pour la recherche et la conservation.

Coordonné en France par la LPO pour le compte de Wetlands International au niveau international, ce comptage, démarré en 1967 pour les anatidés et les foulques puis étendu à un plus grand nombre d’espèces, permet chaque année d’évaluer de façon participative l’état et la progression des populations d’oiseaux d’eau sur les cinq continents.

Ce comptage est toujours effectué autour de la mi-janvier (les 15 et 16 janvier en 2022), période à laquelle les oiseaux d’eau de l’hémisphère nord se trouvent majoritairement sur leurs sites d’hivernage, où leur concentration permet un dénombrement aisé.

En France, à la mi-janvier 2022 ce sont ainsi plus de 1500 compteurs bénévoles qui ont participé au dénombrement des oiseaux d’eau, dans plus de 500 zones humides réparties sur l’ensemble du territoire.

Quelques résultats

Avec 2 611 435 oiseaux d’eau recensés lors de cette dernière édition, les effectifs dénombrés à la mi-janvier 2022 en France sont en léger recul.

Les effectifs de Canard colvert et Foulque – soit les deux espèces contribuant le plus aux effectifs du groupe « Anatidés & Foulque » – retrouvent en 2022 des niveaux observés au début des années 2000. Faibles effectifs également pour les Garrot à œil d’or, Fuligules, Eider à duvet, Oie des moissons ou encore Harle huppé qui continuent de décliner. Très bonne année en revanche pour le Canard souchet (1er rang depuis 1967) avec près de 55 000 individus dénombrés dont 12 719 en Camargue ou encore pour le Canard pilet (4e rang) avec de bons effectifs rapportés sur la façade Atlantique, dans les marais du Cotentin et du Bessin ou encore du Golfe du Morbihan à l’estuaire de la Gironde. Du côté des plongeons, record absolu pour le Plongeon catmarin avec près de 7 600 ind. dénombrés et une augmentation observée sur l’ensemble des sites, mais surtout 5 200 ind. comptés rien que sur le littoral picard et 1 320 sur le secteur d’Ecaut à Berk. Si les effectifs de grèbes demeurent dans la moyenne des 10 précédentes années, les effectifs de Grèbe à cou noir (5 151 ind.) rapportés en 2022 sont au plus bas depuis 1993, notamment en PACA, Occitanie et région Auvergne-Rhône-Alpes. Progressions et records d’effectifs pour l’Ibis falcinelle (3 899 ind.), la Spatule blanche (2 290 ind.), ou encore la Cigogne blanche (2 246 ind.) et 2e rang pour le Flamant rose (50 635 ind.) ou encore la Grue cendrée (132 632 ind. ). Du côté des ardéidés, augmentation sur toute la façade Ouest depuis les Hauts-de-France et en particulier en Nouvelle-Aquitaine alors que dans les régions Centre[1]Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté ou encore en Auvergne-Rhône-Alpes, les effectifs sont en net recul, en lien probable avec les conditions météorologiques rencontrées lors du dénombrement. Les effectifs de limicoles rapportés en 2022 demeurent dans la moyenne des 5 précédentes années sans différence particulière si ce n’est les records d’effectifs d’espèces à tradition récente d’hivernage et encore peu abondantes comme le Gravelot à collier interrompu (x2 versus 2021 avec près de 800 individus rapportés) ou encore les Chevaliers culbanc (870 ind.), guignette (659 ind.) ou aboyeur (613 ind.). Les effectifs de Bécasseau violet rapportés en Bretagne (1 207 ind.) progressent par rapport à l’an passé comme, plus modestement, en Nouvelle-Aquitaine (113 ind.), soit la 2e meilleure année pour l’espèce depuis 1978.

La Camargue est une nouvelle fois le site qui accueille le plus grand nombre d’oiseaux d’eau  en 2022 (193 121 ind.), avec une majorité d’anatidés.

Comptage Wetlands International – Bilan régional Provence-Alpes Côte d’Azur 2022

Depuis 2008, la LPO PACA coordonne les comptages en région PACA et propose un bilan régional.

En janvier 2022, grâce à la mobilisation de chacun, quelques 242 108 oiseaux appartenant à 93 espèces différentes ont pu être comptabilisés, dont 120 915 Anatidés et Foulques. L’effectif total est légèrement inférieur à l’effectif moyen des dix dernières années, qui s’élève à 235 770 individus.

Référence

GIRARD T. (2022). Comptage Wetlands International – Bilan régional Provence-AlpesCôte d’Azur 2022. LPO PACA/DREAL PACA, Faune-PACA Publication n°114 : 46 p.

