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Du stress hydrique à la sécurité hydrique : les zones humides, un atout stratégique pour la Méditerranée

Le 5 février 2026, l’Observatoire des zones humides de la Méditerranée a eu l’honneur de co-organiser le dialogue politique « Du stress hydrique à la sécurité hydrique : les zones humides, un atout stratégique pour la Méditerranée » au Parlement européen, dans le cadre de la Journée Mondiale des Zones Humides.

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Du stress hydrique à la sécurité hydrique : les zones humides, un atout stratégique pour la Méditerranée © Leonardo Vitale, WIEA

Cet évènement s’est déroulé aux côtés de Wetlands International Europe, de la Fondation Global Nature et en collaboration avec MedWet, sous l’égide des députés européens César Luena et Jutta Paulus. La Commission européenne était également représentée, notamment par la commissaire pour la Méditerranée, Dubravka Šuica, aux côtés de Flore Lafaye de Michaux pour la Convention de Ramsar.

Les zones humides méditerranéennes constituent un atout stratégique pour la sécurité hydrique, l’adaptation au changement climatique et la stabilité socio-économique dans toute la région. Pourtant, le rapport régional MWO-3 alerte sur leur dégradation continue et systémique [2] : historiquement, plus de 56 % des zones humides naturelles des pays méditerranéens ont déjà disparu, principalement en raison de la conversion des terres [3].

Réunissant des décideurs politiques de l’UE, des partenaires méditerranéens et des experts scientifiques et politiques, l’événement a mis en évidence un message clair : la perte des zones humides n’est pas inévitable. Lorsque les cadres de gouvernance sont cohérents, que les besoins écologiques en eau sont satisfaits et que la restauration est financée de manière adéquate, les zones humides se rétablissent significativement et sont ainsi en mesure de continuer de soutenir des secteurs clés tels que l’agriculture, la pêche et le tourisme.

Les discussions ont porté sur la manière dont les principaux cadres politiques de l’UE, notamment le règlement sur la restauration de la nature, la stratégie européenne pour la résilience dans le domaine de l’eau et le pacte pour la Méditerranée, peuvent favoriser la restauration à grande échelle des zones humides, les investissements et une coopération plus étroite entre l’UE et la Méditerranée en matière de résilience hydrique et d’adaptation au changement climatique.

La protection et la restauration des zones humides méditerranéennes ne sont pas seulement une priorité en matière de conservation : elles constituent un investissement stratégique dans la sécurité de l’approvisionnement en eau, la résilience climatique, la biodiversité et la stabilité régionale.

Vous souhaitez en savoir plus ?

📄 Téléchargez notre note d’orientation : « Restaurer les zones humides pour la sécurité de l’approvisionnement en eau, la résilience climatique et la biodiversité ». [4]

Protection des zones humides : L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et la Tour du Valat renouvellent leur partenariat

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Le 30 janvier aux Saintes-Maries-de-la-Mer, la Tour du Valat et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse ont renouvelé leur partenariat pour la connaissance, la gestion et la protection des milieux humides.
Cette signature s’inscrivait dans le cadre du lancement de la Journée mondiale des zones humides 2026 en Camargue, marquée également par le renouvellement de l’accord-cadre entre l’Agence de l’eau et le Conservatoire du Littoral, témoignant ainsi de l’engagement collectif en faveur de la préservation des zones humides.

Signature des accords-cadres. (De gauche à droite : Nicolas MOURLON, Directeur général de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse ; Hélène SYNDIQUE, Directrice adjointe du Conservatoire du littoral ; Jean JALBERT, Directeur Général de la Tour du Valat)

10 ans de collaboration au service de la connaissance des zones humides

Ce troisième accord-cadre entre l’Agence de l’Eau et la Tour du Valat vient couronner dix années d’une collaboration fructueuse dédiée à la connaissance, à la gestion innovante et à la restauration des zones humides.

En appui au 12ème programme d’intervention de l’agence, ce partenariat s’articule autour de trois axes complémentaires :

  1. Améliorer la connaissance du fonctionnement des milieux humides méditerranéens, de leurs fonctions et leurs services, pour préciser leur état, leur vulnérabilité aux effets des modifications du climat, et ainsi proposer des méthodes prospectives et stratégiques pour contribuer à l’atteinte des objectifs du SDAGE ;
  2. Améliorer la connaissance des lagunes et de leurs zones humides périphériques, suivre leur état et leur fonctionnement pour l’atteinte du bon état de ces masses d’eau et des milieux humides péri-lagunaires ;
  3. Promouvoir et valoriser une gestion adaptative et innovante ainsi que la restauration des milieux humides, dans le cadre notamment du changement climatique.

Ces travaux viendront nourrir les politiques publiques (Directive cadre sur l’eau, 4e Plan national milieux humides, 12e programme de l’agence…) tout en offrant un appui opérationnel aux gestionnaires du bassin Rhône-Méditerranée.

Dans le même temps, un accord-cadre de partenariat a été signé entre l’Agence de l’eau et le Conservatoire du littoral, représenté par Hélène Syndique, directrice-adjointe, portant en particulier sur l’acquisition et la gestion des zones humides.

Ces signatures viennent acter la poursuite d’une action durable et engagée en faveur des zones humides, ces milieux essentiels tant à la biodiversité, qu’à nos sociétés humaines et leur adaptation au changement climatique.

Des zones humides au cœur des enjeux environnementaux

Il est particulièrement cohérent de signer ces deux accords-cadres dédiés aux zones humides ici, en Camargue, à l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides [5], c’est-à-dire la date anniversaire de la Convention sur les zones humides d’importance internationale, signée le 2 février 1971 à Ramsar, sur les bords de la mer Caspienne.
Mais ce mouvement international pour les zones humides a vu le jour ici, 9 ans plus tôt, en 1962, sous la forme d’une idée utopique qui a façonné le multilatéralisme environnemental [6]. À l’heure où la coopération internationale est attaquée, démantelée, il est salutaire de se remémorer l’engagement de nos aînés, particulièrement de Luc Hoffmann, et d’être nous-mêmes les porteurs des utopies de demain” a déclaré Jean Jalbert, directeur général de la Tour du Valat.

Alors que le SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) Rhône Méditerranée et Corse souligne le rôle déterminant des zones humides pour la qualité des eaux, le Plan d’adaptation au changement climatique fixe un objectif ambitieux : préserver et restaurer 20 000 hectares de milieux humides.

Par la signature de ces accords-cadres, la Tour du Valat, le Conservatoire du Littoral et l’Agence de l’Eau réaffirment leur engagement en faveur de ces espaces sensibles, véritables zones tampons et interface entre terre, mer et lacs.
En effet, les zones humides fournissent une multitude de services écosystémiques : préservation de la biodiversité, filtration et stockage de l’eau, épanchement des crues, adaptation au changement climatique…  Malheureusement, ces milieux indispensables à nos sociétés sont parmi les plus dégradés, à l’échelle de la planète comme du bassin méditerranéen, où l’on estime qu’environ 56% des zones humides historiques ont disparu au cours du siècle dernier (MWO-3, 2025 [7]).

