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Malte : se préparer à la future loi européenne sur la restauration de la nature

Face à l’urgence climatique et à l’érosion de la biodiversité, l’Europe s’engage dans un chantier historique avec la Loi sur la Restauration de la Nature. D’ici septembre 2026, chaque État membre devra présenter son « Plan national de restauration ». En janvier dernier, Patrick Grillas, chercheur associé à la Tour du Valat, s’est rendu à Malte pour aider les acteurs locaux à se préparer à ce défi de taille. Pour ce petit archipel à la densité démographique record, l’enjeu est stratégique : comment restaurer des zones humides là où l’eau est rare et la pression humaine constante ?

Pour répondre à ce tournant décisif, la Société européenne pour la restauration écologique (SER-Europe) [1] a accompagné une formation de quatre jours organisée par BirdLife Malta et animée par Patrick Grillas, ancien directeur du programme de la Tour du Valat, visant à renforcer les capacités nationales des principales agences gouvernementales (Autorité des ressources environnementales, Agence de l’énergie et de l’eau) ainsi que d’organisations non gouvernementales (Nature Trust, Majjistral Park et Amis de la Terre).

Les sessions, qui se sont déroulées du 19 au 22 janvier 2026, ont été centrées sur le renforcement d’une compréhension commune, le développement des compétences techniques et la promotion de la collaboration intersectorielle.

La première journée a été consacrée aux principes fondamentaux de la restauration, notamment aux normes SER et à des études de cas tirées de projets de restauration internationaux.

 

Photo de groupe des participants lors du deuxième jour de la formation présentielle sur la restauration des zones humides à Malte, organisée par BirdLife Malta.

Des standards internationaux à la réalité maltaise

L’application des principes et normes internationaux pour la restauration écologique de la SER a constitué le fil conducteur du programme. La première journée a été consacrée à une immersion théorique, illustrée par des exemples de projets menés ailleurs dans le monde. Les jours suivants ont alterné discussions techniques et apprentissages sur le terrain.

Les participants ont visité plusieurs sites de l’archipel, notamment sur l’île de Comino, pour analyser leur potentiel de restauration, les contraintes locales et les enjeux de gestion à long terme.

Au cœur des échanges : planifier des actions réalistes, définir des indicateurs mesurables et concevoir des projets conformes aux exigences européennes — tout en tenant compte des spécificités écologiques et socio-économiques de Malte.

La restauration : un levier de collaboration

Soumise à de fortes pressions écologiques — densité démographique élevée, tourisme, artificialisation des sols, pénurie d’eau — Malte doit aujourd’hui accélérer ses efforts de restauration. Si les besoins sont importants, le potentiel d’action l’est tout autant.

L’élaboration du Plan national de restauration, pilotée par l’Autorité des ressources environnementales, offre une occasion unique de remédier à la dégradation des habitats. Mais la technique seule ne suffit pas. Durant la formation, les participants ont souligné l’importance de s’appuyer sur un cadre commun fondé sur les meilleures pratiques internationales et garantir l’engagement durable des parties prenantes — autorités publiques, société civile, propriétaires fonciers, agriculteurs et pêcheurs.

Les excursions comprenaient une visite d’une journée entière sur l’île de Comino.

« La réussite de la restauration dépend d’un principe fondamental : l’engagement des acteurs. On ne restaure pas la nature contre les gens, mais avec eux » – Patrick Grillas

Renforcer les capacités sur le long terme

Les retours des participants ont confirmé l’intérêt de la formation pour consolider les compétences techniques et créer de nouveaux liens entre les acteurs de la restauration à Malte. En s’appuyant sur les standards de la SER, l’atelier a permis de poser un langage partagé et une approche commune, utiles à l’élaboration et à la mise en œuvre du plan national.

ER-Europe entend poursuivre cette dynamique en faveur d’une restauration écologique fondée sur des normes scientifiques solides dans toute la région. Dans le contexte de la mise en œuvre de la Loi sur la Restauration de la Nature, coopération et renforcement des capacités resteront déterminants pour obtenir des résultats concrets et mesurables pour les écosystèmes.


La formation était organisée par BirdLife Malta [2], accueillie par l’Autorité des ressources environnementales [3], avec le soutien de Tour du Valat, et financée par Fondation Oak [4] et BirdLife International. [5]