Webinaire grand public

A l’occasion de la publication de la synthèse Wetlands 2022, la LPO/BirdLife France a organisé le 26 octobre 2022, un webinaire grand public [19] pour présenter le protocole et l’organisation de ce suivi historique de l’avifaune, aider à interpréter les différents résultats présentés dans le bilan et à comprendre l’utilité de ce dispositif pour la recherche et la conservation des espèces d’oiseaux d’eau hivernants à différentes échelles.

Lors de ce webinaire, la Tour du Valat est intervenue lors de 3 présentations :

L’ensemble du webinaire est disponible en replay [20]

 

La réunion annuelle de Wetlands International accueillie à la Tour du Valat

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C’était un honneur pour la Tour du Valat et un plaisir d’accueillir l’équipe de Wetlands International [21] en Camargue pour leur réunion annuelle. Une excellente opportunité d’interactions avec les leaders de Wetlands International de tous les continents.

 

Réunion annuelle de Wetlands International en salle Jean-Paul Taris, Tour du Valat – 2022 © Wetlands International

La réunion annuelle de Wetlands International [21] s’est tenue à la Tour du Valat du 31 octobre au 4 novembre 2022. Les directeurs du monde entier se sont réunis avec les responsables thématiques sous la direction de Jane Madgwick, PDG, pour évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de leur intention stratégique, discuter des stratégies pour accroître l’impact et planifier leur action pour l’année à venir. Ils ont également rencontré et échangé des leçons et des idées avec le directeur général Jean Jalbert et le directeur de programme Raphael Billé et ont découvert les zones humides et la faune de Camargue en compagnie de Marc Thibault, Christian Perennou et Thomas Galewski.

 

 

 

 

Visite de terrain – Réunion annuelle 2022 à la Tour du Valat © Wetlands International

 

En conclusion de la semaine, Jane Madgwick a déclaré :

« La Tour du Valat était l’endroit idéal pour faire le point sur notre travail, pour nous inciter à voir grand et pour nous rappeler que les partenaires sont notre atout le plus important pour accroître l’impact. Un grand merci à tout le personnel de la Tour du Valat au nom de Wetlands International. »

Visite de terrain – Réunion annuelle 2022 à la Tour du Valat © Wetlands International

 

Cette réunion a aussi été l’occasion de se souvenir du long passé commun entre les 2 organisations, Wetlands International (alors appelé BIROE : « Bureau International de recherche sur les Oiseaux d’Eau ») ayant été hébergé près d’une décennie en Camargue, à l’initiative et sous la houlette dynamique de Luc Hoffmann.

Un récent article relate cette histoire commune – et le reste de la vie du BIROE : https://wildfowl.wwt.org.uk/index.php/wildfowl/article/view/2768 [22], illustré de photos dans son supplément (https://wildfowl.wwt.org.uk/index.php/wildfowl/article/downloadSuppFile/2768/36 [23].)

La colonie de pélicans frisés du lac Prespa, frappée par une épidémie catastrophique

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Durant le premier trimestre 2022, la colonie de pélicans frisés (Pelicanus crispus) du lac Prespa dans le nord de la Grèce a été frappée par une épidémie catastrophique de grippe aviaire, la souche hautement pathogène H5N1. Cette vague extrêmement inquiétante d’épidémies virales survenues cette année dans le monde entier a touché de nombreuses espèces d’oiseaux sauvages emblématiques, ainsi que des éleveurs de volailles dans toute l’Europe.

Pélican frisé sur le lac de Prespa @ J. Jalbert / Tour du Valat

La SPP (Society for the Protection of Prespa) [24] avec laquelle la Tour du Valat collabore depuis de nombreuses années, a déployé des efforts importants pour tenter d’aider la plus grande colonie au monde de pélicans frisés et donner aux quelques oiseaux restants une chance de se reproduire et d’élever des poussins. Grâce à plusieurs actions collectives, 82% des oiseaux morts ont pu être retirés du Petit lac de Prespa, réduisant ainsi considérablement la charge virale de la colonie. Une fois l’épidémie passée, une centaine de couples ont finalement niché, élevant environ 90 poussins de pélicans frisés (le nombre de couples reproducteurs était de plus de 1 400 ces dernières années).

Julian Hoffman a écrit un article percutant (en anglais) intitulé « The Spirit of the Wetlands » [25], publié dans le magazine américain en ligne Emergence, évoquant cette crise sanitaire.