La Méditerranée sous forte pression : cinq leviers d’action pour changer de cap selon l’Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes

Publié par marquis le Actu projet,Actualités | Pas de commentaire

En Méditerranée, deux habitants sur trois vivent près d’une zone humide, un patrimoine vital sous forte pression. L’Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes propose cinq leviers d’action pour changer de cap.

Lac Skadar, situé sur la frontière entre l’Albanie et le Monténégro, est le plus grand lac d’Europe du Sud. © Walter Zerla

À l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides, le rapport de l’Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes [8](OZHM) alerte : malgré leur importance vitale pour les populations et la biodiversité, les zones humides méditerranéennes demeurent des écosystèmes fragiles, soumis à de multiples pressions (agriculture intensive, surexploitation de l’eau, artificialisation et changement climatique) qui entraînent des pertes rapides et continues. Historiquement, plus de la moitié des zones humides méditerranéennes ont déjà disparu et, rien qu’entre 1990 et 2020, les pertes sont estimées à -12 %.

Face à cette situation alarmante, l’OZHM identifie 5 leviers d’action concrets et immédiatement mobilisables en faveur d’un changement de cap pour les zones humides méditerranéennes. Préserver et restaurer ces espaces constitue un enjeu stratégique pour les pays méditerranéens pour garantir la résilience socio-économique, la paix et la stabilité dans la région.

Véritables infrastructures naturelles, les zones humides méditerranéennes rendent des services écosystémiques essentiels aux sociétés humaines : approvisionnement en eau douce, soutien à l’agriculture et à la pêche, régulation des crues, protection contre les submersions marines, stockage du carbone et atténuation des effets du changement climatique. Dans un bassin qui compte près de 590 millions d’habitants, près de deux Méditerranéens sur trois vivent à proximité d’au moins une zone humide, ce qui souligne le caractère vital de ces milieux pour la sécurité hydrique, la protection des territoires et les moyens de subsistance des populations méditerranéennes. La densité humaine y est en moyenne quatre fois supérieure à celle du reste du territoire, renforçant encore l’importance stratégique de ces écosystèmes pour la résilience des sociétés. Ces milieux figurent également parmi les écosystèmes les plus riches de la région : plus d’un tiers de la biodiversité méditerranéenne est concentré sur moins de 2 % du territoire, faisant des zones humides des réservoirs majeurs de vie et des piliers du maintien des équilibres écologiques.

Les zones humides méditerranéennes soumises à de multiples pressions

En 2024, la sécheresse et la forte demande en eau ont entraîné une baisse dramatique du taux de remplissage du barrage Al Massira, le deuxième plus grand barrage du Maroc. © Senna F.

L’agriculture intensive, première source de pression

Aujourd’hui, près de 30 % de l’espace fonctionnel des zones humides méditerranéennes est occupé par l’agriculture. Si ce secteur demeure essentiel pour les sociétés méditerranéennes, ce sont les formes d’agriculture intensive, en forte expansion notamment en Afrique du Nord, en Turquie et dans la péninsule Ibérique, qui exercent les pressions les plus fortes sur les zones humides. La conversion d’habitats humides naturels en terres agricoles entraîne des pertes directes de milieux, auxquelles s’ajoutent des impacts indirects liés à la surexploitation de l’eau pour l’irrigation.

Des tensions croissantes sur la ressource en eau

La demande en eau ne cesse de croître dans le bassin méditerranéen : elle pourrait tripler d’ici 2050, portée principalement par l’irrigation, qui représente déjà près des 2/3 des prélèvements. Dans le même temps, la disponibilité en eau par habitant a chuté d’environ 40 % en 30 ans au sud et à l’est de la Méditerranée, aggravant l’assèchement des zones humides dans des régions déjà en stress hydrique critique. Pour sécuriser ces usages, les rivières sont de plus en plus équipées de barrages, ce qui perturbe leur fonctionnement naturel : 95 % du linéaire des principaux cours d’eau méditerranéens est aujourd’hui impacté, réduisant les apports en eau indispensables au maintien des zones humides en aval.

Pressions urbaines et artificialisation des sols

Parallèlement, l’urbanisation rapide exerce une pression croissante sur les zones humides méditerranéennes, en particulier sur les littoraux et dans les plaines alluviales. Depuis 2000, les surfaces artificialisées autour des zones humides ont augmenté de 44 %, sous l’effet de l’étalement urbain, des infrastructures de transport et du développement touristique. L’imperméabilisation des sols limite l’infiltration de l’eau, accentue le ruissellement et fragmente les habitats, affaiblissant encore la capacité des zones humides à remplir leurs fonctions naturelles.

En France, la cistude d’Europe a subi une forte régression au cours des dernières années, ce qui a conduit à la classer dans la catégorie quasi-menacée, sur la liste rouge de l’UICN. © Jean E. Roché

 Changement climatique : un multiplicateur de risques

À l’horizon 2100, les températures moyennes du bassin méditerranéen pourraient augmenter de +1,7 °C à +5,2 °C, tandis que la moyenne des précipitations annuelles pourrait diminuer de -1 % à -5 %, voire jusqu’à -30 % dans certaines régions comme le Proche-Orient. Les zones humides côtières méditerranéennes sont particulièrement vulnérables aux effets de ces changements : l’Elévation du Niveau Moyen de la Mer (ENMM), couplé à la réduction des apports en sédiments et en eau douce à cause, notamment, de la multiplication des barrages, mèneraient à la disparition de 69 % à 92 % des marais côtiers d’ici la fin du siècle.

Des impacts directs sur la biodiversité et les territoires

Ces pressions cumulées ont des conséquences majeures sur la biodiversité et les territoires. Aujourd’hui, 40 % des espèces associées aux zones humides sont menacées, un chiffre qui atteint 69 % pour les espèces endémiques du bassin méditerranéen. Or, c’est la diversité des espèces et leurs interactions avec les milieux qui permettent aux zones humides de fonctionner et de fournir des services essentiels aux populations et de soutenir les activités économiques clés comme la pêche, l’agriculture et le tourisme. La dégradation de la biodiversité fragilise ainsi directement la résilience écologique, économique et sociale des territoires méditerranéens.

« Nous détruisons à grande vitesse une ressource dont nous dépendons alors même que ces milieux sont une part importante de la solution »

Pour Anis Guelmami, coordinateur de l’Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes : « Asséchées, dégradées, en voie de disparition face à la montée des pressions, nous détruisons à grande vitesse une ressource dont nous dépendons alors même que ces milieux sont une part importante de la solution : leur capacité à stocker le carbone, à réguler localement le climat en zone urbaine, à absorber l’excédent en eau lors d’évènements extrêmes ou à protéger les littoraux de l’érosion et des tempêtes, démontrent le rôle central des zones humides dans la lutte contre le changement climatique. Sans oublier la multitude de services qu’elles nous rendent : approvisionnement en nourriture, tourisme, culture, loisirs, eau potable pour ne citer que cela… alors que la disponibilité en eau par habitant a chuté de 40 % en 30 ans au sud et à l’est de la Méditerranée, il est urgent d’agir ! »

Cinq leviers pour inverser la tendance

Le rapport de l’Observatoire des Zones Humides Méditerranéenne [8] souligne que la trajectoire actuelle est réversible, à condition d’agir rapidement et à grande échelle.

