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Nouvel article – Les aires protégées françaises face aux approches conceptuelles « Une seule santé – Ecohealth »

Cet article a été publié dans la revue Environnement, Risques & Santé [1].

Prélèvements de parasites sur les excréments de bovins en Camargue © J.E. Roché

Cet article traite de la place importante que peuvent prendre les espaces protégés dans l’application de l’approche One Health. Il discute des différents outils à leur disposition pour s’inscrire comme des interfaces privilégiées d’action, directement connectées aux objectifs de développement durable de l’Agenda 2030, garantissant notamment la santé et le bien-être pour tous.

Vous pouvez le retrouver sur le portail documentaire de la Tour du Valat [2].

Résumé :

Face aux défis planétaires de biodiversité et de changements globaux, les aires protégées (AP) sont armées pour agir dans la préservation des trois santés : humaine, animale et écosystémique. Les AP françaises jouent un rôle pivot comme sites privilégiés de la mise en pratique du concept « Une seule santé ».

Les AP appliquent un modèle concret territorialisé de système socio-écologique basé sur l’interdépendance entre société humaine et nature et sur une dynamique d’échanges de biens et de services écosystémiques et anthropiques. Elles disposent d’un panel d’outils ayant pour but le maintien d’un bon équilibre global. Valorisant des exemples opérationnels de mise en pratique du concept « Une seule santé » sur le terrain, l’article fournit une boîte à outils déclinée en quatre grandes catégories d’action favorisant le bon fonctionnement des systèmes socio-écologiques. Les outils de pérennisation y sont illustrés par les réseaux sentinelles alpins. Les outils d’équilibration détaillent le rôle fondamental et certains principes de gestion de la faune sauvage. Les outils de gouvernance variés fournissent des cadres contractuels et adaptés aux territoires. Enfin, les outils d’ouverture sont présentés comme des éléments clés permettant la mise en réseau d’acteurs et la construction de solutions fondées sur la nature. Les AP sont ainsi les interfaces privilégiées d’action, directement connectées aux objectifs de développement durable de l’Agenda 2030, garantissant notamment la santé et le bien-être pour tous.

Référence bibliographique :

Durand T, Fleury O, Heuret M, Mougey T, Schwoehrer C, Vittecoq M [3]. Les aires protégées françaises face aux approches conceptuelles « Une seule santé – Ecohealth ». Environ Risque Sante 2022 ; 21 : 227-234. doi : 10.1684/ers.2022.1649

 

Nouvel article – Mettre en pratique l’approche « Une seule santé » : Au-delà du « comment » se poser la question du « pourquoi »

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Cet article a été publié dans la revue Environnement, Risques & Santé [1].

Cet article propose une réflexion sur le sens de cette approche et les difficultés à la mettre réellement en œuvre. Les différentes définitions de la santé selon qu’on l’applique aux humains, aux animaux ou aux écosystèmes y sont notamment discutées ainsi que les enjeux associés. L’article souligne la nécessité d’un dialogue continu entre les acteurs des différents secteurs impliqués et suggère d’accepter que les objectifs et la mise en œuvre des actions dans le cadre de la progression de l’approche « Une seule santé » soient dynamiques comme toute approche du vivant.

Vous pouvez le retrouver sur le portail documentaire de la Tour du Valat [4].

Résumé :

Le « pourquoi » de notre volonté de mettre en pratique l’approche « Une seule santé » peut nous sembler évident. Cependant, questionner ce sens à la croisée des différents secteurs et disciplines mis en jeu par cette approche s’avère délicat. Dans cet article, nous cherchons à comprendre ce qui sous-tend cette difficulté à répondre à une question simple en apparence. Nous soulignons notamment les divergences de définition de la santé lorsqu’elle s’applique aux humains, aux animaux ou aux écosystèmes. Nous remarquons également que, si la santé des végétaux est incluse dans l’approche « Une seule santé », elle n’y apparaît pas aussi clairement que celle des animaux, ce qui interroge notamment la place des végétaux cultivés au sein de ce concept. Suite à cette constatation, nous suggérons de représenter les liens entre les différentes santés en montrant l’emboîtement des compartiments concernés plutôt que leur simple juxtaposition. De plus, conscients qu’il n’existe pas de solution simple pour faire converger définitions et objectifs des différents secteurs impliqués, nous soulignons la nécessité d’un dialogue continu et dynamique entre les acteurs de ces secteurs. Enfin, considérant que le travail sur le vivant est par essence dynamique, nous suggérons d’accepter que les objectifs et la mise en œuvre des actions dans le cadre de la progression de l’approche « Une seule santé » soient eux aussi dynamiques.