Il raconte cette histoire austère mais émouvante dans une prose magnifique, en évoquant les différents moyens de lutte déployés contre cette maladie mortelle et l’impact déchirant qu’elle a sur notre monde. Cet article nous incite à réfléchir d’urgence à la façon dont le fait de nous considérer comme séparés du monde naturel a des conséquences dévastatrices pour la santé planétaire.

Colonie de pélicans frisés sur le lac de Prespa à la frontière entre Grèce, Macédoine et Albanie © J. Jalbert / Tour du Valat

 

L’action de la Tour du Valat pour la conservation des pélicans blancs et frisés

À partir de 1978 et sous l’impulsion d’Alain Crivelli, chargé de recherche, la Tour du Valat a activement participé à la mise en place dans les Balkans d’actions de conservation en faveur de deux espèces menacées de pélicans, le Pélican blanc (Pelicanus onocrotalus) et le Pélican frisé (Pelicanus crispus).

Ces actions, en partenariat avec de nombreux partenaires locaux, ont permis d’améliorer significativement le statut de ces deux espèces et les connaissances sur leur écologie.

Le descriptif détaillé de ce projet et de ses résultats sont consultables sur la page du projet [26].

Thèse de Pierre Mallet – Rôle des infrastructures et des pratiques agroécologiques pour la conservation de la biodiversité dans les systèmes de grandes cultures en Camargue

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Pierre Mallet [27], doctorant à la Tour du Valat a soutenu avec succès sa thèse de doctorat le 21 octobre 2022 intitulée :

Rôle des infrastructures et des pratiques agroécologiques pour la conservation de la biodiversité dans les systèmes de grandes cultures en Camargue

Soutenance de thèse de Pierre Mallet – Octobre 2022 © Tour du Valat

 

Pierre a réalisé son doctorat sous la direction du Dr. François Mesléard, directeur de recherche à la Tour du Valat et Professeur associé, IMBE, Avignon Université et le co-encadrement du Dr. Arnaud Béchet, directeur de recherche à la Tour du Valat, de Thomas Galewski, Chargé de recherche à la Tour du Valat et de Clélia Sirami, chargée de recherche à l’UMR Dynafor. Ce doctorat était financé par le Ministère en charge de l’Agriculture et Alpina-Savoie.

Pierre est maintenant en poste à la DREAL Bourgogne-Franche-Comté à Besançon en tant que chargé de mission dérogation espèces protégées.

Accéder aux informations sur la thèse de Pierre (bientôt disponible)

Résumé:

L’intensification de l’agriculture est une menace majeure pour la biodiversité. L’homogénéisation des paysages et les changements de pratiques réduisent la quantité et la qualité des habitats disponibles. Dans ce contexte, l’écologie des paysages peut être utilisée dans le but de proposer des modes de gestion agroécologique favorables à la biodiversité.

Dans cette thèse j’ai étudié les effets des interactions entre les bordures de parcelles et les pratiques agricoles ainsi qu’entre les bordures de parcelles et les milieux semi-naturels. J’ai pris pour modèle d’étude les paysages rizicoles du delta du Rhône en Camargue. Les paysages camarguais se caractérisent par de grands espaces de zones humides protégés en réserve, des zones de pâturage extensif et de marais à vocation cynégétique et des parcelles de grande culture. Selon leur localisation, ces cultures sont entourées de milieux semi-naturels ou dans des paysages d’openfields. En tant que zone humide majeure du bassin méditerranéen, il existe dans le delta du Rhône des enjeux de conservation de la biodiversité très importants. La Camargue est donc une zone d’étude intéressante pour travailler sur des modes de gestion agroécologique qui permettent de concilier la production alimentaire et la conservation de la biodiversité.

En étudiant l’effet de l’hétérogénéité du paysage le long d’un gradient d’intensité d’utilisation de produits phytopharmaceutiques, je montre que la présence de milieux semi-naturels surfaciques et de bordures de parcelles a un effet positif plus important pour la biodiversité dans les paysages agricoles intensifs. Ces milieux sont utilisés comme des zones refuges par différentes espèces. J’ai ensuite étudié l’effet des surfaces de bordures de parcelles le long d’un gradient de surface de milieux semi-naturels dans des paysages en agriculture biologique. J’ai ainsi mis en évidence le rôle d’habitat de substitution que peuvent avoir les bordures de parcelles pour les oiseaux nicheurs ainsi que leur utilisation comme habitat complémentaire pour les oiseaux hivernants. Cependant, la diversité des niches des espèces rencontrées dans les milieux agricoles camarguais induit des réponses contrastées aux variations de la quantité des différents types d’infrastructures agroécologiques. Afin de prendre en compte ces variations, j’ai modélisé l’effet de la plantation de haies dans le but d’optimiser la conservation de la biodiversité et la fourniture de services écosystémiques.