  1. Réconcilier aménagement du territoire et zones humides : Intégrer pleinement les zones humides dans les documents d’urbanisme en tant que Solutions fondées sur la Nature. Limiter l’artificialisation des sols, instaurer des zones tampons autour des milieux sensibles, tenir compte des impacts cumulatifs sur la connectivité écologique font partie des actions à mettre en œuvre. En parallèle des stratégies de désartificialisation ciblées, comme la renaturation des sols, le reméandrage des rivières peuvent restaurer des fonctions hydrologiques critiques.
  2. Accélérer la restauration écologique : près de 88 000 km² de zones humides de la rive nord de la Méditerranée, du Portugal à la Turquie, principalement des surfaces agricoles, pourraient être restaurés à faible coût (reconnexion au régime naturel d’inondation, changement de pratiques de gestion, etc), avec des bénéfices rapides pour la biodiversité, la gestion de l’eau et l’économie des territoires. D’ores et déjà 224 zones humides prioritaires pour la restauration ont été identifiées dans 24 pays MedWet, couvrant près de 4 000 km².
  3. Faire des politiques de l’eau un levier transversal : intégration des débits écologiques dans les plans de gestion de l’eau, restauration des continuités hydrologiques, coordination entre les usages humains et les écosystèmes, innovation et sobriété hydrique font partie de la palette de solutions à déployer. A titre d’exemple, la modernisation des systèmes d’irrigation dans les pays méditerranéens pourrait à elle seule permettre une réduction de la consommation d’eau de 35 %, tant dit que la réutilisation des eaux usées traitées, aujourd’hui limitée à seulement 20 % dans la région MENA, constitue un levier complémentaire encore largement sous-exploité.
  4. Renforcer la gouvernance et la coordination régionale : La conservation et la bonne gestion des zones humides nécessite des structures de gouvernance solides, coordonnées et participatives. Les fortes inégalités de capacités institutionnelles entre pays méditerranéens et la fragmentation des compétences limitent aujourd’hui l’efficacité des actions. Consolider les institutions environnementales, renforcer la coordination entre les pays et reconnaître le rôle des acteurs locaux sont essentiels. À l’échelle régionale, la coopération transfrontalière, l’harmonisation des indicateurs et la mutualisation des expertises constituent des leviers clés pour une action cohérente et efficace.
Le bassin versant du Sebou, pilier de la sécurité hydrique et alimentaire du Maroc, subit aujourd’hui des pressions intenses. © Belloulid O.

L’exemple du Fonds de l’Eau du Sebou.

Lancé en 2019 au Maroc, le Fonds de l’Eau du Sebou constitue l’un des premiers mécanismes opérationnels en Méditerranée permettant de financer des actions de conservation via un modèle de Paiement pour Services Ecosystémiques (PES). Développé dans le cadre d’un partenariat réunissant autorités publiques, communautés locales, société civile et secteur privé, ce fonds vise à améliorer la qualité et la disponibilité en eau du bassin. Les usagers situés en aval (services de l’eau, municipalités, entreprises) contribuent financièrement à des actions de gestion, de protection et de restauration des écosystèmes naturels liés à l’eau en amont tels que le reboisement, la conservation des sols, la réhabilitation d’habitats humides dégradés ou la promotion de pratiques agricoles durables.

Chiffres clés

  • 56% des zones humides historiques ont disparu.
  • Rien que sur la période 1990-2020, la perte moyenne est estimée à -12 %, dont environ la moitié liée à l’expansion agricole.
  • 400 des 590 millions d’habitants des pays méditerranéens vivent à proximité d’au moins une zone humide, avec une densité moyenne de 258 habitants/km² autour de ces écosystèmes, soit 4 fois la moyenne régionale.
  • 30% de l’espace fonctionnel des zones humides méditerranéennes est aujourd’hui occupé par l’agriculture
  • 2/3 des prélèvements d’eau sont liés à l’irrigation, dont la moitié pourrait être évitée par la modernisation
  • + 44% de surfaces imperméabilisées autour des zones humides depuis l’année 2000
  • 40 % des espèces dépendantes des zones humides sont dans un état de conservation préoccupant, 69 % pour les espèces endémiques
  • Jusqu’à 92 % des marais côtiers méditerranéens pourraient disparaître à cause de l’élévation du niveau de la mer d’ici 2100

L’Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes

Coordonné par la Tour du Valat, l’Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes [9] a été créé en 2008 dans le cadre de MedWet, l’initiative Régionale de la Convention de Ramsar pour la Méditerranée. Cet observatoire est dédié à la production, à la synthèse et à la diffusion de connaissances sur les écosystèmes humides du bassin méditerranéen. Il déploie ses activités à trois échelles : régionale, nationale et locale en collaboration avec les 27 pays membres de MedWet.  Le périmètre d’étude couvre ainsi l’ensemble de ces pays, répartis en quatre sous-régions : le Sud-Ouest de l’Europe, les Balkans, le Proche-Orient et le Maghreb.


Cliquez-ici pour télécharger le rapport dans son intégralité [8]


Contacts 

Anis Guelmami – Chef de projet- Coordinateur OZHM – [email protected]

Coralie Hermeloup – Responsable communication – [email protected]

 

Suivre l’Anguille européenne pour mieux la protéger : restitution du projet COLAGANG

Publié par gollivier le Actu projet | Pas de commentaire
Installation de la capétchade au marais de la Tortue, domaine des Grandes Cabanes Sud / OFB / Conservatoire du Littoral © Brandes

L’Anguille européenne (Anguilla anguilla) est un poisson migrateur aux déplacements extraordinaires : elle parcourt des milliers de kilomètres, entre la mer des Sargasses (centre-ouest de l’océan Atlantique) – son lieu de reproduction – et les eaux continentales européennes et nord-africaines, sa zone de croissance. Cette grande migratrice est classée en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’UICN. En Camargue, mieux comprendre ses déplacements est devenu un enjeu clé pour sa conservation. C’est tout l’objectif du projet COLAGANG (2021-2025), dont les résultats ont été restitués le 18 décembre dernier.

Mieux comprendre les trajectoires des anguilles camarguaises

Démarré en 2021, le projet COLAGANG, porté conjointement par l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Tour du Valat, a étudié l’échappement des anguilles argentées provenant de deux sites situés en amont de l’étang du Vaccarès : le bassin des Grandes Cabanes Sud et le canal de drainage du Fumemorte. Cette étape clé de leur cycle de vie correspond au moment où, après plusieurs années de croissance, les anguilles atteignent le stade argenté et entament leur grande migration transatlantique pour se reproduire. Dans le dédale des marais et des étangs camarguais, parviendront-elles à trouver leur chemin jusqu’à la mer?