Référence bibliographique :

Vittecoq M [3]. Mettre en pratique l’approche « Une seule santé » : Au-delà du « comment » se poser la question du « pourquoi ». Environ Risque Sante 2022 ; 21 : 201-204. doi : 10.1684/ers.2022.1646

 

Thèse de Dilara Arslan – Étude Comparative de la Biodiversité Entre les Habitats Naturels, Urbanisés et Agricoles du Delta du Gediz En Turquie

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Dilara Arslan [5], doctorante à la Tour du Valat a soutenu avec succès sa thèse de doctorat le 10 mai 2022 intitulée : “Étude Comparative de la Biodiversité Entre les Habitats Naturels, Urbanisés et Agricoles du Delta  du Gediz En Turquie”, dans le cadre de l’école doctorale Sciences et Agrosciences de l’Université d’Avignon.

Elle a réalisé son doctorat sous la direction du Dr. François Mesléard, directeur de recherche à la Tour du Valat et Professeur associé, IMBE, Avignon Université et le co-encadrement du Dr. Arnaud Béchet, directeur de recherche à la Tour du Valat et du Dr. Lisa Ernoul, chargée de recherche à la Tour du Valat.

Accéder aux informations sur la thèse de Dilara. [6]

 

 

Référence bibliographique complète :

Arslan D. 2022. Modélisation de la répartition spatio-temporelle des oiseaux d’eau en Camargue – un outil pour la gestion. Thèse d’état sous la direction de François Mesléard, Arnaud Béchet et Lisa Ernoul, Institut de recherche pour la conservation des zones humides Tour du Valat. École Doctorale Sciences et Agrosciences (N°536). Université d’Avignon,  162 p.

Soutenance de thèse de Dilara Arslan © C. Suard

Importance du paysage autour des parcelles pour préserver la biodiversité dans les milieux agricoles de Camargue

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Suite à une étude menée par la Tour du Valat aux côtés d’Alpina Savoie [7], des recommandations émergent et un guide de bonnes pratiques à destination des agriculteurs est en préparation. Cette étude démontre qu’au-delà des pratiques propres à l’agriculture biologique, déjà très favorables, préserver les milieux semi-naturels, les haies, les bandes enherbées et les canaux autour des parcelles a un impact déterminant sur la biodiversité. Il apparait donc nécessaire, pour favoriser le retour de la biodiversité, de diversifier les paysages autour des zones de cultures.

En Camargue, Alpina Savoie travaille depuis de nombreuses années avec la structure agricole BIOSUD pour mettre au point des techniques culturales qui reposent sur l’absence d’usage de produits phytopharmaceutiques, même ceux d’origine naturelle et autorisés en agriculture biologique.

Sur ces terres, depuis trois ans, les chercheurs de l’Institut de recherche de la Tour du Valat, soutenus financièrement par Alpina Savoie, observent et évaluent l’effet du paysage pour aller encore plus loin et faire rimer performances agricoles et régénération de la biodiversité (pour en savoir plus sur ce projet [8]). Un travail commun qui s’inscrit dans la mission d’Alpina Savoie de proposer aux consommateurs, des produits sains, savoureux, issus de cultures durables et transformés dans le respect de l’environnement.

Cette étude démontre qu’au-delà des pratiques propres à l’agriculture biologique, déjà très favorables, préserver et restaurer le paysage autour des parcelles a un impact déterminant sur la biodiversité accueillie dans les milieux agricoles.