En conclusion, l’intensification agricole est une menace majeure pour la biodiversité, mais l’adoption de pratiques agroécologiques peut permettre de réduire ces impacts et même offrir des milieux favorables aux espèces. La prise en compte des milieux agricoles dans les programmes de conservation de la biodiversité en Europe est donc nécessaire.

 

 

 

Appel – Les zones humides sont notre « assurance-vie » face aux crises combinées du climat et de la biodiversité

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Les zones humides sont notre « assurance-vie » face aux crises combinées du climat et de la biodiversité, et pourtant nous persistons à les détruire

2022 est en passe de battre tous les records – températures, vagues de chaleur, sécheresses – en Europe, révélant la vulnérabilité de notre agriculture, de notre gestion forestière, de notre mix énergétique et de nos économies face à ces phénomènes annoncés depuis longtemps par les scientifiques mais mal anticipés.

Rhin, Loire, Pô, mais également Yangtsé ou Parana… autant de fleuves jusque-là puissants qui cet été n’étaient que des fantômes se faufilant dans un lit de sédiments craquelés par le soleil.

Dans le même temps, les rapports s’accumulent attestant l’accélération de l’effondrement de la biodiversité, tissu vivant de la planète. Les effectifs des populations de vertébrés sur la planète ont diminué de 69% depuis 1970, et cet effondrement atteint 83% pour les espèces d’eau douce[1] [28], signe de la destruction massive des zones humides.

Ces deux crises, climat et biodiversité, sont intimement liées et s’alimentent l’une l’autre. Elles sont les deux facettes d’une crise systémique qui puise ses racines dans notre relation erronée au monde du vivant. Une relation “contre Nature”, contre ces millions d’espèces dont nous sommes partie intégrante, dépendante et solidaire.

C’est dans ce contexte de tensions inégalées que se déploie en l’espace de seulement quelques semaines une série inédite d’évènements internationaux dédiés à la nature et au climat : les Conférences des parties (COP) des traités intergouvernementaux portant sur les zones humides[2] [29], le climat[3] [30], le commerce des espèces[4] [31] et enfin la biodiversité[5] [32].

Cette séquence est une occasion unique de faire un arrêt sur image, interroger les engagements, les ambitions et les articulations entre ces traités… et donner une nouvelle impulsion.

Une transition urgente, mais entravée par de trop nombreuses résistances

Les motifs d’inquiétude ne manquent pas à l’approche de ces rendez-vous internationaux : Le rythme de disparition des zones humides sur la planète ne faiblit pas malgré les engagements répétés des Etats ; un récent rapport du PNUE[6] [33] sur le climat montre que les progrès de la communauté internationale sont « terriblement insuffisants » pour tracer un chemin crédible vers l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris ; côté biodiversité, après l’échec patent des objectifs d’Aïchi qui devaient engager la reconquête de la biodiversité au cours de la période 2011-2020, le nouveau cadre qui se dessine pour la décennie en cours s’annonce trop peu ambitieux et manque toujours cruellement d’un mécanisme de redevabilité des Etats.

Inventer un nouveau partage de l’eau en plaçant le vivant au centre

Accaparement de l’eau en plaine dans des méga-bassines ou en montagne pour produire de la neige de culture, « chant du cygne » d’acteurs agricoles ou touristiques qui refusent de s’adapter face à l’inéluctable. Arbitrages impossibles entre irrigation des cultures, production hydroélectrique, refroidissement des centrales nucléaires, usages domestiques ou industriels face à une eau trop rare pour satisfaire les divers besoins auxquels nos modèles de production et de consommation nous ont habitués.

Il est urgent d’accepter l’évidence, de reconsidérer notre rapport à l’eau et au vivant, de changer nos comportements qui affectent profondément le grand cycle de l’eau. Face à des besoins grandissants et à une disponibilité en eau de moins en moins prévisible et pilotable, nous devons réinventer ses usages et son partage, en laissant sa juste part à la nature. Cette nature que nous ne devons plus considérer comme une variable d’ajustement de nos systèmes de production, mais bien comme leur socle, comme le fondement de nos vies et de nos économies.