L’anguille européenne, un cycle de vie hors du commun

L’anguille est une espèce amphihaline, c’est-à-dire qu’elle est capable de vivre tant en eau salée qu’en eau douce. Son cycle de vie, particulièrement complexe, en fait l’un des poissons migrateurs les plus fascinants d’Europe.

Née au large, dans la mer des Sargasses, l’anguille entame dès ses premiers stades un long voyage vers les côtes européennes. Les larves, appelées leptocéphales, dérivent pendant plusieurs mois au gré des courants océaniques avant de se transformer en civelles à l’approche des estuaires. Elles colonisent alors les cours d’eau, les lagunes et les zones humides continentales, où elles passent de nombreuses années sous forme d’anguilles jaunes, en phase de croissance jusqu’à atteindre le stade argenté. C’est à ce stade qu’elles quittent les eaux continentales pour entamer leur migration vers l’océan Atlantique, parcourant à nouveau plusieurs milliers de kilomètres.

Aujourd’hui, ce cycle de vie est gravement menacé. Classée en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’UICN, l’anguille européenne subit de multiples pressions : perte et fragmentation des zones humides, obstacles à la continuité écologique, surpêche, mais aussi contamination chimique et parasitisme, qui affectent sa survie et sa capacité à se reproduire.

Quatre grandes questions au cœur du projet

Le projet COLAGANG s’articule autour de quatre questions principales :

Un suivi de terrain rigoureux

Pour répondre à ces questions, les équipes du projet ont mis en place un protocole de capture-marquage-recapture des anguilles. Chaque individu capturé lors des opérations de pêche est mesuré afin de déterminer son stade de développement, puis marqué selon un protocole prédéfini. L’individu est ensuite relâché dans son milieu naturel, où il pourra être détecté ultérieurement.

Scan d’une anguille à l’aide d’un lecteur de puce portatif afin de vérifier si elle est marquée © T. Tzélépoglou

Résultats : ce que révèlent 5 ans de suivi des anguilles

Quelles conditions environnementales favorisent l’échappement ?

Cette saisonnalité des départs est associée à des températures de l’eau plus basses. D’autres facteurs semblent également jouer un rôle : la phase lunaire, les vents dominants (mistral ou sud-est) et le débit du Petit Rhône, avec des effets qui varient selon les sites et les voies de sortie considérés.

De manière générale, la mise en mouvement de l’eau semble favoriser la migration. La poursuite des analyses sur une période plus longue permettra de mieux caractériser l’influence de ces facteurs et d’examiner plus finement le rôle des paramètres hydrologiques.

Par où les anguilles rejoignent-elles la mer ?

En complément du dispositif de télémétrie RFID, un suivi en télémétrie acoustique a été déployé pendant deux années (2023-2024 et 2024-2025). Un total de 121 anguilles ont fait l’objet d’un marquage acoustique. Ce suivi permet d’affiner l’analyse des trajectoires jusqu’aux portes de la mer et de mieux comprendre les comportements individuels.

Antenne RFID devant l’ouvrage de reconnexion entre le domaine des Grandes Cabanes Sud et l’étang du Vaccarès ©T. Tzélépoglou

Le suivi des déplacements révèle une forte variabilité des trajectoires migratoires. La majorité des anguilles s’échappent par l’aval des bassins étudiés, dans l’étang du Vaccarès. Cependant, très peu d’entre elles parviennent ensuite à rejoindre la mer. Les conditions de sécheresse extrêmes, marquées par l’apparition de zones d’assecs et d’hypersalinité entre l’étang du Vaccarès et la mer, peuvent expliquer ces résultats lors de la première année de suivi. En revanche, elles ne permettent pas d’expliquer les observations réalisées la deuxième année, qui fut au contraire très humide. La présence d’ouvrages hydrauliques constitue un autre obstacle sur la route migratoire des anguilles, en particulier si ces ouvrages sont fermés. Le seul individu marqué ayant atteint le pertuis de la Fourcade, l’une des portes de sortie vers la mer, a dû attendre pendant un mois avant que l’ouverture des vannes lui permette de poursuivre sa migration. La franchissabilité de ces ouvrages, en fonction de leur degré d’ouverture et des conditions hydrologiques, reste un point clé à élucider pour identifier des solutions qui favorisant le retour en mer des anguilles argentées.

Le résultat le plus intriguant pour les chercheurs a été de constater que, chaque année, environ un tiers des individus marqués du bassin des Grandes Cabanes tentent de s’échapper par l’amont, en remontant le canal d’alimentation directement connecté au Petit Rhône. Le suivi par télémétrie acoustique a confirmé que cette voie d’échappement via le Petit Rhône est fonctionnelle. Parmi les 25 individus ayant emprunté cette connexion, 15 ont été détectés à l’aval du Petit Rhône, à proximité de son embouchure.

Equipe COLAGANG lors d’une campagne de pêche aux Grandes Cabanes Sud / OFB / Tour du Valat © C. Tetrel

Perspectives : vers un COLAGANG 2 ?

Ces premiers résultats soulignent l’intérêt d’un suivi de long terme pour mieux comprendre les trajectoires migratoires de l’anguille européenne et les contraintes auxquelles elle est confrontée en Camargue. Un prolongement du projet, envisagé sur la période 2026-2030 (COLAGANG 2), permettrait de consolider ces enseignements et d’affiner les recommandations en matière de gestion hydraulique et de continuité écologique.

Restitution du projet COLAGANG lors des journées Poissons Migrateurs en Rhône-Méditerranée 9ème édition © C. Tetrel

 


Equipe 

Responsable du projet : Delphine Nicolas [10] (TDV) et Claire Tetrel (OFB)

Membres impliqués : Pascal Contournet [11], Samuel Hilaire [12], Emilie Laurent [13], Amélie Hoste [14] (TDV) et Benoît Girard (OFB)

Partenaires

Techniques : OFB, Conservatoire du littoral, SMGAS, commune Saintes Maries de la Mer, Département des Bouches-du-Rhône, Vetofish, SNPN, Réserve naturelle de Camargue, Parc naturel régional de Camargue, Association MRM, INRAE Aix-en-Provence et Lyon, UMR Marbec/Montpellier Université, Cefrem/Perpignan Université, Museum National d’Histoire naturelle, Pôle-relais lagunes méditerranéennes, CRPMEM PACA.

Financiers : Agence de l’eau Rhône Méditerranée-Corse, OFB, CNR, WWF

Les tourbières du delta du Rhône cartographiées pour la première fois

Publié par marquis le Actu projet | Pas de commentaire

La Tour du Valat publie la première cartographie des tourbières du delta du Rhône. Surface, profondeur maximale, quantité de carbone stocké, ou encore état de dégradation : ce dépliant, disponible en ligne ainsi qu’auprès des partenaires du projet, constitue une première étape pour améliorer nos connaissances sur ces milieux méconnus et pourtant indispensables.