 

 

Il apparait donc nécessaire, pour favoriser le retour de la biodiversité, d’encourager les agriculteurs à :

© Lionel Roux / TDV

 

Pour donner suite à cette première étude, les chercheurs ont ainsi émis des recommandations qui se traduisent par l’installation, par la Tour du Valat et Alpina Savoie, de gîtes à chauve-souris et de nichoirs pour favoriser la nidification des oiseaux (pour en savoir plus [9]). Les nichoirs et gîtes mis en place sur les fermes sont adaptés à des espèces auxiliaires de culture, c’est-à-dire des espèces qui consomment des ravageurs des cultures. En renforçant l’accueil de ces espèces sur les territoires agricoles, on s’attend à un impact positif sur la restauration de la biodiversité, les cultures et leurs rendements.

La démarche s’accompagne de la diffusion de fiches techniques pour l’entretien des nichoirs à destination des agriculteurs, disponible sur la page du projet [9].

Source : Alpina Savoie [7]

 

Le delta intérieur du Khor Abu Habil désigné quatrième site Ramsar du Soudan

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Le delta intérieur du Khor Abu Habil a été reconnu zone humide d’importance internationale désigné par le Soudan au titre de la Convention de Ramsar. Le Soudan a inscrit ainsi le 19 juillet 2022 son quatrième site Ramsar. [10]

Delta intérieur du Khor Abu Habil © Alizée Chiappini

Fruit d’une étroite collaboration depuis 2012 entre la Wildlife Conservation General Administration (WCGA), le Haut-commissariat pour l’environnement et les ressources naturelles (HCENR), l’AAO/Birdlife [11] Tunisie, la Sudanese Wildlife Society [12], l’Université de Sennar, le Wildlife Research Center du Soudan [13], l’Office Français de la Biodiversité [14] et la Tour du Valat [15], ce site de près 9 500 km² a été officiellement désigné site Ramsar le 19 juillet 2022.

Dans le cadre du projet Ressource [16] coordonné par la FAO et co-financé par le FFEM et l’UE, l’équipe mixte Tour du Valat [17]et  Office Français de la Biodiversité [14] a soutenu ses partenaires soudanais : la Wildlife Conservation General Administration (WCGA) et le Haut conseil pour l’environnement et les ressources naturelles (HCENR) de l’identification sur le terrain à la déclaration officielle, en passant par le zonage et la concertation locale et nationale, pour parvenir à cette désignation d’un nouveau site Ramsar, le 4ème au Soudan : le delta intérieur du Khor Abu Habil.

Ce delta endoréique est constitué de centaines de mares sahéliennes temporaires qui apparaissent à la crue puis s’assèchent au milieu de dunes de sables, de bois d’acacias et d’une savane désertique parcourue par des éleveurs nomades.

© Jean-Yves Mondain-Monval & Pierre Defos © Jean-Yves Mondain-Monval & Pierre Defos du Rau
© Alizée Chiappini
© Jean-Yves Mondain-Monval & Pierre Defos du Rau

10 ans après la découverte par cette équipe Franco-soudanaise de ce site exceptionnel pour l’accueil des oiseaux d’eau migrateurs européens, cette proposition de création d’une zone Ramsar de 9 500 km² a été présentée au Comité National Ramsar soudanais et à tous les représentants locaux qui se sont tous déclarés favorables à cette désignation. Ces premières étapes pour la désignation du delta intérieur du Khor Abu Habil ont été captées sur le terrain par Alizée Chiappini [18] et Camille Barbé en décembre 2020. Ce film didactique sur les étapes de désignation d’une zone Ramsar a été co-financé par la Fondation François Sommer [19] et par le Ministère de la Transition Ecologique.

Le film ci-dessous (réalisation Alizée Chiappini et Camille Barbé) est disponible également en anglais [20] et en arabe [21].

 

Contacts : Clémence Deschamps [22] (Tour du Valat), Jean-Yves Mondain-Monval et Pierre Defos du Rau (OFB)

Nouvel article – Au-delà des pathogènes, l’écologie de la santé au service de la conservation en Camargue

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Marion Vittecoq [3] et Michel Gauthier-Clerc co-signent le chapitre d’ouverture « Au-delà des pathogènes, l’écologie de la santé au service de la conservation en Camargue » du livre intitulé « Sortir des crises – One Health en pratiques » publié aux éditions Quae [23].