Les zones humides, pourvoyeuses de solutions face aux défis sociétaux croissants

Les zones humides[7] [34], longtemps perçues comme insalubres, constituent l’écosystème le plus détruit de la planète, connaissant un déclin trois fois plus rapide que la forêt. Mais au fil de leur disparition, elles se révèlent être l’écosystème qui contribue le plus à l’humanité. Plus d’un milliard de personnes en dépendent directement pour leur existence et bien plus encore bénéficient de leurs pouvoirs extraordinaires. Elles sont les « reins de la nature », purifiant l’eau que nous polluons. Gigantesques éponges, elles captent les précipitations de plus en plus irrégulières et souvent massives, atténuent les pics de crue, rechargent les nappes phréatiques et soutiennent les débits des rivières lors des sécheresses plus longues et intenses. Les hydrologues l’attestent : la façon la plus efficace et durable de stocker l’eau et de la rendre disponible pour divers usages est de s’assurer que les nappes phréatiques et les zones humides soient pleinement fonctionnelles et interconnectées.

Alors que les défis sociétaux – sécurité alimentaire, changement climatique, approvisionnement en eau, santé humaine… – n’ont jamais été aussi intenses, il est urgent de protéger et restaurer massivement les zones humides. Ce sont des solutions très efficaces, peu coûteuses et offrant de multiples bénéfices collatéraux. Des Solutions fondées sur la Nature. Notre assurance-vie.


Cet appel est porté par l’Association Ramsar France, la Tour du Valat et le Comité français de l’UICN

et est soutenu par :

Francis Hallé, botaniste ; Erik Orsenna, écrivain, membre de l’Académie française, Président de l’Initiative pour l’Avenir des grands fleuves ; Françoise Nyssen, éditrice et ancienne ministre ; Allain Bougrain Dubourg président de la LPO ; Jean-Paul Capitani, éditeur ; Vincent Munier, photographe ; Charlélie Couture, artiste ; Emma Haziza, hydrologue ; Jérôme Bignon, président de Ramsar France ; Maud Lelièvre, présidente du comité´français de l’Union internationale de conservation de la nature ; André Hoffmann, Fondation Tour du Valat ; Maja Hoffmann, Fondation LUMA Arles ; Vera Michalski-Hoffmann, Fondation Tour du Valat ; Frédérique Tuffnell, vice-présidente de Ramsar France ; Wolfgang Cramer, biologiste CNRS, Institut Méditerranéen Biodiversité et Ecologie ; Patrick Duncan, biologiste CNRS ; Marc-André Selosse, biologiste ; Rémi Luglia, président de la Société ´nationale de Protection de la Nature ; Véronique Andrieux, directrice générale , WWF France ; Charlotte Meunier, présidente de Réserves Naturelles de France ; Didier Babin, président du comité´français du programme Man and Biosphere ; Didier Réault, président de Rivages de France ; Jean Jalbert, directeur général de la Tour du Valat ; Jean-Marie Gilardeau, président du Forum des Marais Atlantiques ; Luc Barbier, vice-président du CEN Hauts de France ; Laurent Gode, secrétaire de Ramsar France ; Olivier Hubert, administrateur de Ramsar France ; Geneviève Magnon, présidente du Groupe d’études des Tourbières ; Michel Métais, président du Conseil de développement Rochefort-Océan ; Alain Salvi, administrateur délégué de la Fédération des Conservatoires d’Espaces Naturels ; Stéphan Arnassant, responsable du pôle Biodiversité et patrimoine naturel au PNR de Camargue ; l’Alliance méditerranéenne pour les zones humides.

 

 

 

[1] [35] WWF – Rapport Planète Vivante 2022

[2] [36] COP14 de la Convention de Ramsar

[3] [37] COP27 de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique

[4] [38] COP19 de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction

[5] [39] COP15 de la Convention sur la diversité biologique

[6] [40] Programme des Nations Unies pour l’environnement

[7] [41] Tourbières, lacs, marais, lagunes, rivières, mangroves, étangs, vallées alluviales, deltas, estuaires…

8ème édition des prix Ramsar pour la conservation des zones humides – Jérôme Bignon obtient le prix du mérite

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Jérôme Bignon, Président de l’Association Ramsar France, s’est vu décerner lundi 7 novembre 2022 le prix du mérite Ramsar pour la conservation des zones humides, à l’occasion de la 14ème Conférence des parties contractantes de la Convention.

Jérôme Bignon est récompensé pour son dévouement et sa contribution de longue date, dans le cadre de différentes fonctions, à la conservation des zones humides de France, grâce à l’adoption d’une législation visant à améliorer la conservation des zones humides.

