La Camargue

La Camargue s'étend sur 145 300 ha, entre le golfe d'Aigues-Mortes et celui de Fos, sous la forme d'un delta triangulaire dont la mer représente la base sur 80 km de rivage sableux orienté est-ouest. Son artère centrale, le Rhône, se divise en deux branches : le grand Rhône qui draîne 85% des eaux et le petit Rhône, qui n'en draîne que 15% et qui tend à s'ensabler à son embouchure près des Saintes-Maries-de-la-Mer. Ces deux bras compartimentent la Camargue en trois secteurs :

  • Le secteur occidental ou " Petite Camargue " (38 000 ha).
  • Le secteur central ou " Grande Camargue ", appelé aussi " île de la Camargue " (78 000 ha).
  • Le secteur oriental ou " Plan du Bourg " (24 000 ha).

La plaine de la Camargue est une formation alluviale récente, de faible pente nord-sud. Cet aspect permet de distinguer trois ensembles :

  • La haute Camargue, au nord de l'étang du Vaccarès, d'origine fluviale est constituée de bourrelets alluviaux enserrant des dépressions occupées par des marais d'eau douce.
  • La moyenne Camargue, d'origine fluvio-lacustre subit l'influence du sel ; la gamme des salinités y est très large.
  • La basse Camargue, d'origine laguno-marine, est une zone d'étangs salés et de terres amphibies très fortement holomorphes, les "sansouires".

La végétation du delta est contrôlée par le régime hydrique et la salinité. Selon le degré de salinité et la submersion des sols, on peut distinguer :

  • Les milieux doux avec ripisylves humides aux bords du Rhône et dunes fluviales sèches vestigiales avec pelouses pérennes.
  • Les milieux saumâtres avec les terrains ouverts secs (enganes), humides (sansouires) ou submergés (marais oligohalins et saumâtres).
  • Les milieux hypersalés submergés des salins et étangs inférieurs.
  • Les milieux marins secs et submergés avec dunes actuelles et vestigiales.

Une faune sauvage souvent originale se maintient en Camargue malgré une agriculture intensive. Les vertébrés sont représentés par 75 espèces de poissons, 15 d'amphibiens, 6 de reptiles, 32 de mammifères et 398 d'oiseaux dont 111 espèces nicheuses régulières.

Sur les 4 700 espèces de plantes à fleurs recensées en France, il en existe plus de 1 000 en Camargue. Certaines espèces ont pu différencier au cours de l'évolution des adaptations originales les rendant dépendantes de leur environnement. D'autres sont des espèces très rares sur l'ensemble du territoire national ou européen. En Camargue, de grandes populations de plantes, rares ailleurs du fait d'isolements ou de la faible étendue de leurs habitats, se maintiennent sur de vastes surfaces. C'est la région de France où se trouvent les plus grandes populations de Cressa cretica, plante des mares temporaires, et de Bassia hirsuta, poussant sur les bordures d'étangs saumâtres.

D'abord limité par des conditions naturelles hostiles à toute implantation permanente de l'homme, la mise en valeur du delta fut initiée au Moyen-Age par les premiers travaux d'assainissement et de déboisement entrepris par des religieux. Les premières portions de digues contre la mer et le Rhône furent construites au XVIème et XVIIème siècles.

Jusqu'au XIXème siècle, le développement fut essentiellement agricole et localisé aux terrains les plus élevés de la Camargue fluvio-palustre (et notamment l'élevage d'ovins). L'exploitation à grande échelle des salins commença à la seconde moitié du XIXème siècle. La construction de digues devint systématique à partir de 1856. Le développement de la riziculture après la seconde guerre mondiale entraîna l'aménagement d'une vaste infrastructure hydraulique.

Aujourd'hui, le secteur tertiaire (tourisme, élevage à des fins touristiques) prend une importance croissante. L'agriculture s'intensifie (irrigation, produits phytosanitaires, charge pastorale, pression de chasse). Les terrains publics et urbains se densifient.

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La Camargue
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