L’approche One Health consiste à souligner les interdépendances entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes. Grâce à la collaboration de chercheurs et de praticiens de multiples disciplines allant de la philosophie à l’écologie en passant par les sciences politiques, cet ouvrage propose une vision concrète de la mise en pratique de cette approche à travers la lecture des enjeux et des problèmes sanitaires dans un monde globalisé. Le chapitre d’ouverture revient sur le développement progressif des études en écologie de la santé appliquant l’approche One Health portées par la Tour du Valat depuis le début des années 2000. Cet ouvrage s’adresse aux professionnels et étudiants intéressés par les questions de santé publique, les crises sanitaires et l’approche One Health.

Nouvel article – Multiresistant Enterobacteriaceae in yellow‐legged gull chicks in their first weeks of life

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Cet article vient d’être publié dans la revue Ecology and Evolution. [24]

Goéland leucophée © Irène Badone

On sait aujourd’hui qu’au-delà des populations humaines et des élevages on retrouve couramment des bactéries antibiorésistantes au sein des écosystèmes naturels, notamment dans l’eau et chez la faune sauvage. Les goélands présents en milieu urbain tels que les goélands leucophées font partie des espèces opportunistes proches de l’homme qui sont particulièrement fréquemment porteuses de ces bactéries. Dans cette nouvelle étude nous cherchons à comprendre les dynamiques spatiales et temporelles de portage de ces bactéries au sein d’une colonie entre l’éclosion et l’envol des poussins. Aucune structuration spatiale n’est identifiée. En revanche nous montrons que la proportion d’individus porteurs et la diversité des bactéries antibiorésistantes portées augmentent au cours de la saison. Ces résultats illustrent la complexité du portage d’antibiorésistances chez la faune sauvage et la nécessité de la prendre en compte pour mieux comprendre les dynamiques des antibiorésistances au sein des écosystèmes.

Vous pouvez le retrouver sur le portail documentaire de la Tour du Valat [25].

Résumé :

Wild animal species living in anthropogenic areas are commonly carriers of antimicrobial-resistant bacteria (AMRB), but their role in the epidemiology of these bacteria is unclear. Several studies on AMRB in wildlife have been cross-sectional in design and sampled individual animals at only one point in time. To further understand the role of wildlife in maintaining and potentially transmitting these bacteria to humans and livestock, longitudinal studies are needed in which samples are collected from individual animals over multiple time periods. In Europe, free-ranging yellow-legged gulls (Larus michahellis) commonly live in industrialized areas, forage in landfills, and have been found to carry AMRB in their feces. Using bacterial metagenomics and antimicrobial resistance characterization, we investigated the spatial and temporal patterns of AMRB in a nesting colony of yellow-legged gulls from an industrialized area in southern France. We collected 54 cloacal swabs from 31 yellow-legged gull chicks in 20 nests on three dates in 2016. We found that AMRB in chicks increased over time and was not spatially structured within the gull colony. This study highlights the complex occurrence of AMRB in a free-ranging wildlife species and contributes to our understanding of the public health risks and implications associated with ARMB-carrying gulls living in anthropogenic areas.

Référence bibliographique : Vittecoq M, Brazier L, Elguero E, Bravo IG, Renaud N, Manzano-Marín A, Prugnolle F, Godreuil S, Blanchon T, Roux F, Durand P, Renaud F, Thomas F. Multiresistant Enterobacteriaceae in yellow-legged gull chicks in their first weeks of life. Ecol Evol. 2022 Jun 11;12(6):e8974.

La cartographie au service de la restauration des zones humides méditerranéennes – Questions à Dania Abdul Malak

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Dania Abdul Malak [26] est la Directrice du Centre Thématique Européen de l’Université de Malaga (ETC-UMA) en Espagne. Elle a plus de 15 années d’expérience en évaluation et gestion environnementale. Ses recherches sont centrées sur l’établissement de règles transférables pour appliquer une gestion basée sur les écosystèmes à la conservation de la nature et à la protection de la biodiversité à l’échelle régionale, y compris en Méditerranée et en Europe.