Il a consacré sa vie à la préservation des espaces naturels, notamment des milieux marins, côtiers et de zones humides au cours des différentes fonctions qu’il a pu occuper : élu de sa région (la somme et la Picardie), député puis sénateur. Aujourd’hui retraité, il poursuit son engagement en continuant à sensibiliser les élus, mais aussi les citoyens, à l’importance des zones humides en tant que président de l’Association Ramsar France [42], dont la Tour du Valat est l’un des membres fondateurs.

Jérôme Bignon, récompensé par le prix du mérite lors 14ème Conférence des parties contractantes de la Convention – Novembre 2022 ©J.Jalbert/Tour du Valat

 

Dans son allocution qui a suivi la remise du Prix du mérite, Jérôme Bignon a rappelé son attachement viscéral aux zones humides ayant grandi dans la Somme, pays de zones humides. Cet engagement pour la mer, le littoral et les zones humides a été le fil conducteur de sa carrière politique et de son engagement dans la société civile. Il a rendu un hommage appuyé à Luc Hoffmann et à son action visionnaire et décisive, en le citant : « L’action menée depuis 60 ans est un encouragement à renforcer l’action collective, à susciter l’engagement de toujours plus d’hommes et de femmes pour que les zones humides demeurent ce lien vital, ce maillon essentiel pour la biodiversité et le bien-être humain ».

En 2015, le prix du mérite Ramsar pour la conservation des zones humides, à l’occasion de la COP12 de la Convention de la Convention à Punta del Este (Uruguay) avait été remis à la Tour du Valat (en savoir plus [43]).

Remise du prix du mérite Ramsar à la Tour du Valat, 12ème Conférence des parties contractantes de la Convention à Punta del Este (Uruguay), 2015 © M. Renaudin/Tour du valat

 

Les prix Ramsar pour la conservation des zones humides récompensent les contributions de particuliers, d’organisations et de gouvernements du monde entier à la promotion de la conservation et de l’utilisation rationnelle des zones humides. Ils ont été créés en 1996 lors de la 6ème Conférence des parties (COP6) et ont été décernés à sept reprises à l’occasion de chaque COP de la Convention sur les zones humides. Le prix du mérite est décerné en reconnaissance d’une contribution exceptionnelle ou d’un engagement de longue date en faveur de la conservation et de l’utilisation rationnelle des zones humides et des principes Ramsar.

 

1962-2022, 60 ans d’action en faveur des zones humides

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Novembre 2022. La 14e Session de la Conférence des Parties contractantes à la Convention de Ramsar (COP14) célébrant les zones humides d’importance internationale a lieu, sous une forme hybride, à Wuhan (Chine) et à Genève (Suisse). Elle rassemble des représentants de plus d’une centaine de pays, mais également de nombreuses ONGs, autour du thème « Agir pour les zones humides, c’est agir pour l’humanité et la nature »

Novembre 1962. Lors de la conférence de clôture, en Camargue, du projet MAR, piloté par Luc Hoffmann et la Tour du Valat, documentant pour la première fois sur des bases scientifiques la diminution des oiseaux aquatiques et la disparition massive des zones humides, des gouvernements, ONG et spécialistes des zones humides appellent à un traité international sur les zones humides. Une idée tout à fait révolutionnaire à une époque où n’existait encore aucun traité intergouvernemental sur l’environnement. Une utopie qui s’est concrétisée neuf ans plus tard par la signature de la Convention sur les zones humides d’importance internationale dans la ville de Ramsar, sur les bords de la mer caspienne. Le couronnement d’une décennie de travail acharné et d’habile diplomatie déployée par Luc Hoffmann [44] et de nombreuses personnes dévouées à la cause des zones humides.

Zone humide en Camargue © J. Jalbert/ Tour du Valat

Que de chemin parcouru depuis ! La convention de Ramsar [45] compte aujourd’hui 172 parties contractantes. Près de 2 500 sites ont été désignés zones humides d’importance internationale, couvrant près de 256 millions d’hectares.

Ce soixantième anniversaire est l’occasion de se rappeler le rôle critique joué par Luc Hoffmann et la Tour du Valat. A travers ce projet MAR (pour « MARshes, MARais, MArismas »), de nombreux acteurs ont été mobilisés pour la première fois à l’échelle Internationale, tels que l’Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles (aujourd’hui UICN-Union internationale pour la conservation de la nature [46]), le Bureau international de recherche sur la sauvagine et les zones humides, IWRB (aujourd’hui Wetlands International [21]), et le Conseil international pour la préservation des oiseaux, ICBP (aujourd’hui BirdLife International [47]). Des acteurs qui aujourd’hui encore sont à l’avant-scène de l’action pour la nature et les zones humides.

