Questions à Lucien Limousin

15ème Vice-président du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône délégué à l'agriculture et aux territoires hors Métropole Aix-Marseille Provence

 

1) Quel est le rôle du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône dans la mise en œuvre de la démoustication de la Camargue ?

La lutte contre les nuisances liées aux moustiques est une compétence que la loi confie au Département qui en a délégué la mise en œuvre à un établissement public spécialisé, l’Entente Interdépartementale pour la Démoustication du littoral méditerranéen (EID Méditerranée).

Pour ce qui est du territoire camarguais, c’est à la demande des élus locaux et en concertation avec le Parc naturel régional de Camargue (PNRC) qu’un dispositif de démoustication raisonnée a ainsi été déployé et financé à partir de 2006 pour réduire la nuisance subie par les habitants, tout en préservant au mieux l’écosystème fragile de Camargue (utilisation exclusive du bio- insecticide Bti, modes opératoires ajustés avec les gestionnaires de milieux, et suivi de l’impact des traitements).

2) Que pensez-vous des expérimentations actuellement menées au Sambuc avec des pièges à moustiques comme alternative à la démoustication traditionnelle au Bti ?

D’après le PNRC les conclusions de la 2ème campagne d’expérimentation confirmeraient l’efficacité de ce dispositif, que ce soit en terme de réduction de la nuisance autour des habitations ou de moindre impact environnemental par rapport à la démoustication traditionnelle des zones naturelles. En outre, il semblerait que son coût soit intéressant.

C’est pourquoi je suis partisan de poursuivre l’expérimentation pour fiabiliser le système, et milite pour que l’EID soit étroitement associée à la poursuite des travaux.

3) Si l’efficacité de ces pièges venait à être confirmée, est-il envisageable selon vous que ce dispositif soit généralisé à l’ensemble de la Camargue ? Si oui, quels seraient les actions et leviers à mettre en œuvre pour y parvenir, notamment au niveau des collectivités ?

Si je suis ouvert à toutes les options, j’attends néanmoins de l’EID, en concertation avec les scientifiques, non seulement une expertise technique fiable mais également, si l’expérimentation s’avérait concluante, des propositions opérationnelles chiffrées qui, si elles n’aboutissent pas à la substitution d’un dispositif par un autre, permettent de garantir l’efficacité et la parfaite articulation de ces stratégies de démoustication complémentaires.

Bien entendu, au regard des contraintes budgétaires qui sont les nôtres, le Département sera extrêmement vigilant sur le niveau d’implication financière des acteurs du territoire qui revendiquent l’application de ce système alternatif, voire sur le pilotage du dispositif par leur soin.