Elle répond ci-dessous aux questions de la Tour du Valat concernant la cartographie au service de la restauration des zones humides méditerranéennes.

 

1. Quels sont les principaux défis et obstacles pour développer une plateforme de données et de connaissances harmonisée et exhaustive sur les écosystèmes humides méditerranéens ?

La mise en place d’une plateforme de connaissances méditerranéennes sur les écosystèmes humides est une étape essentielle pour atteindre une compréhension commune sur leur étendue spatiale, leur répartition géographique et leur état de conservation à l’échelle régionale. Une telle base de connaissances harmonisée peut être un excellent outil d’aide à la décision et à la gestion, qui appuierait des actions concrètes, visant à maintenir les zones humides méditerranéennes en bonne santé.

Malgré divers efforts déployés ces dernières décennies, de nombreuses lacunes subsistent encore en terme de connaissances sur les zones humides méditerranéennes, notamment leur répartition géographique, leur étendue spatiale et l’état de la biodiversité qu’elles abritent.

Afin de surmonter ces défis, il est nécessaire de trouver des moyens efficaces de collaboration pour combler les lacunes, améliorer les connaissances actuelles, construire, maintenir et enrichir une base de données à l’échelle régionale. Il existe différentes situations et différents niveaux de défis en Méditerranée :

o   Le Sud et l’Est de la Méditerranée manquent encore de moyens pour réaliser et/ou mettre à jour des inventaires locaux et nationaux consolidés de zones humides et ont besoin d’un financement approprié pour maintenir les systèmes de suivi en place. Les accords sur les bases de données ouvertes et les politiques de partage pour soutenir les efforts régionaux de compilation et d’harmonisation des connaissances à l’échelle méditerranéenne sont également insuffisants.

o   D’autre part, la partie européenne du bassin méditerranéen dispose d’une base de connaissances plus complète et accessible, mais des lacunes subsistent encore en termes d’harmonisation des définitions utilisées et d’affinement des processus de cartographie et de suivi, afin que les résultats puissent être plus comparables à l’échelle régionale.

 

2. Comment relever ces défis ?

La collaboration entre les scientifiques pour se mettre d’accord sur une base commune pour la définition, la délimitation et la catégorisation des habitats humides, afin de faciliter la mise en place d’une base de connaissances régionale est essentielle. Ce n’est qu’ainsi qu’elle pourra devenir une référence pour soutenir les actions de gestion et de restauration, ainsi que les décisions en faveur d’une meilleure conservation de ces milieux à l’échelle de la région.

Les accords sur les politiques de partage des données sont essentiels pour s’assurer de leur disponibilité et de leur bon usage en faveur de la conservation des zones humides en Méditerranée.

Des mises à jour et des mises à niveau régulières des connaissances existantes et nouvellement développées aux différentes échelles sont également nécessaires. En effet, bien souvent les données sont déjà disponibles localement, mais ne sont pas harmonisées aux niveaux national et pan-méditerranéen et très faiblement partagées et diffusées.

Il est essentiel d’investir de manière plus ciblée dans des dispositifs de coordination pour assurer le développement et la mise à jour des inventaires nationaux des zones humides dans l’ensemble du bassin. Un tel dispositif opérationnel réduirait le grand déficit de données et de connaissances entre les rives nord et sud de la Méditerranée.

If faut inciter à des actions de collaboration entre les gestionnaires de zones humides, les chercheurs et les partenaires institutionnels dans l’ensemble du bassin, afin de convenir de normes communes pour harmoniser les rapportages internationaux concernant ces milieux.

Une « collaboration vers un objectif commun », entre l’ensemble des parties prenantes (scientifiques, gestionnaires et institutionnelle) reste clé.

 

3. Comment pensez-vous qu’une telle plateforme de données et de connaissances pourrait nous aider à améliorer la gestion et la restauration des zones humides méditerranéennes ?

La cartographie réalisée des zones humides méditerranéennes est complétée par une évaluation de l’état de leur biodiversité, visant à mettre en évidence les zones prioritaires pour des actions de conservation et/ou de restauration et à soutenir les efforts régionaux de plaidoyer pour une gestion plus efficace de ces écosystèmes, en tant que Solutions fondées sur la Nature (SfN).