Intervention de Musonda Mumba (Secrétaire Générale de la Convention Ramsar) lors de la cérémonie d’ouverture de la COP14 Ramsar

 

Soixante ans après, force est de constater que, malgré l’action de la convention de Ramsar et des ONG, le sort des zones humides est de plus en plus préoccupant. Alors que les grands défis sociétaux – changement climatique, approvisionnement en eau, sécurité alimentaire…- n’ont jamais été si intenses, la Tour du Valat est plus que jamais investie au service des zones humides et des humains. Elle est très largement représentée lors de la cop 14 Ramsar [48] (du 5 et le 13 novembre 2022), prenant part aux débats et co-organisant plusieurs side-events [49], rappelant que la conservation et la restauration des zones humides sont des solutions très efficaces, peu coûteuses et offrant de multiples bénéfices collatéraux. Des Solutions fondées sur la Nature. Notre assurance-vie.


Participation De la Tour du Valat à la COP 14 (side events)

Monday, 7th November

Wetlands as Nature-based Solutions for Sustainable Development and Climate Change Mitigation [50]
Time: 19:45 CET
Venue: Room 3
Details:
 Wetland-based Solutions projectgathers a powerful network of expert organizations working to preserve and restore Mediterranean wetlands, which pool their expertise and experiences to improve skills, identify successful solutions, raise awareness, and spread best practices across the basin.
Lead organisation: MedWet
Partner organisations: MedSea Foundation, EuroNatur, WWF Tunisie, WWF Spain, Tour du Valat, IUCN ECARO, BirdLife Europe, IUCN-Med, MAVA Foundation

Wednesday, 9th November

Wetlands in Morocco : A Strategy and Partnerships for conservation and development of the Ramsar site network
Time: 18:30 CET
Venue: Hôtel Warwick
Lead organisation : ANEF (Agence Nationale des Eaux et Forêts)

3 key steps for successful wetland restoration [51]
Time: 19:45 CET
Venue: Room 14
Details:
 This session aims to disseminate tools and good practices for Contracting Parties and other stakeholders to embrace and implement national wetland restoration programmes. The session will particularly emphasize three key steps: how to develop/strengthen capacities, how to define a large-scale prioritisation strategy that integrates science-based evidence and social considerations, and how to monitor results.
Lead organisation: Ministry of Ecological Transition, France.
Partner organisations: Ministry of the Environment, Finland; IUCN Commission for Ecosystem Management; Tour du Valat; Metsähallitus, Parks & Wildlife Finland

Selected key results of the RESSOURCE project: (1) Promoting waterlily cultivation in the Senegal delta; (2) supporting the designation of the 4th Sudanese Ramsar site and (3) developing a MOOC on African waterbirds and wetlands [52]
Time: 19:45 CET
Venue: Plenary E
Details:
 The RESSOURCE Project, launched in 2017, is coordinated by FAO and implemented by technical partners with recognized expertise in birds & wetlands conservation and food security. Co-funded by the French Facility for Global Environment and the European Union, the project is the Sahelian component of the Sustainable Wildlife Management Programme (SWMP). During this side-event, three major results of the RESSOURCE project will be displayed: (1) Promoting waterlily cultivation in the Senegal delta; (2) supporting the designation of the 4th Sudanese Ramsar site and (3) developing a MOOC on African waterbirds and wetlands.
Lead organisation: Food and Agriculture Organisation of the United Nations (FAO)
Partner organisations: Higher Council for Environment and Natural Resources (Sudan) Tour du Valat (Unité de Soutien Technique à l’initiative africaine de l’AEWA) Office Français de la Biodiversité OMPO (Oiseaux Migrateurs du Palearctique Occidental) Fondation François Sommer

Thursday, 10th November

Wetlands mapping: Focus on National Initiatives [53]
Time: 18:30 CET
Venue: Room 14
Details:
 The side event would present a few national initiatives aiming to implement Earth Observation-based mapping tools in support of wetland inventories, by focusing on existing projects in different countries, in particular in Europe and Africa.
Lead organisation: Tour du Valat
Partner organisations: Ministère de la Transition Écologique (France), Office Français de la Biodiversité, Group on Earth Observation, GEO Wetlands, Agence Gabonaise d’Études et d’Observations Spatiales, European Space Agency, Wetlands Internartional, MedWet