Paysage de Cladiaie du marais d’Icard, une végétation dominée par le marisque (Cladium mariscus) se développant principalement sur un sol tourbeux © A. Gazaix

Les tourbières, des alliées climatiques insoupçonnées

Les tourbières sont des zones humides caractérisées par un sol très riche en matière organique. Ces milieux constituent l’un des principaux réservoirs de carbone à l’échelle de la planète, mais ils sont aujourd’hui menacés par les activités humaines : leur dégradation entraîne des émissions de gaz à effet de serre estimées à près de 5 % des émissions mondiales.

En France, les données sur ces écosystèmes manquent cruellement : à ce jour, ni leurs émissions en gaz à effet de serre, ni la quantité de carbone qu’elles stockent ne sont intégrées au bilan carbone national.

Le saviez-vous ?

L’ensemble des tourbières du delta du Rhône couvre au moins 2000 hectares (l’équivalent de 2 800 terrains de foot) et stockerait 3,2 millions de tonnes de carbone, soit autant que le carbone stocké dans 40 000 hectares de forêt tempérée.

Carotte de tourbe © A. Gazaix

Un inventaire inédit dans le delta du Rhône

En 2024 et 2025, la Tour du Valat a piloté un projet visant à localiser et caractériser les tourbières du delta du Rhône. Sur chaque site partenaire, les équipes du projet ont quantifié les stocks de carbone, évalué l’état de conservation des tourbes et retracé leur évolution au fil du temps.

La cartographie ci-dessous synthétise ces données de façon accessible, afin de les partager aux gestionnaires de sites naturels ainsi qu’au grand public. Vous pouvez la télécharger gratuitement, ou la retrouver au format papier auprès de nos partenaires locaux, comme les Marais du Vigueirat [15] ou le PNR de Camargue [16]. Une ressource précieuse pour mieux comprendre notre territoire et préserver ce patrimoine naturel exceptionnel.

© Graphisme : Fred Jarnot

Retour sur deux ans de collecte de données sur les chauves-souris et les zones humides

Publié par marquis le Actu projet | Pas de commentaire

Alors que la deuxième année du projet Rest-Chir’Eau touche à sa fin, retour sur deux ans de collectes de données sur les chauves-souris et les zones humides, réalisées grâce à deux campagnes de terrain. 

Transmission de connaissances avant une session de suivi participatif. © Rest-Chir'Eau

Depuis fin 2024, le projet Rest-Chir’Eau étudie l’activité des chauves-souris sur le secteur du Canal du Japon, l’ancien Bras de fer du Rhône, en Camargue.
L’objectif de cette étude est de s’appuyer sur les chauves-souris en tant qu’espèce bio-indicatrice, dans le but d’évaluer la fonctionnalité des milieux humides et de la Trame Turquoise* puis, à terme, de proposer un plan de restauration pour ce secteur de l’ancien Bras de Fer en Camargue, en y intégrant les différents acteurs du territoire. Biodiversité présente au cours de l’année, fonctionnement hydrologique, qualité et utilisation des milieux ou encore continuités écologiques sont autant d’informations apportées par l’étude de l’activité des chiroptères dans ces milieux.  

Focus sur un protocole de suivi innovant

Au cours des deux années passées, plusieurs actions ont été mises en place afin de réunir les connaissances nécessaires au projet. 
Le premier volet du projet avait pour objectif d’améliorer la compréhension des liens étroits qui relient chauves-souris et zones humides. Pour cela, un protocole de suivi expérimental a été déployé au sein de 7 marais situé le long de l’ancien Bras de fer du Rhône durant 4 périodes clés de l’année.

Cette campagne de terrain était un défi ambitieux, car elle demandait la prise en compte de contraintes importantes tout en faisant appel à un protocole expérimental rigoureux. À ce jour, ce défi semble avoir été relevé avec succès dans son ensemble : un important jeu de données environnementales et biotiques a pu être récolté en complément de l’enregistrement passif de l’activité des chauves souris.

Cette réussite a été rendue possible par l’ingéniosité et l’adaptabilité de l’équipe Rest-Chir’Eau, qui ont été précieuses dans le développement de la méthodologie, l’organisation logistique du terrain ou encore la mise en œuvre du matériel utilisé. Le soutien des partenaires et des acteurs locaux (propriétaires, usagers, bénévoles…) a également été crucial, et nous les remercions grandement ! 

À ce jour, l’ensemble de ce jeu de données a été traité : il est à présent en cours d’analyse. En voici quelques chiffres :  

Miser sur un programme important de sciences participatives : une première qui donne des ailes ! 

Cartographie des points de suivis relevés dans le cadre de la campagne 2025 de sciences participatives © Rest-Chir'Eau

Le second volet du projet vise à modéliser et tester la fonctionnalité de la Trame Turquoise associée à ces marais sur le secteur de l’ancien Bras de Fer. Pour y parvenir, un programme de sciences participatives d’envergure a été déployé sur le terrain au cours de l’année 2025, avec une enquête de recherche de gîte interactive et la réalisation de suivis participatifs. 

Quatre sessions de suivis ont été organisées avec, pour objectif, la documentation des déplacements des chauves-souris le long de l’ancien Bras de Fer. Grâce à la mobilisation remarquable de plus de 130 volontaires, les relevés ont pu être réalisés sur 79 points de suivi tout au long des sessions, plus 15 complémentaires.
L’ensemble de ces données a également été traité et intégré dans nos bases de données : elles sont désormais prêtes à intégrer les analyses en cours. 

Le volet 2 du projet en quelques chiffres : 

Exemple de données cartographiques collectées sur l’un des secteurs du suivi. © Rest-Chir'Eau

 

Un beau retour d’expérience en termes d’intégration et participation  

Au-delà des chiffres, les dynamiques issues des différentes campagnes de sciences participatives du projet ont permis de répondre à l’un des objectifs sous-jacents du projet : promouvoir l’appropriation et l’intégration du projet et de ses enjeux au sein de ce territoire camarguais. 

Ainsi, les synergies avec les partenaires et acteurs locaux ont permis de récolter des connaissances complémentaires et parfois surprenantes.
La mobilisation autour des suivis participatifs a, quant à elle, permis l’appropriation et le partage des connaissances liées au projet, ainsi qu’un transfert d’expertise quant aux protocoles de suivis et à l’identification des chiroptères sans les déranger.  Le résultat ? De beaux moments de partage et de production de connaissances collectives, plébiscités par l’ensemble des participants. 

La réussite de ces deux volets de suivis n’aurait pas été possible sans l’implication de nombreux acteurs : nous tenons à remercier chaleureusement l’ensemble des participants volontaires, les propriétaires fonciers (et usagers) qui ont autorisé l’accès à leurs terrains, ainsi que l’ASCO du Canal du Japon et le Syndicat Mixte de gestion des associations syndicales du Pays d’Arles, dont l’appui a été précieux pour accéder à certains secteurs le long du canal dans ce deuxième volet ou encore les partenaires techniques qui sont venus apporter leur aide lors des suivis, tels que le Parc naturel régional de Camargue, la Réserve naturelle nationale de Camargue ou encore le CPIE Rhône-Pays d’Arles. 