Elle permet d’aider à localiser les points chauds, où les enjeux de conservation (ex. fort taux d’endémisme), croisés avec les pressions sont élevés et, donc, à mieux orienter les efforts de conservation et de restauration et à guider les aspirations pour un développement plus durable et plus respectueux des milieux humides dans l’ensemble de la région.

Les différentes typologies d’habitats humides identifiées et différenciées dans cette base de connaissances permettent d’inclure tous les types de zones humides, naturelles et artificielles, ainsi que les zones humides dégradées, ayant perdu tout ou partie de leurs fonctions écologiques. Ces connaissances sur les habitats humides, leur sensibilité biologique ainsi que leur état et les pressions qu’ils subissent, combleront un important manque et pourront alors être directement intégrées dans les politiques de gestion et de restauration de ces milieux.

Enfin, les plans, schémas et politiques de gestion, à différentes échelles géographiques, doivent être adaptables, incluant le plus possible les données et connaissances issues de cette plateforme, afin de promouvoir la conservation des zones humides méditerranéennes et leur utilisation rationnelle, en s’appuyant sur l’approche écosystémique intégrant les contextes hydro-écologiques de ces milieux.

 

4. Après la publication du rapport « Cartographie et évaluation de l’état des écosystèmes humides : une perspective méditerranéenne » en 2022, comment la communauté scientifique peut-elle contribuer à sensibiliser les décideurs, et la société en général, à l’importance de préserver les zones humides et la biodiversité qu’elles abritent ?

Les zones humides sont vitales pour les économies méditerranéennes. Cependant, leur importance est souvent largement sous-estimée par la société et les décideurs et elles sont souvent considérées comme des habitats inutiles remplis de moustiques.

Le succès des plans de conservation visant à garantir une amélioration de l’état des zones humides doit être guidé par des éléments factuels basés sur la science et orienté par les connaissances et les conseils des communautés locales.

Il est donc pertinent de sensibiliser à leur importance en s’appuyant sur les éléments apportés par ce rapport récemment publié en collaboration entre des institutions régionales clés, dont la Tour du Valat.

La communauté scientifique doit consolider les liens avec les communautés locales qui connaissent le mieux l’importance des zones humides et chercher à les impliquer dans la sensibilisation à la nécessité de conserver et d’utiliser durablement ces milieux.

Sensibiliser pour changer cette vision, convaincre, et promouvoir l’utilisation et la gestion durables des zones humides est crucial pour leur avenir. La sensibilisation des plus jeunes est souvent négligée, mais elle devrait être mise en place à grande échelle afin d’accroître la reconnaissance de l’importance de la biodiversité des zones humides et de la protection de leurs habitats contre les menaces qui pèsent sur eux, afin de limiter leur perte et dégradation en Méditerranée.

Enfin, la sensibilisation des communautés au rôle important des zones humides en tant qu’alliées pour lutter contre le changement climatique, est tout aussi nécessaire et requière un travail éducatif important à tous les niveaux.

 

La cartographie au service de la restauration des zones humides méditerranéennes

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Cartographie des zones humides méditerranéennes – Quel potentiel pour la restauration des habitats humides perdus ?

Afin de mieux caractériser l’état de santé des zones humides méditerranéennes, les changements qu’elles subissent sur de grandes échelles spatiales et temporelles et de pouvoir, ainsi, cibler les mesures de conservation et de restauration les plus adaptées, il est souvent crucial de disposer de données cartographiques de qualité sur ces milieux, renseignant sur leur localisation, délimitation, les types d’habitats qui les composent, les principaux services écosystémiques qu’ils rendent ainsi que les menaces qui pèsent sur eux. D’ailleurs, ces données cartographiques, telles que les inventaires nationaux des zones humides, ont toujours été considérés par la Convention de Ramsar [27] comme un instrument clé sur lequel fonder les politiques nationales visant à une utilisation rationnelle de ces écosystèmes. En outre, il est évident que le développement et la mise en œuvre des stratégies liées aux zones humides nécessitent des connaissances de base sur ces écosystèmes. Le manque de données et d’information fiables sur les zones humides d’un pays constitue, souvent, un des handicaps majeurs pour la mise en place de mesures de conservation, de valorisation et de restauration efficaces.