GEO Wetlands Initiative: Supporting Global and National Wetlands Inventories with Earth Observations [54] 
Time: 19:45 CET
Venue: Room 14
Details:
 Participants will learn about the current applications of Earth Observation for wetlands, the future developments, and how GEO Wetlands intends to contribute to the implementation of the Ramsar Strategic Plan and support Contracting Parties in building their national wetland monitoring.
Lead organisation: Group on Earth Observations
Partner organisations: JAXA, ESA, Tour du Valat, AIRCAS, Data Terrra Frenh Researh Infrastructure, AGEOS, Wetlands International, soloEO, Earth Research Institute UC Santa Barbara, NASA, USGS, UNEP

Funding at Scale Wetlands and Freshwater Conservation and Sustainable Water Resource use: examples of successes and challenges from the Mediterranean [55]
Time: 
19:45 CET
Venue: Room 4
Details:
 Taking the Mediterranean as an example, this session will explore where are the opportunities for both fundraising and investment, based on demonstrated successes.
Lead organisation: MAVA Foundation
Partner organisations: Mediterranean Wetlands Initiative (MedWet), French Ministry of Ecology, Sustainable Development and Energy, Wetland-Based Solutions, Wetlands for Mediterranean Resilience, Vertigo Lab consultancy and Private Sector partner, MAVA Foundation

Saturday, 12th November

The Future of Wetlands – an Intergenerational Dialogue [56]
Time: 19:45 CET
Venue: 
Plenary C
Details:
 This side event will involve an intergenerational dialogue between youth who are working on wetlands, and a number of experienced wetland professionals. They will discuss the implementation of the youth draft resolution, key challenges to the wise use of wetlands in coming decades, synergies with other MEAs, and how to stay positive.
Lead organisation: Youth Engaged in Wetlands
Partner organisations: East Asia-Australasian Flyway Partnership (EAAFP), Wetlands International (WI), Wildfowl & Wetlands Trust (WWT), World Wide Fund for Nature (WWF), ASEAN Centre for Biodiversity (ACB), Ramsar Convention on Wetlands Secretariat (TBC), Mangrove Conservation

Nouvel article – Using literature and expert knowledge to determine changes in the bird community over a century in a Turkish wetland

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Cet article a été publié récemment dans la revue Marine & Freshwater Research [57]. L’article s’inscrit dans le cadre du doctorat de Dilara Arslan [58] brillamment obtenu au printemps 2022.

Agriculture dans le delta du Gediz, Turquie © Hellio & Van Ingen

Les changements de la biodiversité aviaire dans le delta du Gediz ont été évalués dans cet article via une veille bibliographique et des connaissances d’experts.

Ces résultats suggèrent que les changements de couverture et d’utilisation des sols ont façonné la communauté aviaire locale, avec un déclin des espèces d’oiseaux des zones agricoles et des prairies suite aux changements de pratiques agricoles. L’abondance des oiseaux des zones humides côtières et des oiseaux marins a augmenté, très probablement en raison de l’extension des marais salants et du succès des mesures de conservation.

Vous pouvez le retrouver sur le portail documentaire de la Tour du Valat [59].

 

Résumé :

Context: Bird species have been studied and documented abundantly in the past decades and are good indicators of ecosystem conditions, providing useful information of the changes in the ecological state of wetlands over time. However, monitoring data for birds in wetland sites are often disparate and not homogeneous over time and among species, which complicates the interpretation of trends.

Aims: We examined historical literature from 1835 to 2019, complemented by an expert knowledge survey and citizen-science databases to estimate the abundance of species, and evaluated changes in the structure and composition by average bird abundances.

Key results: Our results suggested that land-cover and land-use changes have shaped the local bird community, with a decline in agricultural and grassland bird species as a result of changes in agricultural practices. Coastal wetland and marine birds have increased in abundance, most probably linked to the extension of saltpans and successful conservation measures.

Conclusions: These trends in bird communities demonstrate the impacts of different land management strategies on biodiversity.

Implications: This methodology can be replicated in other Ramsar and wetland sites around the world to raise new conservation issues and improve site conservation.

 

Référence bibliographique :

D. Arslan, L. Ernoul, A. Bechet, Ö Döndüren, M. Siki and T. Galewski. Using literature and expert knowledge to determine changes in the bird community over a century in a Turkish wetland. 2022 Marine & Freshwater Research  https://doi.org/10.1071/MF21332 [60]