Les prochains mois seront consacrés à l’analyse des données récoltées et à leur modélisation, avec pour objectif de proposer un plan de restauration adapté aux enjeux identifiés.

Restez connectés pour découvrir la suite de l’aventure en vous inscrivant à la newsletter du projet ! [17] 

 

Protéger la biodiversité, ça fonctionne, selon le rapport France Biodiversité de WWF France !

Publié par marquis le Actualités | Pas de commentaire

Protéger la biodiversité, ça marche ! Voilà la conclusion du rapport sur la biodiversité en France de WWF [18], paru début décembre.

Depuis 1975, la taille des populations de flamants roses en France a été multipliée par 4 et la Camargue est redevenue un site majeur pour l’espèce.

Pour la première fois, ce focus détaillé et inédit [18] permet de mesurer l’évolution des populations de 248 espèces protégées et d’évaluer l’efficacité des actions menées en leur faveur dans l’Hexagone.

En observant des espèces ciblées par des actions concrètes (statut de protection nationale ou européenne, Plan National d’Action), l’objectif est de mesurer précisément l’impact de ces mesures.

Le premier constat est que, en France comme dans le reste du monde, la biodiversité s’effondre. La cause ? La dégradation et la disparition des habitats essentiels que sont les champs, les forêts, les océans ou encore les zones humides.

Quand ces espaces se réduisent ou se détériorent, les populations d’oiseaux, de mammifères ou de poissons déclinent rapidement.
– WWF France

Mais ce n’est pas une fatalité ! En effet, ce rapport montre également que, quand on en prend soin, la nature est capable de rebondir. Ainsi, depuis 1990, la croissance moyenne des populations d’espèces protégées est de 120%. Et plus la protection est forte, plus ce chiffre progresse : les espèces faisant l’objet d’un « Plan National d’Action » voient leurs effectifs augmenter de façon régulière.

Le flamant rose : l’exemple phare 

Alors que l’espèce avait cessé de nicher en Camargue dans les années 1960, on y trouve aujourd’hui une colonie de plus de 40 000 individus. Le secret de ce revirement ? La restauration de leur habitat naturel : en Camargue, l’endiguement du Rhône avait détérioré les îlots de reproduction des flamants roses. En reconstruisant des îlots et des nids, les équipes de la Tour du Valat, [19]avec le soutien de WWF, ont pu recréer un habitat favorable et permettre à ces grands oiseaux de se réinstaller sur le territoire.

Pour les plus jeunes

Une version jeunesse du rapport France Biodiversité dédié aux enfants est disponible ici [20], pour éveiller leur curiosité et leur donner envie de protéger la nature.

Consultez le rapport : 

[18]

COP24Med – Comment accélérer la restauration des écosystèmes marins et côtiers en Méditerranée ?

Publié par marquis le Actualités,Evénements | Pas de commentaire

Lors de 24ème Réunion des Parties contractantes à la Convention de Barcelone (COP24), le Consortium Méditerranéen pour la Biodiversité (CMB) a contribué à engager un dialogue politique favorisant le passage à l’échelle des actions de restauration des écosystèmes. 

Intervenantes et intervenants de l’évènement. © Marion Douchin

En s’appuyant sur les enseignements tirés d’initiatives pilotes en Méditerranée telles que RESCOM [21], Rest-Coast [22], Restore4Cs [23] et Wetland4Change [24], cette session a souligné l’urgence d’intégrer la restauration des écosystèmes côtiers et marins dans les politiques intersectorielles nationales et régionales.  

L’approche « multi-écosystèmes » a été identifiée comme essentielle lors de cet échange auquel ont pris part le Centre d’Activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (SPA/RAC) [25], le Centre d’activités régionales du Programme d’actions prioritaires  (PAP/RAC) et le Ministère égyptien de l’Environnement.  

En intégrant les écosystèmes marins, côtiers et terrestres, cette approche, structurée autour du concept « from Land to Sea » (de la Terre à la Mer), vise à accroître la résilience côtière des écosystèmes et des populations face aux impacts du changement climatique.

Les recommandations clés issues de cet évènement parallèle sont : 

Cliquez ici pour télécharger le Policy brief. [26]

 

Natur’Adapt Sud : une journée de rencontre pour partager les avancées et les enseignements du projet

Publié par gollivier le Actualités,Evénements | Pas de commentaire

Le jeudi 4 décembre dernier, les chargés de mission et gestionnaires des réserves naturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur, accompagnés de leurs partenaires techniques et financiers se sont réunis à Peipin (04) pour la troisième journée de rencontre du projet Natur’Adapt Sud. Après 18 mois de travail collectif, cette rencontre a constitué la dernière occasion de partager, tous ensemble, les avancées des démarches d’adaptation, ainsi que le bilan et les perspectives du projet.

Un projet régional pour s’adapter au changement climatique

Photo de groupe © Laureen Keller | CEN PACA

Lancé en juillet 2024, Natur’Adapt Sud accompagne les gestionnaires de 13 réserves naturelles de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur dans l’intégration des enjeux liés au changement climatique dans leur gestion. Coordonné par la Tour du Valat, avec le support du Conservatoire d’espaces naturels Provence-Alpes-Côte d’Azur et le soutien financier de la DREAL PACA et de la Région Sud, le projet s’appuie sur la méthode Natur’Adapt. Cette approche aide les gestionnaires à comprendre les impacts du climat sur leurs sites et à définir des actions pour y répondre.

Chaque réserve a ainsi réalisé un diagnostic pour identifier les milieux et espèces les plus vulnérables, puis a construit un plan d’adaptation pour répondre aux impacts climatiques identifiés.

Une journée pour partager résultats, expériences et perspectives

Cette journée de travail a permis à tous les participants de :

L’esprit de Natur’Adapt Sud repose sur une idée simple mais essentielle : anticiper collectivement les effets du changement climatique pour adapter la gestion et protéger durablement le patrimoine des réserves naturelles.

© Maëlle Gatel | CEN PACA

Une dynamique régionale à poursuivre

Cette rencontre du 4 décembre a montré à quel point la coopération entre réserves naturelles est précieuse. En Camargue par exemple, la réserve naturelle régionale de la Tour du Valat, et les réserves naturelles nationales de Camargue et des Marais du Vigueirat ont partagé leurs analyses et envisagé des pistes communes face à des menaces similaires : montée du niveau marin, salinisation accrue, évolution des cortèges d’espèces…

Pour les équipes mobilisées, il est clair que la démarche ne s’arrête pas avec la fin du projet. Les plans d’adaptation élaborés durant Natur’Adapt Sud constitueront une base solide pour les futurs plans de gestion, et la volonté de poursuivre les échanges entre réserves permettra de maintenir cette dynamique collective.

Focus sur la Réserve naturelle de la Tour du Valat

Les analyses réalisées dans le cadre de Natur’Adapt Sud ont mis en évidence des vulnérabilités clés liées aux évolutions à venir du climat : hausse des températures, augmentation de la salinité, périodes de sécheresse plus longues.