Les données issues des technologies d’Observation de la Terre (OT) offrent la possibilité de répondre à ces besoins de suivi de manière précise, exhaustive, harmonisée et à faibles coûts. Depuis plus de dix ans aujourd’hui, la Tour du Valat a développé une véritable expertise dans ce sens, qu’elle met désormais à disposition des différents partenaires institutionnels et issus de la société civile, dans tous les pays méditerranéens. Celle-ci découlant essentiellement des projets ESA GlobWetland-II (2010-2014) et Horizon-2020 Satellite-based Wetlands Observation Service [28] (2015-2019), auxquels notre équipe a participé activement.

Dans ce contexte, l’Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes [29] (OZHM) développe une approche cartographique innovante visant à mieux cibler les zones où des habitats humides perdus peuvent être recréés et restaurés. Celle-ci se base sur la cartographie des Zones Humides Potentielles (ZHP) à grande échelle, à l’aide de données hydro-écologiques (ex. topographie, écoulement de surface, géologie…), combinées avec des variables climatiques, sur les dynamiques des eaux de surface, en plus d’une couche pour masquer les zones bâties. Le résultat est une carte pan-méditerranéenne indiquant la probabilité de présence d’habitats humides, selon les critères listés plus haut (Figure 1a et 1b).

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Figure 1a. Carte pan-méditerranéenne des Zones Humides Potentielles

Celle-ci pourrait donc aider à localiser et à délimiter les anciennes zones humides ayant été transformées à cause soit des activités humaines, soit par drainage ou suite à leur conversion vers d’autres types d’usage des sols, tels que l’agriculture par exemple. De ce fait, cette carte des Zones Humides Potentielles pourrait être utilisée comme support afin de mieux prioriser les zones pour de futures actions de restauration.

[31]
Figure 1b. Zoom sur la région des Aurès et son complexe de zones humides des Hauts Plateaux en Algérie

Croisée avec d’autres données spatialisées, telles que celles sur l’occupation du sol, ou encore les statuts de protection, cette carte des Zones Humides Potentielles permettrait aussi d’estimer, de manière très qualitative, l’effort nécessaire afin de restaurer les habitats humides perdus. Une première analyse a été effectuée dans ce sens pour la partie nord du bassin méditerranéen et le résultat est illustré dans la Figure 2a.

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Figure 2a. Carte représentant les habitats humides perdus, avec une estimation qualitative de l’effort nécessaire pour leur restauration

 

Grâce à ce résultat, on peut aisément repérer certaines grandes zones humides qui ont été complètement drainées, telles que les marais de Maliqi en Albanie (Figure 2b), asséchées et convertis en terres cultivées pendant les années 1940-1950, essentiellement pour la production de la betterave sucrière.

[33]
Figure 2b. Focus sur les marais de Maliqi en Albanie

 

 

Ces nouvelles données, produites par l’OZHM, seront bientôt mise à disposition pour l’ensemble des partenaires de la Tour du Valat et pourront, donc, être utilisées par tous les acteurs œuvrant pour la bonne gestion des zones humides en Méditerranée comme base de référence afin de mieux localiser et prioriser les efforts de conservation et de restauration à grande échelle (nationale et/ou régionale).


Contact : Anis Guelmami [34] (e-mail [35]), chef de projet – Thème dynamiques des zones humides et gestion de l’eau

 

 

 

 

 

Retour sur la formation « Restauration écologique des zones humides »

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Atelier de formation sur « la restauration écologique des zones humides » pour gestionnaires et praticiens des zones humides

Cette formation, organisée par la Tour du Valat [36], avec le soutien de MedWet, dans le cadre du projet « renforcement de la restauration des zones humides Méditerranéennes pour l’homme et la nature », coordonné par le WWF Espagne et financé par la Fondation MAVA s’est déroulée du 20 au 22 Juin 2022, en virtuel (streaming et enregistrement), incluant des « visites virtuelles sur le terrain ».

