La démoustication, une solution pour se prémunir des maladies ?

La démoustication de confort qui cible des espèces actuellement non impliquées dans la transmission de maladies à l’homme ne réduit pas les risques d’une épidémie de West Nile, de dengue ou de Chikungunya. Elle pourrait même favoriser la prévalence des moustiques vecteurs de maladie en réduisant leurs compétiteurs ‘naturels’ que sont les autres espèces de moustiques. En Italie, par exemple, l’épidémie de Chikungunya s’est déclenchée dans des zones déjà démoustiquées, tout comme l’épidémie de West Nile dans le Gard et l’Hérault. De plus, par contact prolongé avec les insecticides, ces moustiques vecteurs pourraient développer des résistances rendant les produits inefficaces lorsqu’une démoustication s’avèrerait nécessaire. Enfin, une biodiversité élevée dans les milieux naturels non démoustiqués peut contribuer à réduire les risques d’épidémies par effet de dilution en offrant une grande diversité d’hôtes (espèces sur lesquelles sont pris les repas sanguins) pour les moustiques qui ne sont pas strictement anthropophiles (préférence à piquer les humains) comme le moustique tigre.

Aujourd’hui, nos connaissances sur l’écologie du moustique tigre en France et son rôle dans la propagation d’épidémies telles que la dengue et le Chikungunya sont très limitées. Aussi convient-il d’intensifier les recherches sur les conditions d’installation de l’espèce en France, le type de cohabitation avec les espèces de moustiques locales et les méthodes appropriées de démoustication évitant les effets sur des espèces non cibles. A l’heure actuelle, la meilleure prévention semble avant tout basée sur l’élimination des gîtes domestiques utilisés par le moustique tigre pour la ponte de ses œufs (tout type de récipient à l’extérieur pouvant contenir de l’eau stagnante) d’où la nécessité de sensibiliser la population à cet effet.