Position de la Tour du Valat

Le positionnement de la Tour du Valat sur la chasse, motivé par la préservation des zones humides et des populations d’oiseaux d’eau, se fonde, entre autres, sur la connaissance de la dynamique et de l’écologie des populations d’espèces gibiers, qui résultent de programmes de recherche entrepris par la Tour du Valat et d’autres instituts scientifiques depuis plus de 50 ans (baguage par la Tour du Valat de plus de 80.000 anatidés et de 40.000 limicoles). Une expertise sur l’impact du saturnisme sur l’avifaune et les pratiques de chasse à promouvoir a également été développée en liaison étroite avec l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). Enfin, l’activité cynégétique est pratiquée depuis 1961 sur le domaine de la Tour du Valat par le groupe de chasse de la Tour du Valat. Cette activité se déroule dans le cadre d’un cahier des charges précis : utilisation obligatoire de munitions non toxiques depuis 1994 (grenaille de subsitution), prélèvement maximum autorisé (PMA) pour certaines espèces, interdiction de chasser certaines espèces au statut de conservation défavorable, carnet de chasse individuel obligatoire, suivi du tableau de chasse et analyse des gésiers…. La collecte des statistiques de chasse (depuis 1965) permet de suivre cette pratique, d’évaluer son impact et d’en tirer des bilans chaque année permettant d’orienter et d’adapter la réglementation de la saison suivante.

A la lueur de ces informations la Tour du Valat considère que la pratique d’une chasse raisonnable est compatible avec la préservation des zones humides. Elle reconnaît par ailleurs que l’activité cynégétique a jusqu’à présent contribué en partie à leur conservation. Elle est une activité traditionnelle susceptible de s’inscrire dans une valorisation et un usage viable des zones humides, et peut par ailleurs contribuer à la diversification des activités des exploitations agricoles et ainsi au développement durable des zones humides.

La Tour du Valat demande que, dans le cadre d'une étroite collaboration entre les scientifiques, les pouvoirs publics et le monde de la chasse :

  • la pratique de la chasse s’inscrive comme un usage parmi d’autres dans les zones humides et soit compatible avec les autres activités de plein air (récréation, sports de nature, exploitation des ressources naturelles autres que le gibier) ;
  • les dates d'ouverture et de fermeture, fixées en vertu de la directive « Oiseaux », soient uniques pour toutes les espèces, l’échelonnement des dates d’ouverture contribuant au dérangement. En conséquence, la chasse aux oiseaux migrateurs devrait débuter au plus tôt le 1er septembre et se terminer le 31 janvier afin de ne pas compromettre le succès de reproduction ;
  • l'utilisation de munitions sans plomb (grenaille d’acier ou autres matériaux non toxiques) dans les zones humides, telle que définie par la loi, soit réellement effective (le port de cartouches au plomb sur soi dans les zones humides devrait donc être interdit) ;
  • une analyse pertinente et constructive de l’évolution des ressources exploitées soit menée en généralisant auprès des chasseurs l’usage de carnets de prélèvements et leur analyse, seule méthode permettant une collecte de données fiables sur les tableaux de chasse ;
  • un prélèvement maximum autorisé (PMA) soit instauré pour les anatidés limitant le nombre de pièces pouvant être prélevées quotidiennement par chaque chasseur ;
  • un protocole agréé par tous s’applique en période de froid prolongé, à l’instar du Comité Gel mis en place pour la Camargue, qui regroupe chasseurs, scientifiques, gestionnaires d’espaces protégés et services de l’Etat. Au-delà de la constitutionde ces « comités gel », il conviendra d’analyser si leurs recommandation sont ou non suivies d’effet par une suspension effective de la chasse en cas de gel prolongé.

Contacts :
Anthony Olivier, Coralie Hermeloup
Tour du Valat - Le Sambuc - 13200 Arles - France
Tél. (33) 04 90 97 20 13 - Fax (33) 04 90 97 20 19 - e-mail secretariat(at)tourduvalat.org