Les participants étaient des gestionnaires et des techniciens des zones humides de différents sites de restauration autour du bassin méditerranéen.

Facilitateurs : François Mesléard, Hugo Fontes, Patrick Grillas, Loïc Willm, Brigitte Poulin, Gaëtan Lefebvre et Marc Thibault (Tour du Valat)

Les thèmes principaux abordés pendant cette formation étaient :

Les 3 demi-journées de formation sont maintenant disponibles en replay (les versions en anglais sont également disponibles en passant sur la version anglaise de cette page) :

 

20 juin

1. Historique de la restauration et cadre théorique

 

2. Visite virtuelle du site (Anciens salins)

 

21 juin

1. Expériences et pratiques de restauration des zones humides méditerranéennes

 

2. Visite virtuelle du site (marais temporaires de Camargue)

 

 

22 juin

1. Adaptation de la restauration au changement climatique (Mar-o-Sel)

 

 

2. Visite virtuelle du site (Cassaïre)

 

 

Contact : Lisa Ernoul, [email protected] [37]

Une rencontre du 3e type réussie à la Tour du Valat

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La Tour du Valat a accueilli le samedi 2 juillet dernier une soirée [38] organisée en partenariat avec le Citron Jaune [39] qui explorait le dialogue entre humain·e·s et non humain·es avec 3 prestations uniques en leur genre.
Climal, avec une performance chorégraphique in situ issue d’une semaine d’observation du mouvement des chevaux de camargue de la Tour du Valat.

Animale, dans laquelle Nathalie Pernette mêlait la danse avec des souris et des échanges avec le public autour de ces petits êtres.

De la sexualité des Orchidées, qui nous a proposé une dissection du vivant pleine d’humour sous la forme d’une conférence spectacle.

Devant une centaine de personnes, Balkis Moutashar et ses danseurs (Climal), Nathalie Pernette (Animale) et Sofia Teillet – l’Amicale (De la sexualité des Orchidées) nous ont livré leur vision du dialogue avec animaux ou végétaux.

Un échange entre arts et sciences, pour tenter de rétablir le dialogue, animé par Virginie Maris, Philosophe de l’environnement – CNRS, Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive à Montpellier est venu compléter cette soirée à la Rencontre du 3e type.

 

 

Le Rhône, un nouveau récit camarguais

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Découvrez le site www.lerhone.org [40] sur lequel vous pourrez retrouver 3 films documentaires (dont un sur la Camargue) et une liste d’acteurs qui proposent des solutions pour l’eau le long du fleuve !

InTent [41] et Waterpreneurs [42] ont réalisé ces films documentaires en 3 épisodes, portant sur les enjeux et solutions liés à l’eau le long du fleuve Rhône, entre la Suisse et la France. Ces documentaires ont été présentés en avant-première au forum « Innovate4Water » [43] organisé en partenariat avec la Tour du Valat.
Ils sont disponibles sur le site www.lerhone.org [40]. Ce site a vocation à être partagé et les documentaires sont visionnables gratuitement.
Le 3e épisode se focalise sur la Camargue, et présente les enjeux liés à la ressource à l’embouchure du fleuve, avec la pression de la mer, la zone humide à protéger, et les récits à imaginer pour une gestion intégrée de la ressource, équilibrée avec la biodiversité.

1. Le premier épisode, sur le Rhône frontalier, présente les enjeux liés à la gestion sédimentaire du fleuve, l’impact des barrages hydroélectriques, et l’équilibre à trouver avec les besoins écologiques.

2. Le deuxième épisode, tourné en Valais, présente les enjeux liés au partage de la ressource entre agriculture, vie humaine, biodiversité, et les “corrections” que les hommes proposent pour trouver des équilibres.

3. Enfin, le troisième épisode se focalise sur la Camargue, et présente les enjeux liés à la ressource à l’embouchure du fleuve, avec la pression de la mer, la zone humide à protéger, et les récits à imaginer pour une gestion intégrée de la ressource, équilibrée avec la biodiversité.

Réalisateurs : InTent et Waterpreneurs

Producteur : V&S – Victor et Simon