Du 10 au 12 avril 2026, la Tour du Valat a organisé un nouvel inventaire naturaliste au Mas du Petit Saint-Jean, vitrine des activités agroécologiques de l’Institut depuis 2016. À cette occasion, une centaine de participants – naturalistes amateurs comme spécialistes confirmés – issus de la Tour du Valat et de plusieurs structures partenaires à l’échelle nationale se sont mobilisés pour contribuer à l’amélioration des connaissances de la biodiversité du site. Quelques premiers résultats.
Une mobilisation collective pour la biodiversité
Ce week-end d’inventaires s’inscrit dans une démarche de suivi à long terme de la biodiversité associée aux pratiques agroécologiques mises en œuvre sur le domaine. L’objectif est double : améliorer la connaissance des espèces présentes sur le domaine – notamment les taxons essentiels à l’agriculture comme les pollinisateurs, les plantes messicoles ou la microfaune du sol –, et démontrer, de manière concrète, les effets positifs des pratiques agroécologiques sur la biodiversité.

Au-delà de la production de données scientifiques, cette campagne d’inventaires a permis de favoriser la mise en réseau des naturalistes et à encourager le partage de connaissances. Des temps conviviaux lors des sorties de terrain et des repas ont également renforcé les échanges entre professionnels et amateurs, dans une dynamique de transmission et de collaboration.
Les données collectées sont intégrées au réseau « Réensauvager la ferme [1] », contribuant ainsi à un suivi comparatif des dynamiques de la biodiversité en milieu agricole.

Le Mas du Petit Saint-Jean en chiffres
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Des inventaires menés sur l’ensemble du site, de jour comme de nuit
Les équipes ont mené des prospections variées sur l’ensemble du site, mobilisant des protocoles adaptés à différents groupes taxonomiques : observations directes, inventaires nocturnes des insectes (sur draps éclairés), écoute des chants d’oiseaux, ainsi que des méthodes de capture et d’identification spécifiques grâce à divers pièges non létaux.
Ce travail collectif a permis d’enrichir significativement les connaissances locales, avec notamment l’observation de deux espèces jusqu’ici non recensées sur le site :
- l’Hirondelle rousseline (Cecropis rufula) ;
- Ophris de tenthrède (O. Tenthredinifera subsp. neglecta.), une espèce d’orchidée jusqu’alors jamais observée dans le Gard.
Des groupes taxonomiques encore peu documentés
L’édition 2026 a également permis d’approfondir l’étude de groupes taxonomiques jusqu’ici moins explorés sur le site. Les lichens ont par exemple fait l’objet d’une attention particulière, avec l’identification de sept nouvelles espèces. Des inventaires piscicoles ont également été menés, notamment via des campagnes de pêche à la ligne. Enfin, de nombreuses observations d’insectes et d’arachnides, qui nécessitent souvent des déterminantions méticuleuses à la loupe binoculaire, viendront compléter les inventaires au cours des prochains mois.
Ces résultats viennent compléter les séries de données déjà existantes et contribuent à mieux comprendre la diversité des habitats présents au sein de la ferme agroécologique.

Perspectives
Fort du succès de cette nouvelle édition, une troisième campagne d’inventaire participatif est d’ores et déjà envisagée pour juin 2027. Elle permettra de poursuivre l’amélioration du suivi scientifique du site et de consolider les observations à long terme sur les interactions entre pratiques agricoles et biodiversité.