La vulnérabilité au changement climatique des habitats emblématiques – mares temporaires, pelouses méditerranéennes, sansouïres, prés salés, boisements, marais et lagunes temporaires – et de certaines espèces patrimoniales comme le pélobate cultripède, les hérons paludicoles ou la cistude d’Europe a été évaluée, de même que celle des activités humaines (agriculture, élevage, chasse, accueil du public) et des moyens de gestion (hydraulique, lutte contre les espèces exotiques envahissantes, pastoralisme…).

Ces travaux ont permis de définir une stratégie d’adaptation centrée sur la résilience des écosystèmes, le maintien d’une gestion adaptative et l’anticipation des évolutions possibles des habitats et espèces.


Responsable du projet : Noémie Nojaroff [27]

Partenaires techniques du projet :

Partenaires financiers du projet :

Un forum national pour favoriser les synergies entre recherche et gestion 

Publié par gollivier le Actualités,Evénements | Pas de commentaire

Pendant trois jours, 150 chercheurs et gestionnaires venus de toute la France se sont réunis à Arles, en Camargue, l’une des zones humides les plus emblématiques du pays. Leur objectif : renforcer les liens entre recherche et gestion des zones humides pour mieux préserver ces milieux essentiels. 

Face à l’intensification des crises du climat et de la biodiversité, les milieux humides jouent des rôles clés : gestion de l’eau, sécurité alimentaire, atténuation du changement climatique, approche “Une seule santé”, Solutions fondées sur la Nature. 

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu le Forum national recherche–gestion sur les milieux humides, du 19 au 21 novembre 2025, accueilli par LUMA Arles. Ce rendez-vous a réuni scientifiques, gestionnaires, collectivités et institutions autour de trois ambitions : 

Scientifiques, gestionnaires, collectivités et institutions réunis pour le Forum recherche-gestion sur les milieux humides © Arsène Marquis-Soria | Tour du Valat © Arsène Marquis-Soria | Tour du Valat
Visite de terrain sur la Réserve Naturelle Nationale de Camargue © Arsène Marquis-Soria | Tour du Valat

La première journée a été consacrée à des visites de terrain sur les sites des Marais du Verdier, de la Réserve Naturelle Nationale de Camargue et de la Réserve Naturelle Régionale de la Tour du Valat, pour permettre aux participants de s’immerger dans les spécificités du territoire camarguais. 

Les deux journées suivantes, organisées à LUMA Arles, ont été dédiées à des temps d’intelligence collective animés par Atout Diversité, autour d’une question centrale : « Comment les synergies entre recherche et gestion peuvent-elles soutenir la préservation et la restauration des milieux humides et répondre aux grands défis sociétaux ? »

Six thématiques clés ont été explorées :

L’ensemble des participants réunis devant la Tour LUMA © Arsène Marquis-Soria | Tour du Valat

Ce Forum a permis de partager les connaissances scientifiques les plus récentes, de mieux comprendre les besoins et contraintes des gestionnaires, et de favoriser l’émergence de collaborations concrètes entre chercheurs, acteurs de terrain et partenaires institutionnels. Les travaux qui ont émergé de ces journées donneront lieu à une feuille de route pour les 10 prochaines années, qui sera partagée début 2026. 

Cet évènement a été organisé par la Tour du Valat, dans le cadre du Centre de ressources milieux humides porté par l’Office français de la biodiversité (OFB), et en partenariat avec le Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature. 

COP24Med – Mediterranean Wetlands Outlook 3 : un outil d’interface science-politique pour guider les décisions

Publié par marquis le Actualités,Evénements | Pas de commentaire

À l’occasion de la 24ème Réunion des Parties contractantes à la Convention de Barcelone (COP24), qui se tient du 2 au 5 décembre 2025 au Caire (Égypte), la Tour du Valat et MedWet ont organisé un événement parallèle consacré à la présentation des résultats clés du troisième Rapport sur l’état des zones humides méditerranéennes (MWO-3) [2] et à ses recommandations pour les zones humides côtières.

Delta du Gediz, Turquie

Les zones humides côtières de Méditerranée, des écosystèmes essentiels mais menacés

Les zones humides côtières de Méditerranée (lagunes, marais côtiers, deltas, estuaires et herbiers marins) sont des milieux vitaux pour les écosystèmes marins et côtiers. En plus d’abriter une biodiversité remarquable, elles jouent un rôle de filtration et de purification de l’eau, séquestrent d’importantes quantités de carbone ainsi que de gaz à effet de serre et protègent le littoral de l’érosion, des inondations et des tempêtes.

Malgré leur importance, les zones humides méditerranéennes côtières figurent parmi les milieux les plus menacés de la région :  elles sont confrontées à un ”coastal squeeze” qui pourrait entraîner la perte de 69 à 92 % des marais côtiers d’ici 2100, menaçant les moyens de subsistance et la sécurité des communautés côtières si des mesures urgentes ne sont pas prises.

Dans le contexte des crises actuelles de l’environnement – changement climatique, pénurie d’eau et perte de biodiversité – ces zones humides sont des Solutions Fondées sur la Nature indispensables pour soutenir tant les écosystèmes que les activités humaines locales : il est donc urgent d’assurer leur conservation et leur restauration.

Anis Guelmami (Tour du Valat, OMZH) et Chris Rostron (Medwet) à la COP24 de la Convention de Barcelone © Elisa Tuaillon

Le MWO-3 : un outil scientifique au service de l’action politique

Produit par l’Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes (ou Mediterranean Wetlands Observatory/MWO), le MWO-3 (2025) constitue l’état des lieux scientifique le plus récent et les plus complet sur l’état des zones humides méditerranéennes. Il combine données écologiques, analyses socio-économiques et recommandations à l’intention des décideurs, offrant ainsi un outil d’aide à la décision pour les gouvernements, les autorités locales et autres acteurs concernés.

Le MWO-3 s’appuie sur une analyse structurée fondée sur 18 indicateurs DPSIR (Drivers – Pressures – State – Impacts – Responses), élaborés par l’OZHM [9] en étroite collaboration avec un large réseau de partenaires scientifiques et techniques issus des 28 pays membres de l’Initiative Régionale Ramsar MedWet et au-delà. Ce dispositif permet d’analyser les dynamiques à l’œuvre : des facteurs de changement comme la démographie ou le climat, aux pressions exercées sur les zones humides (artificialisation, pollutions, prélèvements d’eau), en passant par l’évaluation de leur état écologique, des impacts observés sur la biodiversité et les services écosystémiques rendus, jusqu’aux réponses mises en place aux différentes échelles.

Policy brief du MWO-3 © Elisa Tuaillon

Accélérer la protection des zones humides côtières

L’évènement parallèle proposé dans le cadre de la COP24 a permis de présenter les principales conclusions du MWO-3, de partager des recommandations afin de renforcer la protection des zones humides, et de faciliter le dialogue entre scientifiques, décideurs et gestionnaires pour favoriser la mise en œuvre de solutions basées sur des données scientifiques

De plus, MedWet et la Tour du Valat ont proposé des recommandations sur les zones humides côtières issues du MWO-3, notamment en partageant leur Policy brief aux participants.

