Actu 6 : Les cinq pays d’Afrique du Nord actualisent et diffusent l’intégralité de leur base de données de Dénombrements internationaux d’oiseaux d’eau

Le « Réseau oiseaux d’eau méditerranée » (ROEM) a été initié en 2011 par la Tour du Valat, institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes, et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), afin d’améliorer et renforcer les comptages d’oiseaux d’eau en Méditerranée, avec une priorité sur l’Afrique du Nord. Ce réseau a été soutenu par la Fondation MAVA pour la Nature et par le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie.

 

Dénombrement international d'oiseaux d'eau en Égypte (© Tour du Valat)

 

 

Il s’est construit en collaboration avec le Groupe de Recherche pour la Protection des Oiseaux au Maroc (GREPOM), la Direction Générale Des Forêts en Algérie, l’Association "Les Amis des Oiseaux" en Tunisie, l’Environment General Authority et la Libyan Society For Birds en Libye, et l’Egyptian Environment Affairs Agency en Égypte. Tous ces partenaires ont contribué ensemble au développement d’une charte de partage des données et d’un outil de partage : le portail Medwaterbirds (cliquer ici), hébergé par la Tour du Valat et accessible gratuitement pour tous les collecteurs, fournisseurs et utilisateurs de données sur les oiseaux d’eau de l’ensemble du bassin méditerranéen.

 

Carte des sites suivis dans le cadre des DIOE de 1967 à 2015 (grand format ci-contre)

 

En novembre 2016, après plusieurs années d’efforts concertés dans la gestion des base de données et avec le soutien de la Tour du Valat, de l’ONCFS et du Ministère français de l’Environnement de l’Énergie et de la Mer, les cinq pays d’Afrique du Nord (Égypte, Libye, Tunisie, Algérie et Maroc) ont décidé de partager avec l’ONG Wetlands International la version intégralement révisée et actualisée de leurs bases de données de Dénombrements internationaux d’oiseaux d’eau (DIOE).

Cette mise à jour massive des 15 dernières années de DIOE représente plus de 38 000 données sur 491 sites, et plus de 9 millions d’oiseaux d’eau ont été ajoutés par rapport à la précédente version. Conscients que les zones humides d’Afrique du Nord constituent des étapes d’hivernage ou de migration cruciales pour des millions d’oiseaux d’eau traversant Sahara et Méditerranée, les équipes de coordinateurs DIOE des cinq pays concernés ont fourni un travail très important de consolidation et de mise à jour de leurs bases de données. Cette amélioration permettra ainsi aux organisations nationales et internationales de conservation de la biodiversité et des oiseaux d’eau migrateurs (comme l'AEWA ou la Convention de Ramsar) de disposer d’informations de qualité, actualisées jusqu’en 2015.

À travers cette mise en commun des données, ces cinq pays soulignent également l’importance du partage international des connaissances scientifiques pour la conservation de la biodiversité,  tout particulièrement crucial pour une région à la biodiversité aussi prestigieuse et menacée que le bassin méditerranéen. Espérons aujourd’hui que les autres pays du pourtour méditerranéen seront encouragés par l’initiative despays d’Afrique du Nord à compléter et actualiser leurs bases de données DIOE, et à rejoindre le Réseau oiseaux d’eau méditerranée. Cela permettrait ainsi de renforcer la connaissance et la conservation des dernières zones humides encore préservées de cet immense carrefour qui accueille des millions d’oiseaux migrateurs.

Pour en savoir voir le site du Réseau (cliquer ici) ou sa page Facebook (cliquer ici).

À lire également le premier article scientifique publié, résultat du travail participatif du ROEM (cliquer ici).

Photos: 

Cartes des sites DIOE de 1967 à 2015
Cartes des sites DIOE de 1967 à 2015