Ce Policy brief identifie plusieurs grands leviers pour agir en faveur des zones humides côtières :

  1. Aligner la gestion effective des zones humides sur leur statut de protection juridique
  2. Restaurer la nature, restaurer la résilience : développer les Solutions fondées sur la Nature
  3. Gérer l’eau « de la source à la mer »
  4. Intégrer les zones humides dans l’aménagement du territoire et l’urbanisme
  5. Renforcer la coopération régionale et le financement

Cliquez-ici pour retrouver le Policy brief ainsi que l’ensemble des recommandations. [32]

A travers ce side-event, Medwet et la Tour du Valat visent ainsi à souligner la manière dont la science peut favoriser l’élaboration de politiques efficaces, encourager la coopération transfrontalière et accélérer la protection ainsi que la restauration des zones humides côtières, qui constituent le fondement de la résilience méditerranéenne.

La COP24 de la Convention de Barcelone

La COP24 est l’événement régional le plus important pour la prise de décision et la protection de l’environnement marin et côtier de la Méditerranée. La réunion rassemblera les autorités nationales des pays méditerranéens et de l’Union européenne, ainsi que les gouvernements locaux et régionaux, les organisations internationales et régionales, les scientifiques et experts techniques, les organisations non gouvernementales, les représentants du secteur privé actifs dans les secteurs marins et côtiers, ainsi que les organisations de la société civile.

Les discussions porteront notamment sur la manière dont les activités économiques liées à la mer, telles que le tourisme, le transport maritime, la pêche et le développement côtier, peuvent continuer à se développer tout en préservant les écosystèmes marins et en renforçant la résilience face au changement climatique.

 

3 questions à … Constance AUDIFFREN, chargée de mission protection du milieu marin – éolien & industrie à l’OFB

Publié par gollivier le Dossier de newsletter | Pas de commentaire

Constance Audiffren, chargée de mission « Protection du milieu marin – éolien & industrie » à l’Office Français de la Biodiversité, Délégation Façade maritime Méditerranée, Direction interrégionale PACA-Corse, répond à nos questions sur l’implication de l’OFB dans le projet Migralion.

1) Quel est le rôle de l’OFB dans le projet Migralion (ainsi que par rapport aux projets d’éoliennes ?)

L’OFB assume la maîtrise d’ouvrage du marché Migralion et en co-finance une partie aux côtés de des ministères de la biodiversité et de l’énergie et des régions Sud et Occitanie. Au sein du programme Migralion, l’OFB occupe une position stratégique de coordination. Il se situe en position transversale pour assurer l’interface entre l’ensemble des membres du consortium scientifique et technique d’une part, et les services de l’État avec lesquels les collaborations sont nombreuses d’autre part. Cette fonction de pilotage permet à l’OFB de maintenir une vision globale articulant les dimensions scientifiques, techniques et institutionnelles du projet.

Concrètement, soutenue par le comité de pilotage Migralion, la délégation de façade Méditerranée prend en charge plusieurs missions opérationnelles : la relecture et validation des livrables, la réception et la bancarisation des données collectées, ainsi que l’ensemble du suivi administratif et financier du projet. Bien que cette dernière dimension soit assez fastidieuse, elle constitue un volet essentiel du pilotage et demeure indispensable au bon déroulement du programme.

Néanmoins, l’OFB ne participe pas aux décisions politiques comme la planification de l’éolien en mer. Son intervention se limite à un rôle consultatif auprès des services de l’État, notamment lors de nouveaux projets. Cette mission de conseil intervient spécifiquement lorsque les projets concernent des zones à enjeux environnementaux particuliers, telles que les sites Natura 2000 ou tout autre aire marine protégée. Dans tous les cas, l’expertise de l’OFB porte exclusivement sur les questions liées à la protection de la biodiversité.

2) Selon vous, en quoi le programme Migralion est innovant ?

Le caractère novateur du projet Migralion repose, selon moi, sur plusieurs dimensions :

Un effort d’acquisition de données notable, tant sur le plan temporel avec trois années continues de collecte, que spatial grâce à un plan d’échantillonnage conçu pour couvrir une grande partie du golfe du Lion, depuis la bande côtière jusqu’aux zones plus au large ;

Une diversité technologique combinant plusieurs approches : télémétrie, suivis acoustiques, campagnes en mer équipées de radars embarqués, radars côtiers… Les moyens techniques mis en place sont conséquents et c’est une force. Concernant la télémétrie, bien que la méthodologie soit déjà établie, le projet se distingue par l’équipement d’espèces qui n’avaient jamais fait l’objet de tels suivis auparavant telles que la glaréole à collier, le crabier chevelu, le pluvier guignard ou la bergeronnette printanière ;

L’innovation majeure réside dans l’objectif final : rassembler ces jeux de données aux caractéristiques très hétérogènes – qu’il s’agisse du type d’informations collectées, de leurs spécificités techniques ou des méthodologies d’acquisition – pour développer des modèles capables d’analyser cette grande diversité de données et d’en extraire des conclusions cohérentes. Cette approche constitue selon moi l’aspect qui vaut la palme de l’innovation au programme Migralion !

3) Quelles sont les leçons à tirer après ces 4 années du projet ? Quelle suite est envisagée ?

Le premier élément marquant reste l’organisation structurelle du projet, avec ce consortium scientifique dont la solidité et la diversité constituent une véritable richesse. La variété des partenaires impliqués – associations ornithologiques, Institut pour la transition énergétique, chercheurs académiques, bureaux d’études – génère une dynamique particulièrement fructueuse qui s’est ressentie tout au long de ces quatre années. De plus, la complémentarité de leurs expertises représente une réelle plus-value et une formule qui a fait ses preuves.

Les conclusions apportées par MIGRALON sont des informations inédites dont nous pouvons tirer une grande fierté ; jamais de tels moyens avaient été mis en œuvre à large échelle. MIGRALION a répondu aux questions scientifiques que l’on se posait : des axes migratoires préférentiels se dessinent et diffèrent selon la période qui précède ou qui succède la reproduction. Les oiseaux marins suivis dans le cadre de cette étude occupent une large zone du golfe en période d’hivernage. Les hauteurs de vols des oiseaux équipés indiquent que la moitié d’entre eux volent à des hauteurs comprises dans l’intervalle des pâles d’éoliennes. Tous ces éléments vont alimenter les décisions futures. Cependant, des questions subsistent et le bilan du programme souligne l’importance de poursuivre l’acquisition de connaissances, indispensable à une gestion éclairée. Nous avons par ailleurs fait remonter le message sur la nécessité de continuer dans cette démarche, afin de lever les lacunes subsistantes notamment sur les petits migrateurs comme les passereaux qui représentent une part très importante des flux migratoires enregistrés.


D’autres projets en lien avec l’éolien dans lesquels l’OFB est impliqué :